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Foires : grande foule mais petits achats

23 juillet 2007, 00:00

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?Fer enn zis pri.? Une phrase que l?on est habitué à entendre lors des marchandages le long des allées bondées dans les foires. Si l?affluence y est toujours au rendez-vous, elle ne rime cependant plus systématiquement avec vente. Les forains affirment que les affaires ne sont plus ce qu?elles étaient. Hausse du coût de la vie et taux de change défavorable ont des répercussions directes sur leurs ventes. ?Depuis trois ans la vente a baissé, et ça continue d?année en année?, explique Anand Bhoyrub, forain à Quatre-Bornes, qui exerce cette profession depuis 15 ans.

Dans les foires, le public est cependant présent. Le long des étroites allées, il faut se serrer et faire preuve de patience. ?La foule vient toujours et il y a des gens. Et puis, nous sommes juste à côté de la gare, donc les gens passent par là?, souligne Jyotee Kumarasawmy, qui vend des vêtements à la foire de Flacq depuis trois ans.

En ce moment, les foires accueillent aussi un grand nombre de visiteurs à cause des vacances scolaires. ?La ena conze lekol, sirtou la Réunion bann la en vacans?, fait ressortir Naigib Nauthoo, forain à Quatre-Bornes depuis ces sept dernières années.

Les vacances scolaires ne durent cependant pas et ne suffisent pas à maintenir les niveaux de vente. Selon les forains, les affaires ont bel et bien baissé. Certains chiffrent même cette chute à des quantités significatives. ?Nou tarvay inn baise par la mwatie. Bann dimounn promne bocou mai zot pa pran nan nien. Ek si ou lemplasmen loin, dimounn pa vini?, soutient Anssoya Beeharry, foraine à Flacq. Cela fait 17 ans qu?elle tient une échoppe dans une foire.

Que ce soit en ville ou dans les régions rurales, le constat des forains est le même. ?Les ventes ont beaucoup baissé, on peut dire de moitié en trois ans. De nos jours, une personne achète et quatre ne font qu?accompagner?, affirme Sylvio Joséphine. Forain depuis 13 ans, il vendait à l?origine des légumes, avant de se reconvertir dans le prêt-à-porter. Les dimanches et les jeudis, il est à Quatre-Bornes, les lundis à Mahébourg, les mardis à Goodlands et les mercredis à Rose-Hill. ?Moi j?ai une petite fabrique de vêtements. Ma femme est couturière et mes deux filles étaient aussi dans le métier. Les ventes ont chuté et maintenant mes filles travaillent dans des hôtels, une dans le Nord et l?autre à Port-Louis?, confie Sylvio Joséphine.

Une hausse dans les prix d?achat de leurs produits inquiète aussi les forains. ?Moi mo import ban produit ek. pri ki nou aste inn monte ek duty oussi inn monte?, soutient Ali Allybux, forain à Quatre-Bornes.

Le pouvoir d?achat des touristes reste donc un créneau que les forains souhaitent exploiter. Réunionnais et Seychellois sont nombreux dans les foires, surtout à Quatre-Bornes. Mais eux aussi, comme les visiteurs locaux, ont appris à marchander. Il est donc commun d?entendre le long des échoppes : ?Moi, je pratique juste un prix. Je ne fais pas un prix mauricien et un prix touriste.?

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