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Dans l?univers des arts martiaux
Kung-fu, taekwondo, aïkido, karaté, jiu-jitsu, à l?oreille ces disciplines ne vous semblent pas inconnues? C?est assez normal puisque ces arts martiaux ont toujours fait plus ou moins partie du patrimoine culturel mondial. Les anciennes traditions artistiques de l?Inde et de la Chine nous laissent croire que le début de leur développement se situerait entre le vie siècle avant Jésus-Christ et le iiie siècle après Jésus-Christ.
Mais qu?est-ce qu?un art martial ? De manière littérale, ces termes désignent toute discipline utilisée pour attaquer ou se défendre. « Martial » étant l?adjectif rattaché au dieu latin de la guerre, Mars.
Actuellement, fort heureusement, celui qui les pratique n?a pas pour objectif premier de vaincre ou de faire mal à son adversaire. Cependant, il ne s?agit pas non plus d?une sorte de gymnastique car les arts martiaux donnent une importance capitale au placement stratégique vis-à-vis de l?adversaire, à l?évaluation de la distance, à la précision et à la puissance des coups ou encore à l?économie des forces.
Vous allez dire : facile à dire, mais plus difficile à faire. « Les arts martiaux sont à la portée de chacun, contrairement aux sports de combat et c?est ce que j?apprécie. On a souvent cru qu?il s?agissait de disciplines réservées aux hommes. En tout cas, dans mes cours, les femmes sont logées à la même enseigne que les messieurs », affirme Bruneau Laurette, directeur de la Confédération africaine de sambo à Maurice et enseignant de sambo (sport de combat moderne de self-contact) à Quatre-Bornes.
La canalisation de la violence
Malgré la distinction courante entre les arts martiaux, fondés sur une recher-che de la perfection, et les sports de combat, plus orientés vers la compétition, ces deux activités ont tout de même, historiquement parlant, les mêmes préoccupations : la défense et la canalisation de la violence. Il s?agit d?abord de vaincre notre propre agressivité, puis celle de l?adversaire potentiel.
Outre une discipline sportive hors du commun, pratiquer les arts martiaux, c?est surtout partir à la recherche de la complémentarité entre le corps et l?esprit. Ces techniques ont donc pour but premier l?éveil du mental, la connaissance de soi et l?humilité. On peut d?ailleurs distinguer les arts martiaux en deux parties : les arts externes et les arts internes. Les arts externes sont basés sur la force musculaire, alors que les arts internes sont axés sur la relaxation, le chemin de la connaissance de soi et la non-violence. Les arts internes sont alors considérés comme étant sacré.
Ils sont donc utiles pour intégrer la confiance, la compassion, la conscience et la force tranquille.
La philosophie des arts martiaux n?apparaît pas sous forme de règles à respecter, mais c?est l?expression de la sagesse issue de différents milieux tels que le taoïsme, le bouddhisme ou encore le confucianisme.
Et quand on pense art martial, on pense forcément à Bruce Lee. Élevé à Hong-Kong, le célèbre acteur s?initia très tôt au kung-fu. Plus tard, Bruce Lee commença à enseigner sérieusement le kung-fu, en ouvrant une école. Il avait la particularité d?enseigner à tous ceux qui voulaient apprendre un style qu?il avait mis au point : le jun-fan.
Ce qui fut assez mal perçu par les autres écoles qui estimaient que le kung-fu ne devait être enseigné qu?aux Chi-nois. Bruce Lee va alors révolutionner la discipline en y incluant des coups extérieurs au kung-fu. De démonstrations en démonstrations, Bruce Lee se voit proposer des rôles au cinéma : comment ne pas se souvenir des films légendaires tels que La fureur de vaincre, Le Jeu de la mort, ou La fureur du dragon ? Vraiment mémorables !
Leur influence se fait sentir
La fureur du dragon met en scène Chuck Norris. Après son service militaire, effectué en Corée du Sud, Norris apprend d?abord le tang soo do (dérivé du taekwondo). Ensuite il se perfectionne en judo, karaté et jiu-jitsu. Après sa rencontre avec Bruce Lee en 1964, Chuck Norris entre dans l?histoire du cinéma d?action et d?arts martiaux.
Autre figure du cinéma, Jean-Claude Vandamme. En 1978, il se rend à Hong-Kong et, après une rencontre déterminante avec Jackie Chan, il se lance après multiples entraînements dans les compétitions aux États-Unis. Une star est née. Vandamme va vivre son rêve américain avec brio en enchaînant les productions où les arts martiaux sont à l?honneur.
