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Ras Natty Baby amer et aigri

21 juillet 2007, 00:00

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Il n?est plus l?homme d?avant. Ras Natty Baby se décrit comme un être en déphasage avec son monde. La prison l?a changé au point où il ne se sent plus «motivé». Aujourd?hui, sur le plan artistique, il veut juste pérenniser ce qu?il a construit durant des années, sans forcément attendre le succès au tournant.

«Je n?ai plus rien à prouver,» dit-il avec assurance. Il veut juste vivre en paix. Dégoûté par le «système et la philosophie des instances gouvernementales,» il se qualifie comme un homme «amer et aigri».

Dix mois après avoir recouvert la liberté, il vit encore dans « l?angoisse » et fait part de son «sentiment d?insécurité ». Ce qui explique qu?il passe la majeure partie de son temps à Rodrigues, son île natale, plutôt qu?à Maurice.

«Mieux vaut être petit chez soi que grand chez les autres», lui disait sa mère. Cette citation guide à présent sa vie. La paix, il la retrouve à Rodrigues.

« Ma démarche dans la musique a toujours été sincère. J?ai toujours diffusé une image positive de mon île au travers de mes tournées en Europe et ailleurs. En retour on me traite comme un vulgaire criminel? » soupire le chanteur. Maurice, ajoute Baby, est un pays qui «n?est pas reconnaissant».

Parmi les pionniers du seggae aux côtés de Kaya, Ras Natty Baby a fait ses premières armes avec les Natty Rebels, en 1982. Sa première formation Ras Kilimanjaro ne dure que quelque temps, sans aucun projet. Avec Natty Rebels, il connaîtra la reconnaissance et le succès. Surtout avec l?album Nuvel Vision, sorti en 1990, comprenant la chanson Leve do mo pep. « C?est l?album qui a permis au groupe de tourner en Europe durant quatre années,» souligne Ras Natty Baby.

<B>Projet en veilleuse</B>

Après des «clashs» avec quelques membres du groupe, il quitte le pays en 1995 pour entamer une carrière en solo en Angleterre. Il enregistrera Militant en France. Il n?a jamais pu faire la promotion de ce disque, car en avril 2003, il est arrêté à Maurice pour une affaire de drogue. « Mon incarcération m?a causé beaucoup de tort? Il y a un manque de considération pour les artistes à Maurice,» dit-il.

Depuis sa libération, il s?active à relancer sa carrière en mettant tous ses disques sur le marché local. Tropikal Vibes s?inscrit dans cet esprit. Outre cette démarche, il planche aussi sur des nouvelles compositions.

« Il y a un projet d?album avec des nouvelles chansons mais pour l?heure le projet est en veilleuse,» souligne l?artiste. Il faut d?abord remettre toutes ses productions, même celles enregistrées en Europe sur le marché. Il y a, dit-il, une grande demande pour ces disques.

<B>Stephan Jauffret-Rezannah</B>

<B>Tropikal Vibes</B>

Un album cosmopolite autour du seggae. Tropikal Vibes est une combinaison de deux disques, dont Seggae times enregistré au studio Spirit of Victory, en France, en 1998 avec le concours d?une pléiade de musiciens, notamment Linley Marthe (Mauricien), James Chrétien (Mauricien), Hoist Allen (Américain), Dembele Yao (Malien), Slomenski Philippe (Français) ainsi que Frédéric Piot (Réunionnais) et Steven Smith «Shanti» (Jamaïcain). Le second est Vibrasyon Rasta Zom.

A noter que le disque Seggae times (1998) est sorti en France sous contrat avec Sony Music avec le label Globe Music. Le nouvel arrangement de l?opus est de Patrick Antoine (PA Studio), alors que la conception graphique est de Paradize Burning (Jimmy et Brian Veerapin). Le disque est produit et distribué par Harbour Music (Kailesh Persand) et sera bientôt disponible dans les bacs.

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