Publicité

Aide-toi, Evan t?aidera

16 août 2007, 20:00

Par

Partager cet article

Facebook X WhatsApp

lexpress.mu | Toute l'actualité de l'île Maurice en temps réel.

Porte par le duo Jim Carrey-Jennifer Aniston, Bruce Tout-Puissant a rapporté plus de 500 millions de dollars de recettes mondiales ; devenant l?un des plus gros succès de l?année 2003. Forte de ce succès, la production a demandé à Steve Oedekerk de plancher sur une suite, avec toujours aux commandes Tom Shadyac. Résultat : Evan Almighty qui est sorti en Europe hier.

Le casting inclut Steve Carell, Morgan Freeman et Lauren Graham. Car Jim Carrey a refusé de reprendre le rôle qu?il interprète dans Bruce tout-puissant, de même que Jennifer Aniston. La production s?est donc tournée vers Steve Carell pour endosser le rôle-titre.Tom Shadyac confie :?Nul ne peut l?oublier dans le rôle d?Evan Baxter. Steve avait fait un travail tellement extraordinaire que nous avions tous envie d?amplifier son personnage et d?en faire le pivot d?un nouveau film. Evan, c?est le rêve américain à la puissance 10. Il aspire à avoir la plus grande maison, la plus grosse voiture, le plus beau job. Sans se douter que tout cela a un prix.?

La trame du film commence par une nouvelle vie pour Evan Baxter, sa femme Joan et leurs trois fils. Fraîchement élu député de New York, et bien décidé à marquer l?histoire de son pays, l?ex-présentateur vedette demande à Dieu de l?aider à ?changer le monde?, sans se douter qu?il a déjà été choisi pour une mission de la plus haute importance... Lorsque le député Long ? un des hommes les plus influents de Washington ? lui propose une alliance, le naïf Baxter est convaincu que sa prière a été entendue. Mais des événements déroutants ne tardent pas à semer le trouble dans sa famille et au sein de sa fidèle équipe. Pourquoi ces livraisons d?outils préhistoriques et de madriers ? Pourquoi cet afflux ininterrompu d?oiseaux et de mammifères de toutes espèces qui chaque jour envahissent un peu plus le voisinage ? Et pourquoi Evan s?est-il cru obligé de troquer son costume pour une longue tunique ?

Le coût des effets visuels, qui visent à recréer numériquement une Arche et la gestion de centaines d?animaux avoisine les 140-160 millions de dollars. Certains quotidiens américains, tels le LA Times, ont avancé la somme colossale de 175 millions de dollars en fin de tournage et 250 millions une fois les frais de marketing et de promotion pris en compte. Avec un tel budget, Evan tout puissant s?impose comme la comédie la plus chère de l?histoire du cinéma, devant Wild Wild West (170 millions de $) et MIIB (140 millions de $).

La construction de l?Arche a été une tâche herculéenne pour la production ; principalement en raison de sa taille. Après s?être inspirée d?indications situées dans la Genèse ainsi que dans divers livres pour enfants, la production de l?Arche a été mise en route en janvier 2006. Les travaux ont commencé par la construction d?un sous-bassements en béton armé, auquel sont venues se joindre les fondations, la coque et la quille de l?Arche. Au total, la structure mesurait pas moins de 90 m de long, 25 m de large et 20 m de haut.

Afin de peupler la ménagerie de l?Arche, la production a dû ?recruter? et dresser pas moins de 180 animaux différents. Et comme toutes les espèces ne cohabitent pas forcément bien, il a fallu les filmer séparément devant un fond bleu, puis les incruster en post-production au milieu d?autres espèces retravaillées à la palette infographique.

Evan Tout-Puissant se voulant aussi une fable écologique, la production a voulu aller jusqu?au bout de sa logique. Elle s?est en effet engagée à planter 2050 arbres en Californie et Virginie... en compensation des émissions de CO2 occasionnées pendant le tournage ! De même, l?équipe a recyclé tous les matériaux de construction récupérable et refondu l?acier. L?argent de la vente est allé à l?ONG Habitat for Humanity, qui a lancé en partenariat avec le film et le Conservation Fund un site Internet destiné à sensibiliser le public au réchauffement climatique.

Si Evan Tout-Puissant est le sixième film de Lauren Graham qui incarne la femme d?Evan à l?écran, l?actrice est en revanche plus connue des sériphiles pour prêter ses traits à Lorelai Gilmore, de la série Gilmore Girls. Celle-ci s?est arrêtée en 2007.

Joel Cohen et Alec Sokolow ont signé l?histoire d?Evan Tout-Puissant. On leur doit notamment le scénario de... Toy Story; travail pour lequel ils ont été cités à l?Oscar du Meilleur scénario en 1996. Le réalisateur du film, Tom Shadyac est également le producteur de Quand Chuck rencontre Larry, qui a rapporté en dix jours plus de 70 millions de dollars de recettes aux Etats-Unis, s?offrant le luxe de détrôner temporairement le petit sorcier de Poudlard au box-office américain dans ses dernières aventures.

Est-ce à dire que les cinéphiles se précipiteront dans les salles pour voir Evan Tout-Puissant ? Rien n?est moins sûr à en croire la critique de M.Cinema : ?En quelques années, Steve Carell s?est imposé comme l?un des comiques les plus réjouissants du Frat Pack (la génération des Ben Stiller, Jim Carrey, Jack Black et consorts). Qu?il joue dans des opus délicieusement débiles (Présentateur vedette) ou dans des horreurs ennuyeuses (40 ans toujours puceau), difficile de ne pas aimer son jeu décalé et introverti. Malheureusement, ce Evan Tout-Puissant, suite du gentillet Bruce Tout Puissant, n?a strictement aucun intérêt. Malgré tous ses efforts, Carell ne parvient pas à y imposer sa folie ou sa nonchalance.

Si le premier opus de la saga avait su bâtir un honnête divertissement dans sa première heure avec des gags réjouissants, sa suite ne semble n?avoir retenu que les défauts de son prédécesseur. On assiste ainsi à un déluge de morale imposée comme un dogme putassier et à de grands moments de prêchi-prêcha, inondant un scénario sans inventivité, peu servi par une mise en scène sans audace. Pire, Evan Tout-Puissant n?est jamais drôle. Pas une vanne ne bouscule le train-train narratif, pas une situation n?apparaît digne d?une comédie délirante ou du talent de son interprète principal. Résultat, aucun rire ou sourire ne vient égayer le visage du spectateur, qui s?enferme dans l?ennui.?

Publicité