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Les pseudo religieux

20 juillet 2007, 00:00

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Le Premier ministre est arrivé à la conclusion que les dirigeants de certains mouvements pseudo religieux n'ont pas de valeurs mais juste des intérêts. Les meneurs de la nébuleuse de groupuscules que l?on appelle à Maurice les mouvements socioculturels sont des opportunistes qui ?oeuvrent pour leur propre intérêt?, a laissé comprendre hier Navin Ramgoolam à Nouvelle- Découverte.

Tous les Premiers ministres ont connu ces dirigeants d?organisations socioculturelles qui, guidés par des intérêts privés, multiplient les gages de fidélité envers le pouvoir du jour. Ces opportunistes sont nombreux et leurs procédés connus. Ils changent de camp à chaque alternance et gravitent autour des puissants pour soutirer des prébendes.

Si la man?uvre de cette flopée d?imposteurs a plutôt bien marché jusqu?ici, c?est qu?ils ont su leurrer les dirigeants. En général, ils donnent l?impression d?avoir une grande influence au sein d?une communauté quelconque pour pouvoir exercer un chantage. Les dirigeants ont pris l?habitude de croire à ces bonimenteurs. Ceux-ci en profitent pour bénéficier des grâces du pouvoir allant des terres de l?Etat à des postes de responsabilité. Ils sont, pour la plupart, de faux notables auxquels personne ne prête la moindre oreille, pas plus dans leur communauté qu?ailleurs.

Bien informé par ses services de renseignements, Navin Ramgoolam semble avoir pris conscience de leur insignifiance. Il a fustigé, hier, ceux qui se prétendent la voix de telle ou telle communauté mais qui ne sont que de gens qui se déplacent avec le centre de gravité du pouvoir. Le leader du PTr doit sûrement regretter aujourd?hui ses accointances avec ces dirigeants de mouvements sectaires qui l?ont soutenu aux dernières élections et qui ont réclamé leur quote-part après la victoire électorale de son parti.

Anerood Jugnauth avait suivi le même itinéraire. Il avait, dans un premier temps, beaucoup compté sur le support des mouvements socioculturels pour asseoir son pouvoir politique. Après le désastre du rassemblement raté en faveur des langues orientales en 1995, il a compris qu?il s?était trompé. Quand il a repris le pouvoir, cinq ans plus tard, il évitait tout contact avec les dirigeants socioculturels.

La démarche de ces pseudo religieux satellites du pouvoir serait liée aux subsides que l?Etat accorde aux religions. Navin Ramgoolam fait une brève allusion à ce facteur hier quand il rappelle que l?Etat accorde Rs 69 millions aux groupes religieux. Il faut effectivement remettre en question ce lien incestueux. Dans un livre qu?il vient de publier, Soodursun Jugessur, Pro Chancelier de l?université de Maurice conteste le mode d?allocation des subsides aux religieux et propose que ?it should be preferably managed by the office of the President or by an independent authority not attached to any ministry?.

L?universitaire a indiqué la voie. Il faut passer aux actes si on tient à une séparation saine entre les ordres temporel et spirituel.

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