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Les sucriers veulent d?un crédit-relais garanti par l?Etat
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Les sucriers veulent d?un crédit-relais garanti par l?Etat
La réforme sucrière en quête de financements transitoires. Les groupes sucriers sont à la recherche de crédits-relais (bridging loans) en attendant que les mesures d?accompagnement de l?Union européenne (UE) se concrétisent. Ils se tournent vers les banques commerciales pour trouver des soutiens financiers temporaires. Ils demandent, cependant, à l?Etat de garantir ces éventuels emprunts bancaires.
La question fait partie des dossiers traités par le comité conjoint gouvernement-sucriers. Avant d?envisager l?option des banques commerciales, une tentative des sociétés sucrières pour négocier un prêt-relais auprès de la Banque de Maurice n?aurait pas abouti. La Banque centrale avait en effet financé la première phase du Voluntary Retirement Scheme (VRS) en 2001.
L?industrie sucrière a besoin de fonds conséquents pour financer la centralisation et le plan de retraite volontaire. Ces deux conditions sont vitales pour la poursuite de la restructuration. L?aide promise de l?UE tarde à venir en raison des tergiversations sur le processus de restructuration.
<B>?Vendre le pays?
Un commentaire du Premier ministre, Navin Ramgoolam, sur la réforme du secteur sucre à sa conférence de presse samedi présuppose une situation indécise. ?Ce n?est pas parce que nous avons besoin des aides que nous allons vendre le pays?, a-t-il dit au sujet des échéances concernant les décaissements des mesures d?accompagnement de l?EU. Ces propos donnent l?impression que le gouvernement n?entend nullement parvenir à un accord rapide avec les sucriers sur la poursuite de la réforme.
L?Etat et les producteurs sont engagés dans une négociation sur l?exécution de la réforme sucre. L?issue de ces interactions est déterminante pour les décaissements. En d?autres mots, si la restructuration n?avance pas, l?UE ne déboursera pas les aides promises.
?Les négociations prendront le temps qu?il faudra. L?intérêt du pays passe avant tout?, affirme pourtant Navin Ramgoolam.
Les discussions entre le gouvernement et les sucriers portent sur plusieurs dossiers : la centralisation, la production d?énergie, la participation des planteurs et des employés aux nouvelles filières de la canne et le financement de la réforme.
L?UE prévoit des aides d?accompagnement de 11 millions d?euros (environ Rs 480 millions) pour 2007. Cette enveloppe comprend deux composantes : une tranche fixe de 6,5 millions d?euros (Rs 286 millions) et une tranche variable de 4,5 millions d?euros (environ Rs 198 millions). L?UE a déjà déboursé les dons sous la tranche fixe.
Les décaissements de la tranche variable dépendent toutefois du respect de quatre indicateurs de performance : la fermeture de trois usines (Mon Trésor, Riche-en-Eau et Mon Loisir), le VRS de 1 500 employés agricoles de l?industrie, la formation des 1 500 licenciés et l?épierrage de 300 arpents de terre cultivés par les petits planteurs.
La répartition des ressources est la suivante : coûts sociaux de la fermeture d?usines, 10 % ; plan de retraite volontaire (ouvriers agricoles), 40 % ; formation des licenciés, 40 % et épierrage, 10 %.
La centralisation est au c?ur de la feuille de route de la restructuration. Sans la fermeture des usines précitées, les composants liés à la retraite et à la formation ne peuvent avancer. Or, c?est précisément ce dossier qui est à l?origine du contentieux entre le gouvernement et les sucriers.
<B>Progrès que sur l?épierrage</B>
Le gouvernement a exigé que les sociétés sucrières lui cèdent entre 1 500 à 2 000 arpents comme condition à son aval pour la fermeture des usines. Les sucriers ont trouvé injuste cette idée. Toutefois, les deux parties ont accepté de se mettre autour d?une table pour trouver une solution globale (dont la question des terres) à la réforme sucre. Mais les pourparlers progressent lentement malgré la tenue de plusieurs rencontres.
Le temps presse. Même s?il n?y a pas d?échéances formelles, la Commission européenne doit boucler son budget vers octobre et prévoir les décaissements sur la base des indicateurs de performance. Jusqu?ici, il y a eu des progrès seulement sur l?épierrage.
Des montants plus conséquents, de l?ordre de 30 millions d?euros (environ Rs 1,3 milliards), sont prévus pour l?an prochain. ?S?il y a des retards dans le calendrier cette année, cela aura inévitablement des répercussions sur les décaissements de l?année prochaine. Il est essentiel de démarrer la centralisation à temps?, soutient un proche du dossier.
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