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50 ans de carrière et? un premier album

20 juillet 2007, 20:00

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Cinquante années se sont écoulées depuis les débuts artistiques de Marclaine Antoine. Mais le temps passé a laissé indemne sa mémoire et son talent. Assis dans son salon ? aux fausses allures de musée ? à Camp-Levieux, Marclaine Antoine se souvient des belles années où les musiciens étaient reconnus à leur juste valeur.

Témoin d?une époque révolue et acteur d?un présent dont il est peu fier, il nous présente son nouvel album, Bayé Coco, une photographie musicale dédiée à sa passion pour la guitare et aux ballades qui ont bercé sa jeunesse. Sur cet opus, on trouve des titres tels que Bayé Coco, Les enfants du Pirée, Bésamé Mucho, Je me sens bien auprès de toi, Tizan lipié coupé, Wheels, Help me through the night et un pot-pourri des chansons de Serge Lebrasse.

Bayé Coco. Drôle de titre pour un album. Mais ce n?est guère étonnant que Marclaine Antoine l?ait choisi comme titre phare. Sous ce nom se cache une anecdote. «Je revisitais des vieux répertoires de la musique française. Puis, j?ai eu l?idée d?ajouter une petite touche de séga à ces chansons. Au même moment, un ami qui passait par-là a entendu ce cocktail musical et m?a encouragé à sortir un album», confie le guitariste.

L?anecdote a valeur d?exemple, car on sait que Marclaine Antoine n?a jamais sorti de vinyles, de cassettes, ou encore de CD. Pourtant, ses compositions sont très connues.

A l?instar de Bel Bato, qu?il l?interpréta lors d?un concours international, où il obtint le premier prix. Et plusieurs autres compositions dorment encore au fond d?un tiroir, la faute aux pirates sans scrupule qui mènent la vie dure aux artistes locaux. «Peut-être qu?un jour je sortirais ces lingots de mon tiroir et que je les donnerais au patrimoine national», dit l?artiste avec humour.

Aujourd?hui âgé de 60 ans, Marclaine Antoine observe le monde qui l?entoure avec un autre regard. Celui d?un artiste qui a peur pour l?avenir de la musique. Une phobie alimentée par certains artistes qui ne respectent pas «notre bon vieux séga qui est sur le déclin. Les musiciens l?ont trop européanisé en oubliant nos racines africaines. Trop de ragga, reggae et autre rap qui éloignent les jeunes de notre musique nationale.» Des styles qui, selon lui, nous font aussi perdre de notre créole et empêche notre musique d?évoluer. «Il est temps qu?on redonne son identité au séga avant qu?il ne soit trop tard.»

Marclaine Antoine est né le 12 janvier 1946, à Port-Louis. Issu d?une famille de musiciens, il est «devenu naturellement musicien». Il est gagné très tôt par la passion pour la guitare et sait déjà qu?il fera de la musique son métier. Il avait 15 ans à l?époque où il accompagnait le clown Ripolin à La Réunion. C?était en 1963, il restera deux ans à l?île s?ur pour y travailler avec quelques orchestres tels que Les Rive?s et celui de l?hôtel de l?Europe. Puis, il s?est dirigé vers des pays tels que Madagascar, le Zimbabwe, le Kenya, le Mozambique, l?Ouganda, les Seychelles, l?Australie, Singapour, Rodrigues, et la France.

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