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Danseuse aux mille talents

10 août 2007, 20:00

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Danseuse aux mille talents

IL émane de Nazimah Sadally-Cerdor beaucoup de douceur. Et du haut de ses 1 m 65, elle dégage une grâce indéniable. Jade, le griffon blanc qu?elle appelle affectueusement son «bébé», n?arrête pas de lui tourner autour en quête de caresses dont elle ne se montre pas avare.

La réalisation de costumes de scène n?est pas une nouveauté pour cette jeune femme qui a eu 35 ans en mai. En fait, une bonne partie des costumes de scène portés par les danseurs de l?Art Academy d?Anna Patten et de Sanedhip Bhimjee a été réalisée par elle. Nazimah évolue d?ailleurs au sein de cette troupe de danse depuis maintenant sept ans. Plus récemment, elle a cousu une bonne partie des beaux costumes du spectacle de danse «Utopiah» d?Eva Dalais.

Nazimah tient son amour pour la couture de sa mère, Faridah Toraub, qui vit depuis maintenant une quinzaine d?années en Grande Bretagne. Le père de la jeune fille est décédé un an après sa naissance. Et Faridah a mis à profit ses talents de couturière pour pouvoir l?élever.

Nazimah grandit entourée de sa mère et de ses grands-parents maternels. Après une scolarité secondaire au collège Eden, elle accepte une proposition pour défiler trois fois la semaine dans les hôtels et vanter la beauté des vêtements indiens. Le chorégraphe qui l?initie à la démarche scénique et aux chorégraphies de défilés n?est autre que le talentueux danseur Sanedhip Bhimjee. Bien qu?elle tremble de peur, Nazimah se montre à la hauteur. Tant et si bien qu?elle est retenue.

Mais comme elle ne parvient pas à vivre avec pour seule source de revenues les défilés auxquels elle participe, elle prend un cours de coiffure et décroche son diplôme. Mais là encore, Nazimah sent que ce n?est pas ce qu?elle recherche.

Elle trouve un emploi comme secrétaire dans une usine de confection de maillots de bain et d?accessoires de plage. Elle y reste deux ans. Ayant appris la couture de sa mère et aimant les tenues de soirée chics, la jeune femme décide de présenter sa propre collection. Ce qu?elle fait pratiquement tous les soirs dans un hôtel du littoral ouest. C?est au cours d?une de ces soirées qu?elle rencontre le danseur Nicolas Cerdor, qui s?éprend d?elle.

Un de ses amis la présente au danseur-chorégraphe britannique Claud-Paul Henry. Nazima découvre ainsi l?univers de la danse moderne et du jazz. Elle retrouve aussi Sanedhip, de l?Art Academy, et Eva Dalais. Elle se familiarise non seulement au kathak traditionnel mais aussi au kathak fusionné au jazz moderne. «C?est la qu?est venu mon déclic pour le kathak et pour la danse.»

«La danse est comme une histoire sans fin. Au fur et à mesure que l?on avance dans la trame, on découvre et on apprend des choses nouvelles.»

En sus de défiler et de danser régulièrement avec Art Academy, Nazimah, qui s?est découvert une passion sans bornes pour la danse, participe à différents spectacles de danse, notamment «West Side Story», «Nayika», «Mouvances» et «Shakti Yug». «La danse est comme une histoire sans fin. Au fur et à mesure que l?on avance dans la trame, on découvre et on apprend des choses nouvelles.»

Nazimah n?a pas résisté au charme et surtout à la patience de Nicolas Cerdor et l?a épousé en juillet 2005. Si elle nourrissait des craintes à propos d?un mariage mixte, celles-ci se sont envolées. Ils partagent entre autres la même passion pour la danse. Nicolas Cerdor est actuellement chargé de cours en animation artistique et récréative à l?Ecole sir Gaëtan Duval d?Ebène. Nazimah y enseigne à mi-temps la coiffure, le maquillage et la réalisation des costumes de scène.

A un moment, le couple s?était laissé tenter par l?immigration en Australie. Nicolas voulait y faire des études en Hospitality Management. Il avait trouvé de l?emploi au Mercure Hotel Sydney du groupe ACCOR et Nazimah a travaillé trois mois à la section retouches d?une blanchisserie avant de décrocher un emploi de réceptionniste à l?ambassade du Canada.

C?est la qualité de vie qui y a déplu à Nicolas. De plus, sa profession d?enseignant lui manquait. Ayant appris que le poste qu?il occupait à l?Ecole sir Gaëtan Duval d?Ebène était à nouveau vacant, le jeune homme, qui danse aussi bien avec Art Academy qu?avec Jean Renat Anamah, a fait acte de candidature. Lorsque celle-ci a été retenue, il a décidé de regagner Maurice. Avec l?accord de Nazimah bien entendu. «Je crois beaucoup en la chance», dit la jeune femme, «Il a retrouvé son emploi et de plus, il suit des cours à mi-temps en Tourism and Hospitality Management à l?Université de Maurice. Il est heureux».

Nazimah, qui n?avait plus défilé depuis trois ans, a retrouvé le podium la semaine dernière. Aux côtés d?autres mannequins de l?agence H.E.A.T Model Agency, de Kit Acheemootoo, elle a présenté les créations des étudiants de l?université de Maurice. «J?avais un peu le trac mais tout s?est bien déroulé. Les autres filles m?ont mise en confiance. Je n?ai qu?une envie, c?est de recommencer.»

Entre la danse et le mannequinât toutefois, c?est la première discipline qui l?emporte dans son c?ur. Bien qu?il n?y ait pas énormément de débouchés professionnels pour les danseurs à Maurice, la jeune femme apprécie particulièrement le fait d?évoluer aux côtés d?Anna Patten et de Sanedhip Bhimjee, de même qu?auprès d?Eva Dalais car, précise-t-elle, «ils n?exploitent pas leurs danseurs. Au contraire, ils les valorisent à tous points de vue».

Le couple Cerdor a programmé un bébé pour l?an prochain. En attendant, Nazimah va continuer à faire tourner son atelier de création de costumes de scène et à danser.

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