En définitive, ces acteurs sont parvenus à promouvoir les arts martiaux de par le monde et ont favorisé l?éclosion de nombreuses écoles. Leur influence se fait même sentir à Maurice.
LA « CAPOEIRA », C?EST QUOI ?
On a souvent tendance à ranger la capoeira, originaire du Brésil, dans les sports de combats inoffensifs, mais vous serez étonnés d?apprendre qu?au temps de l?esclavage, les capoeristes, qui entraient dans la roda (l?espace de confrontation) pour combattre, mourraient jusqu?à ce qu?il ne reste plus qu?un vainqueur ! La capoeira est donc un art martial qui puise ses racines dans les méthodes de combat et les danses des peuples africains.
Dans l?océan Indien, la capoeira est plus connue sous le nom de « moringue », dont l?aspect martial se distingue par des flores (acrobaties), des chants et des instruments typiques. Comme pour tous les arts martiaux, la discipline et le respect sont des valeurs fondamentales.
Si vous êtes intéressés, vous pouvez suivre les cours que Mervyn Samachetty donne tous les samedis matins à Quatre-Bornes.
Renseignez-vous au Sambo Centre, Tél. : 294.47.54.
RUDY ALEXANDRE : A FOND DANS LA BOXE THAÏE
La boxe thaïe ou Muay Thaï, Rudy Alexandre en parlerait pendant des heures. Rudy a commencé la boxe thaë il y a un an et demi, et il n?en démord pas : « J?ai appris à connaître cette technique et ses origines, c?est ce qui m?a donné envie d?endosser la culture thaïlandaise et ses rituels. »
La boxe thaïe est un art martial créé pour les militaires au xviie siècle.
Elle permit aux Thaïlandais de repousser les Birmans lors des invasions. Aujourd?hui, la boxe thaïe est pratiquée dans le monde entier par des personnes de tout âge et de tout niveau.
Cependant, il semblerait que ce soit l?art martial le plus dangereux.
La technique se résume à l?utilisation de coups de poings, de coude, de genoux avec, en plus, des corps- à-corps. Les coups de pied les plus utilisés sont les coups de tibia circulaires, technique de base du boxeur thaïlandais. « La boxe thaïe, en plus de la rigueur, nécessite beaucoup de souplesse, de réflexes, de puissance, de force, tout en mêlant des aptitudes mentales comme le respect. Et moi, ce que j?aime particulièrement, c?est qu?en pratiquant cet art ancestral, on rend justement hommage aux ancêtres qui l?ont appliqué et aux entraîneurs qui ont fait évoluer la discipline. » La boxe thaïe est, bien entendu, le sport national? en Thaïlande. Rudy Alexandre s?entraîne plus de trois fois par semaine et regrette qu?il n?y ait pas de compétition à Maurice. En attendant, il se console en regardant les grands combats de Muay Thaï retransmis à la télévision dans le monde entier, notamment le spectaculaire K1 au Japon avec ses 20 000 spectateurs !
BRUNEAU LAURETTE : DIGNE REPRESENTANT DU « SAMBO »
Poigne musclée et carrure impeccable : Bruneau Laurette (à dr. sur la photo) est impressionnant et c?est bien à la pratique du sambo qu?il le doit.
Et Bruneau enseigne cette discipline depuis plus de six mois à Quatre-Bornes. « Le sambo est un sport de combat crée par les russes après la Première Guerre mondiale et qui mélange principalement le judo et la lutte. Le terme de sambo signifie : self défense sans armes », nous précise ce sportif. Après avoir commencé le judo dès l?âge de trois ans, puis bifurqué vers l?athlétisme, Bruneau Laurette rencontre un de ces amis, ancien lutteur, Kévin Dya qui l?initie au sambo.
La passion est immédiate, et il veut en faire son métier. C?est chose faite, et : il donne des cours les lundis, mardis et jeudis en deux séances, une de 16 h 30 à 18 heures et l?autre de 18 h 15 à 19 h 45, et le samedi de 8 heures à 11 heures. « J?invite tout le monde à participer à mes cours, les femmes et les enfants sont les bienvenus ! Il n?y a pas mieux pour se défouler et se relaxer à la fois », affirme Bruneau Laurette. Ce dernier s?envolera bientôt pour la Thaïlande pour s?initier au budo, art martial japonais.
