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Jouets : on ne badine pas avec la sécurité
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Jouets : on ne badine pas avec la sécurité
Petites parties détachables, présence de plomb dans la peinture? les éléments à risque qui composent les jouets sont multiples. Mattel, géant américain du jouet, a d?ailleurs annoncé mardi que 18,2 millions de ses jouets, jugés risqués, allaient être rappelés. Qu?en est-il de la sécurité des jouets à Maurice ?
La grande majorité des jouets vendus sur le marché local sont importés. Les normes qui sont appliquées sont basées sur les normes de la communauté européenne. Le Toys (Safety) Regulations 1994 prescrit les normes à respecter.
Les importateurs de jouets doivent soumettre un certificat de conformité aux autorités mauriciennes. Ce certificat atteste que le jouet respecte toute une charte de standards. «Au niveau du Mauritius Standards Bureau, nous vérifions si les produits sont conformes. Par exemple, les caractéristiques physiques, chimiques, les pièces qui peuvent être avalées ou encore les matières», explique Rashida Nanhuck, Acting Director du Mauritius Standards Bureau (MSB).
Mais les jouets ne sont pas testés à Maurice. Le MSB n?est pas en mesure de faire tous les tests qui sont de mise. «Si on regarde tous les paramètres qui entrent en jeu, on peut réaliser que faire tous les tests prendrait beaucoup de temps et coûterait très cher», souligne Rashida Nanhuck.
Même si de nombreux jouets sont fabriqués en Asie, et notamment en Chine, leur conformité aux normes européennes doit être attestée. «Nous nous plions aux normes imposées par le ministère du Commerce. Ces normes sont celles qui sont préconisées par la communauté européenne», affirme Alain Fok Chak, marketing manager du groupe Cheong & Sons, groupe qui importe une grande quantité de jouets de l?Asie.
Le MSB estime à environ deux et trois jours le délai pour la vérification d?un certificat de conformité. «Nous recommanderions cependant que les importateurs n?attendent pas que leurs jouets arrivent à la douane pour soumettre les certificats de conformité. S?ils les soumettaient plus tôt, cela permettrait d?aller plus vite», encourage Rashida Nanhuck.
Du côté de l?Association des consommateurs de l?île Maurice (Acim), on s?inquiète cependant du respect des normes. L?association a d?ailleurs envoyé une lettre au ministère du Commerce et de l?Industrie. «Nous avons écrit cette lettre afin de demander au ministère de faire effectuer des tests ponctuels sur les jouets, surtout des tests de peintures et ceux qui peuvent déceler les matières toxiques», explique Jayen Chellum, secrétaire général de l?Acim.
PEINTURES : ATTENTION DANGER
Produits à base de plomb, de mercure? Il n?y a pas que les jouets qui représentent une menace pour les tout-petits. Il leur arrive de gratter la peinture des murs ou de les lécher. On n?ose penser aux conséquences si ces peintures contiennent du plomb. Apparemment, les fournisseurs de peinture sont en conformité. «Cela fait des lustres que la plupart des fabricants obéissent aux normes», nous indique un cadre de Sofap, qui fabrique notamment les produits Permoglaze : «Il faut déplorer la vétusté de la régulation : la norme 13 du Mauritius Standards Bureau autorise encore l?utilisation d?une couleur primaire à base de red lead primers.» «Nous sommes très stricts», affirme quant à elle une source de Mauvilac, qui précise que le plomb est banni depuis longtemps chez ce fabricant. Pour les bers, berceaux et autres masques de carnaval, on trouve des pigments spéciaux, exempts de composants toxiques. Cela peut représenter un coût additionnel. Les émulsions sont aussi soumises à un contrôle. «Mais, nous indique un peintre en bâtiment, fabriqués ici ou importés, certains types de peintures à l?huile (rouge, notamment), qu?on retrouve sur des portes, ainsi que des peintures pour les voitures, contiennent du plomb. »
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