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L?ancien pont de GRNO pillé par les voleurs de ferraille

30 juillet 2007, 00:00

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Plus rien ne les arrête? Après les bancs publics, les grilles autour des tombes, les voleurs de ferraille s?en prennent depuis peu au pont désaffecté de Grande-Rivière-Nord-Ouest (GRNO). ?Zot pe demont pon?, lancent, éc?urés, des riverains. Quelques jeunes affirment : ?Les produits volés ont trouvé preneur dans une usine de l?île?.

Une visite des lieux permet de juger de l?étendue des dégâts. Des barres de fer servant de mains courantes ont été sciées et emportées. Le passage piéton longeant le pont est désormais impraticable : s?y aventurer exposerait les plus téméraires au risque de chuter dans le vide. Car d?épaisses barres de fer, servant de support à la passerelle, ont aussi été emportées.

Les jeunes rencontrés sur place hier vont plus loin et laissent entendre que les auteurs de ces vols sont de la région et opéreraient au vu et au su de tout le monde. ?Zot komanse ver onz err ou midi, zot travay tou le zour.?

Jeu dangereux

Ecouler la ferraille ainsi récupérée ne poserait d?ailleurs aucun problème, affirment-ils ?Ena enn lizin, li gob tou?.

D?autres disparitions sont notées sur l?édifice en fer : trois des quatre échelles qui permettaient de descendre jusqu?au niveau de la rivière. Ces échelles étaient utilisées par des pêcheurs et offraient aussi un raccourci aux personnes devant se rendre sur la route Royale. ?Aster bizin fer tou sa letour la?, explique un résident, tendant le bras vers la route de GRNO.

Au train où vont les choses, toutes les barres de fer constituant l?encadrement du pont auront vite disparu, notent les riverains. Et il ne serait pas étonnant, s?inquiètent-ils, que les voleurs commencent à s?attaquer à la structure principale même du pont désaffecté. C?est là un petit jeu qui pourrait s?avérer dangereux pour les pilleurs eux-mêmes. Déjà ceux qui s?en prenaient au passage piéton semblent l?avoir échappé belle : une barre de fer qu?ils voulaient enlever s?est échappée des mains pour plonger à quelque 140 pieds dans l?eau de la rivière.

Le sort du pont est pour l?heure incertain. Il est encore utilisé par les piétons, les motocyclistes et les cyclistes. Quant aux habitants de Grande-Rivière, ils lui confèrent une valeur sentimentale. Et ils se désolent de voir la rouille s?étendre et ronger cette structure faisant partie du patrimoine.

Page d?histoire

?Bann la (NdlR : les autorités) ti bizin reouver li?. Une réouverture à la circulation, suggèrent nos interlocuteurs, pourrait aider à décongestionner le trafic dans la zone.

Ce pont, datant de l?ère coloniale, a représenté durant de très nombreuses années la seule voie d?accès à l?entrée sud de la capitale. Trop exigu, pas assez solide, avec l?augmentation du parc automobile, il ne répondait plus aux besoins de l?heure. L?entrée en opération du nouveau pont avait apporté la solution aux automobilistes.

Ceux qui ont participé à la grève estudiantine de mai 75 gardent aussi ce pont en mémoire. Marchant sur Port-Louis, pour réclamer l?égalité dans l?éducation, ils avaient été interceptés au niveau du pont. Cette page d?histoire est du reste gravée sur une stèle.

REGLEMENTATION

La vente de ferraille sans contrôle ?

■ Tandis que les vols de ferraille se répandent à travers le pays, l?absence de réglementation se fait sentir. Car après avoir récupéré tous les morceaux de ferraille qui longeaient les routes à travers le pays, ils se sont attaqués aux biens privés. A présent, ce sont les biens publics qui sont ciblés. Ainsi, le site historique que représente le pont de Grande-Rivière-Nord-Ouest est pris d?assaut. Comme l?a récemment été le stade désaffecté de Camp-Levieux. Mauritius Telecoms a elle aussi été victime des voleurs : les lignes téléphoniques ont été sectionnées par ceux à la recherche de cuivre. Si les compagnies d?assurances paieront la note, ce sont les abonnés de MT qui sont pénalisés pour l?heure, les réparations prenant du temps. A quand le contrôle sur les acheteurs de ferraille ?

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