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Pour ne plus attendre la mort

24 juillet 2007, 00:00

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Le thé au bétel, ça vous tente ? Les plantes nous veulent du bien. Sarjua Ltd l?a compris. Récemment, la compagnie mauricienne a présenté son thé au bétel hors de nos frontières. D?abord au Salon international de l?Alimentation en France et plus récemment aux Etats-Unis.

Succès sur toute la ligne pour ce thé auquel l?on prête des effets antioxydants. Ils aideraient à combattre les maladies cardiovasculaires ainsi que le diabète.

Loin de ce marketing, qui cible principalement les marchés européens, les traditionnels marchands de tisane ont toujours la cote au ?bazar?. Face aux pharmacies, à l?éventail de médecines alternatives, ils tiennent bon. Proposant des recettes amaigrissantes ou des améliorants de la performance sexuelle, qui sont à la portée de tous.

Cannabady Naiken Gopala tient un étal au marché central depuis 40 ans. Jay Mootoosamy, ?herboriste traditionnel? est là depuis 15 ans. Lui le sait. ?Se kan dimoun finn fini al get dokter, fini al lafarmasi, lerla en dernie ki zot vinn get moi.? Justement une cliente s?approche. Montre de l?intérêt pour les plantes portant l?inscription ?urée?. Première observation du marchand de tisanes : ?Si dimounn la pe fer dializ mo pa pou donn ou sa latizan la.?

<B>Oreille attentive</B>

C?est comme une consultation. La cliente précise que la personne pour qui elle compte prendre des tisanes a 66 ans. ?Pa fer narien?, rassure Jay Mootoosamy. ?Nek li bizin kontrol disel dan manze. Attendez, je vais écrire le mode d?emploi sur le sachet. S?il suit ce que je dis, tout ira bien.? La cliente a aussi trouvé là une oreille attentive. Elle en profite pour raconter ce qui la tracasse.

?Dokter finn dir li so lerin pe vinn feb. Vous voyez, je cherche quelque chose qu?il pourrait prendre avant que cela n?empire, comme une précaution pour éviter que ses reins ne s?affaiblissent davantage.? Soulagée d?avoir pu dire ce qu?elle avait sur le c?ur, la cliente s?en ira sans rien acheter à Jay Mootoosamy.

?Parfois les gens n?ont pas les moyens d?aller à la pharmacie?

Marguerite Lacloche, elle, a fait tout le chemin depuis Terre-Rouge pour s?acheter du ?quatre-épingles?. Nous croyons mal comprendre. Mais la petite vieille fait : ?Non pas quatre-épices, quatre-épingles?. Elle en cherche à cause de sa tension qui a grimpé. Pas de chance, le marchand lui propose de repasser lundi.

Et le bétel ? Cannabady Naiken Gopala explique : ?Li bon pou touse, pour les bronches, pour la circulation du sang?. Son collègue Jay Mootosamy lui, s?il connaît les vertus de cette plante de la famille du poivrier, n?en utilise pas dans ses compositions. Préférant à la place l?eucalyptus, la citronnelle. Un herboriste qui a aussi noté que ?de plus en plus de jeunes viennent chercher des tisanes?. Il a son explication du phénomène. Pour lui, les ?trucs chimiques ont aussi des mauvais côtés, peut-être qu?il y a une appréhension qui est née de cela?.

Laure de Lestapis elle, n?a pas hésité. Touriste parisienne, elle a été ?frappée par un article que je lisais dans l?avion en venant ici?. Une information sur le Dr Ameenah Gurib-Fakim et ses recherches sur les plantes médicinales. Alors, elle en a profité pour demander à une amie mauricienne de l?emmener au marché de Port-Louis. Elle a fait le plein de plantes recommandées contre l?insomnie et le stress. ?Je vais aussi ramener des plantes pour la desintoxication de la famille.? La note : Rs 700.

?Parfois les gens n?ont pas les moyens d?aller à la pharmacie?, dit Cannabady Naiken Gopala. Alors lui conseille les clients pour Rs 25, Rs 50. Parmi eux : Fayaz Fauzel, guide touristique, venu chercher du ?tiraita?, plante qui aide à éliminer les toxines. C?est son coach de karaté qui lui a parlé des bienfaits des soins par les plantes. Le jeune homme a essayé.?Le lendemain, j?ai vu que mon teint s?est éclairci, cela marche vraiment?, témoigne-t-il.

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