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Spider-man 3

6 juillet 2007, 00:00

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Si l?on y réfléchit, il est assez paradoxal que cette adaptation au cinéma des aventures de l?Homme-Araignée soit la plus réussie, de par son côté plus adulte et réfléchi. Sans forcément exclure les simples amateurs de bon cinéma, ce Spider-Man 3, toujours avec Sam Raimi aux commandes, pourrait bien s?adresser d?avantage aux fans, étant plus proche de l?esprit original. Il est vrai que les deux films précédents n?appelaient pas forcément à la rationalité, mais dans celui-ci on trouvera dans l?ordre : une météorite qui trouve le moyen de percuter notre planète à proximité de notre héros déjà mordu dans le passé par une araignée radioactive ; un symbiote extraterrestre (fils du Blob, célèbre et attachant navet de 1958) voyageant sur le météorite, s?attache à notre héros dès le premier regard ; un forçat évadé qui tombe dans du sable destiné à des ?expériences moléculaires? entreposé dans un silo à ciel ouvert et Harry Osborn (James Franco), le fils du Bouffon Vert, cette fois bien décidé à venger son papa. Ce qui fait beaucoup, et qui finit par rendre le film un peu long.

Maintenant qu?il a la reconnaissance à laquelle aspirait l?adolescent mal dans sa peau qu?il était, Peter Parker va-t-il accepter ce que lui offre son nouveau costume ? C?est-à-dire, encore plus, le rendant pour le coup moins sympathique mais tellement plus intéressant, nous faisant même dans une séquence, un beau numéro de music-hall. L?idée n?est pas neuve (cf. The Mask, entre autres), mais dans ce contexte particulier, elle tient carrément du trait de génie. Comme tous les superhéros, Peter Parker opère incognito et n?est connu du public que comme Spider-Man, identifiable par son costume bleu et rouge. Or, voilà que ce magnifique costume noir qui augmente ses pouvoirs (en fait, le symbiote extraterrestre se transformant) est animé d?une volonté propre et peut phagocyter celui qui le porte. C?est là tout le symbole du personnage public adulé des foules qui finit par être dévoré par sa propre image !

Si l?on y regarde bien, il est beaucoup question d?image, dans ce film : le regard des autres, pour Peter Parker, mais aussi pour l?Homme-Sable (Thomas Haden Church), pauvre type accablé par son image de criminel ; le regard de l?autre pour Peter Parker et Mary Jane Watson (Kirsten Dunst) dans leur couple. Les scènes d?action ne sont pas pour autant négligés, Sam Raimi nous offre de belles scènes de poursuites et de combats. Ce n?est ni le première, ni la dernière fois que les buildings de New York servent de décor à ce genre de scènes, mais il faut avouer que le cinéaste à une manière bien à lui de les y intégrer, mettant du coup en valeur ses élégants mouvements de caméra (ou changements de perspectives, puisqu?il s?agit d?imagerie numérique). Un nombre accru de méchants équivaut à plus de scènes d?action et les sont séquences spectaculaires, surtout celle du combat contre le Bouffon Vert, mais sans jamais être aussi impressionnantes que celles du deuxième film. L?impression que Sam Raimi aurait décidé que cette fois l?action dans son film serait tributaire du récit et donc secondaire, se trouve renforcée devant le combat final. Non seulement ce combat n?est pas le plus spectaculaire de tout le film, mais il se déroule en plus devant une foule, avec des équipes de télévision et des projecteurs. C?est un spectacle dans le film ?et encore une fois, le thème de l?image. Il y a dans cette séquence, quelque chose d?auto parodique. Ce Spider-Man 3 pourrait être bien plus complexe et donc plus intéressant qu?il n?y paraît au premier regard.

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