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Un manque de professionnels perturbe le secteur offshore

23 juillet 2007, 00:00

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Le global business, victime de son succès. Alors que l?Assemblée nationale examine demain le Financial Services Bill, un texte de loi qui vise à donner une nouvelle impulsion à l?offshore, l?industrie fait face à un manque aigu de personnel à tous les niveaux. Les opérateurs se plaignent d?un phénomène de débauchage dans le milieu et celui-ci risque de casser l?essor du secteur.

Les prestataires de services financiers ont du mal à recruter pour pouvoir faire face à l?expansion rapide de l?activité. Le Bureau central des statistiques (BCS) prévoit une progression de 7,3 % dans les activités d?intermédiation financière pour 2007. Le sous-secteur services financiers hors banques et assurances (qui inclut le global business) progressera, lui, de 11 %.

?Le débauchage est devenu une plaie dans l?industrie. Le secteur se développe rapidement, mais la formation ne suit pas. Il y a un gros problème de manque de personnel qualifié dans l?industrie?, constate Georges Chung, un responsable du Kross Border Trust Services, une offshore management company (OMC).

Le business s?agrandit, mais il y a aussi des nouvelles exigences en termes de régulation, telles les lois sur le blanchiment d?argent, qui demandent de nouvelles compétences. L?industrie doit trouver au plus vite quelque 200 comptables et autant d?administrateurs de compagnie. Non seulement les jeunes diplômés ne se bousculent pas aux portes des OMC, mais celles-ci doivent maintenant rivaliser avec les entreprises de business process outsourcing (BPO) financière (qui traitent des opérations financières)

?Beaucoup de professionnels partent travailler à l?étranger. D?autre part, nombreux sont ceux qui vont étudier et qui ne reviennent pas à Maurice?, affirme Georges Chung.

D?autres difficultés se profilent à l?horizon. ?L?avènement des cabinets d?avocats étrangers risque d?accentuer le problème de débauchage. Certaines firmes viennent proposer des salaires exagérés et arrivent à embaucher des cadres que d?autres cabinets ont formé avec beaucoup de peine?, se plaint Kee Chong Li Kwong Wing, président de l?Association of Offshore Management Companies.

<B>?Ils deviennent prétentieux?

Fort de leur pouvoir de marchandage dans la conjoncture, certains salariés ont même développé une attitude peu professionnelle au travail. ?Des diplômés qui n?ont qu?une formation partielle deviennent prétentieux et ne sont pas prêts à apprendre et à travailler dur. Je pense qu?il nous faudra émuler Dubayy qui recrute massivement de l?Inde, du Pakistan et du Sri Lanka, entre autres?, soutient Kee Chong Li Kwong Wing.

La présence des ?prédateurs? sur le marché ne décourage pas pour autant des OMC qui continuent à investir dans les ressources humaines. A l?instar d?International Financial Services (IFS) qui offre une formation en comptabilité (ACCA scheme) à ces jeunes recrues. IFS recrute principalement des jeunes diplômés en économie, en finances, en comptabilité, en management ou en droit de l?université de Maurice. ?Le programme d?ACCA permet à nos recrues de développer leur capacité de raisonnement et d?améliorer leur attitude au travail. Cette formation aide les jeunes diplômés à devenir des professionnels?, explique Couldip Lala, directeur de la société.

Ce mouvement déstabilisateur de personnel affecte l?ensemble du secteur financier. Le gouverneur de la Banque centrale, Rundheersing Bheenick, évoquait récemment le problème de débauchage dans le secteur bancaire. Il y a d?abord une certaine effervescence entre les banques. La Banque de Maurice souffre elle-même d?un exode de cadres qui se laissent séduire par les offres du privé. Le gouverneur a même invité la Mauritius Bankers Association à trouver rapidement des solutions à ce problème.

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