Champion d?Italie, d?Europe, champion du monde de kickboxing en 1992, Mervyn Samachetty (à dr. sur la photo) n?a plus rien à prouver dans la discipline. Le pari n?était pourtant pas gagné car, enfant, Mervyn avoue avoir été frêle et asthmatique. Avec l?aide de son père, retraité de police, et des dessins animés tels que Spiderman qui ont bercé son enfance, Mervyn se dirige rapidement vers le karaté. « Mon mentor a été et sera toujours l?excellent Toï Marot, ancien professeur de karaté. Il m?a tout appris. Je ne cesserai jamais de le remercier. » Mervyn part ensuite en Italie pour ses études. En parallèle, il bénéficie là-bas d?un entraînement intensif : « J?ai mis les bouchées doubles, car en Europe, les infrastructures sont plus perfectionnées. J?ai fait un énorme travail sur moi-même pour atteindre le top niveau. » Le kickboxing ? Nombreux sont ceux qui pensent que c?est un sport originaire de Thaïlande.
Or c?est aux États-Unis qu?il s?est le plus développé. « Tout a commencé vers 1974, quand les Américains ont inventé le karaté contact. Les Japonais, furieux, qu?on utilise le nom karaté, s?en sont offusqués. Les Américains ont alors dû modifier le terme et ont ajouté le ring dans les combats ce qui a donné par la suite le full contact puis, par dérivation le kickboxing », explique Mervyn avec passion.
Et il a beaucoup appris au fil des années et a diversifié ses compétences en excellant dans d?autres disciplines, notamment le kyokushinkai (un style de karaté qui soumet les élèves à un entraînement très vigoureux, comme par exemple prendre une douche glacée à 0 °C), qu?il a appris avec le fondateur en personne : Masutasu Oyama, une vraie légende. Une expérience qu?il n?oubliera jamais et qui l?a amené à être ce qu?il est aujourd?hui.
Au départ pas très sportive et plutôt introvertie, Joëlle d?Autriche (photo) va rapidement à la recherche d?un sport qui pourra non seulement la faire aller au-delà de ses compétences, mais aussi à effectuer un travail introspectif.
C?est chose faite depuis qu?elle s?est mise au sambo, il y a maintenant cinq mois. Joëlle reconnaît aussi que c?est un excellent moyen de se défendre en tant que femme, proie plus facile pour les agresseurs. « Il y a eu beaucoup d?agressions à Maurice l?année dernière, et c?est vrai que ça m?a motivée davantage. »
Du coup, la jeune femme, qui en parallèle travaille en tant qu?enseignante en informatique dans une école primaire de Saint-Pierre, s?entraîne trois fois par semaine en période scolaire et tous les jours pendant les vacances. Quand on lui demande si elle n?a pas peur d?affronter des hommes, elle nous répond assez fière : « Au début j?avais un peu peur, car même à l?heure actuelle, il n?y a pas beaucoup de femmes dans la salle.
Mais j?ai compris que cela n?a rien à voir avec la taille ou la force, tout est une question de technique. Quand on a assimilé cela, on est capable de tout. De plus, les femmes, pour entretenir leur corps, se dirigent systématiquement vers les salles de gym, alors que le sambo fait travailler le corps de manière remarquable : endurance, exercices de souplesse, tout y est ! » Joëlle d?Autriche est plus que convaincante et on a bien envie de faire de même !
PATRICE NELLUN : IL ETAIT UNE FOIS LE « KRAV MAGA »
Patrice Nellun, lui, s?est intéressé au Krav Maga : méthode de self-défense israélienne. L?objectif du Krav Maga est d?apprendre à se défendre efficacement et simplement en quelques mois. On retrouve dans cet art martial un grand nombre de techniques de combat issues de la boxe pieds-poings, du jiu-jitsu et de la lutte. « Par rapport aux autres arts martiaux, le Krav Maga est beaucoup plus militaire, puisque c?est une technique de combat utilisée par les commandos et les unités d?élite en Israël. Pendant l?entraînement, on développe beaucoup de qualités telles que l?amélioration des réflexes, la fluidité, la rapidité, la précision, l?utilisation correcte de ses armes naturelles et, bien entendu, comme tout art martial qui se respecte, la maîtrise de soi. » Le Krav Maga étant encore très méconnu, Patrice Nellun se documente en commandant des DVD sur le sujet via Internet. Comme la formation pour devenir professeur en la matière est très coûteuse, Patrice se contente de reproduire les gestes qu?il visionne sur des DVD et les mêle avec d?autres arts martiaux tels que le karaté. Il tient à ajouter que le Krav Maga est beaucoup plus rude que les autres arts martiaux, puisqu?il s?inscrit dans un contexte de guerre.
« Le Krav Maga est une technique utilisée dans des situations réelles », renchérit Patrice Nellun. En tout cas, il a bien l?intention de se perfectionner afin de faire connaître très prochainement au grand public cet art martial rare.
Magali KINZONZI
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