Publicité
Rentrée : étudiants et chargés de cours se rebellent
Par
Partager cet article
Rentrée : étudiants et chargés de cours se rebellent
La colère gronde sur le campus universitaire de Réduit. La Students? Union brandit la menace de grève estudiantine. Le syndicat des chargés de cours de l?université de Maurice estime que la grande rentrée d?hier était ?chaotique?. Ses membres ont décidé de ne pas enseigner dans les classes avec plus de 50 étudiants s?ils n?ont pas l?assistance voulue. La direction de l?université assure pour sa part que le nécessaire sera fait.
La journée d?hier était particulière. Que ce soit à la faculté d?ingénierie, d?agriculture ou de sciences humaines certaines classes ont vu leur rentrée repoussée de quelques jours. Quant à la faculté de droit et gestion, l?ensemble des cours démarrera le lundi 20 août.
C?est le temps qu?il faut à la direction pour aménager des places supplémentaires afin d?accommoder les quelque 3000 nouveaux venus en première année, soit environ 300 de plus que l?an dernier. Pour la première fois, la population estudiantine atteint 8 100 personnes.
<B>Etudiants au collège</B>
Malgré les décisions prises de regrouper dans de mêmes cours les étudiants ayant les mêmes modules et d?augmenter le nombre d?élèves par classe, rien n?y fait. Suite à une demande faite au ministère de l?Education pour accueillir des étudiants dans des collèges d?Etat, comme révélé par l?express vendredi, deux établissements ont été identifiés : Régis Chaperon SSS de Belle-Rose et Gaëtan Raynal SSS de Quatre-Bornes.
Indur Fagonee, vice-chancelier de l?université de Maurice, concède qu?il ?y a eu quelques bouleversements? cette rentrée. Mais ?tout est rentré dans l?ordre?. ?Il a fallu revoir les emplois du temps et cela a pris du temps.? Il confie également que le recours aux salles de classe dans les collèges est ?une mesure de dernier recours?. ?Nous verrons plus clair dans deux semaines lorsque les admissions prendront fin, mais pour l?instant nous n?aurons pas besoin d?envoyer d?étudiants là-bas.? En regroupant les élèves ayant les mêmes modules dans les mêmes classes, la direction a pu faire un peu de place. Des classes de 30 élèves ont pu passer à plus de 100, voire 200.
Quoi qu?il en soit, tout cela irrite sur le campus. Etudiants et chargés de cours disent qu?étudier ou enseigner dans de telles conditions n?est pas acceptable. ?S?il n?y a pas de solution aux problèmes, nous irons tout droit vers la grève. La tension est telle que nous n?avons plus aucun contrôle sur les étudiants?, déclare Kenny Dhunoo, président de la Students? Union. Pas question non plus d?envoyer des étudiants sur les bancs de collège.
Dinesh Hurreeram, président de l?University of Mauritius Academic Staff Union (UMASU), est tout aussi remonté. ?Il y a des problèmes évidents de gestion couplés à un manque de vision. D?un côté on augmente le nombre d?élèves et de l?autre, l?on n?a pas les moyens pour les accommoder. L?université met l?accent sur l?accès sans regarder la qualité.? Ce que nie Indur Fagonee. Rien ne sera fait au détriment de la qualité.
Si beaucoup de lecturers questionnent la pertinence pédagogique de l?augmentation du nombre d?élèves par classe, Dinesh Hurreeram estime qu?ils devraient au minimum avoir l?appui d?assistants. ?Lors de l?assemblée générale spéciale de l?UMASU, jeudi dernier, nous avons décidé à l?unanimité de ne pas démarrer les cours si nous n?avons pas le support de teaching assistants pour les classes de plus de 50 étudiants.?
Garantie que donne la direction de l?université. ?Pour chaque 40 ou 50 étudiants, le chargé de cours pourra compter sur l?aide d?assistants pour la correction des contrôles et des devoirs?, annonce Indur Fagonee.
Après le feuilleton financier de début d?année où l?université s?est retrouvée endettée, une autre situation fait surface. En fait, les deux sont entremêlées et trouvent leur origine dans un manque de fonds pour faire fonctionner l?institution.
<B>Dotation insuffisante</B>
La politique gouvernementale est de démocratiser l?accès à l?enseignement supérieur. L?université de Maurice y répond. Mais le budget alloué par la Tertiary Education Commission (TEC) ne correspond pas à cette ambition. D?ailleurs, depuis 2003, le budget avait pris la courbe descendante.
La crise de janvier avait forcé la TEC à ajouter une rallonge de Rs 23 millions in extremis, alors que l?université avait demandé Rs49 millions. De Rs 241 millions, le budget de l?université avait été ajusté à Rs 264 millions, ce qui lui avait permis de maintenir de justesse la tête hors de l?eau.
Pour cette année, l?université a fait une demande de dotation budgétaire de Rs 325 millions. Elle n?a obtenu que Rs 270 millions du gouvernement. Mais elle accueillera 300 jeunes de plus que lors de l?année académique précédente.
Plusieurs initiatives ont été prises pour augmenter les revenus cette année. Il a fallu augmenter les frais de scolarité payés par les étudiants. Une nouvelle institution d?enseignement supérieur, la Mauritius International Business School, a été créée en partenariat avec la Mauritius Employers Federation. Par son biais, elle pourra offrir des cours payants pour renflouer ses caisses. Mais au niveau de la direction, l?on doute que ces mesures rapportent les fruits nécessaires pour pouvoir détacher la ceinture.
Publicité
Publicité
Les plus récents