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La centralisation en marche à FUEL
Flacq United Estates Ltd (FUEL) peaufine son plan de centralisation. Car le temps presse, et une véritable course contre la montre aura à être engagée pour que les raffineries mauriciennes soient prêtes en 2009 afin de bénéficier du prix plus rémunérateur de 20 % que le sucre roux et de pallierla baisse du prix du sucre qui auraatteint 36 %.
Le plan de FUEL prévoit des investissements importants qui cadrent totalement avec la Multi Annual Adaptation Strategy (MAAS) 2006-2015, à voir une centrale bagasse charbon deux fois 45 mégawatts (MW), une augmentation de la capacité de l?usine à 475 tonnes de canne heure, une raffinerie de 600 tonnes de sucre par jour et une distillerie de 112 000 litres d?éthanol par jour.
L?investissment dans ces activités industrielles par FUEL est estimé à Rs 6,5 milliards. Environ Rs 4,6 milliards seront investies dans la centrale bagasse-charbon. Le reste de l?investissement concerne le coût de la centralisation (Rs 600 millions),y compris le 25 % du coût du Blueprint pour la fermeture de Mon Désert Alma après la coupe de 2007, et celle de Deep River Beau Champ après la coupe de 2009, Rs 800 millions pour la raffinerie etRs 500 millions pour la distillerie.
Environ 70 % du montant des investissements seront empruntés. Et 30 % représentent le capital à investir.
Le promoteur et partenaire technique de ces projets industriels est FUEL avec Deep-River- Beau-Champ. Le support stratégique et technologique viendra d?une firme d?ingénieurs indiens pour la centrale thermique, d?ingénieurs brésiliens (car la technologie sera brésilienne) et mauriciens pour la raffinerie, et d?ingénieurs indiens pour la distillerie.
Un gros besoin énergétique
?Une centrale de 90 MW est nécessaire pour réaliser la centralisation, satisfaire les besoins de la consommation internes incluant raffinerie et distillerie et produire de l?énergie à un coût compétitif. L?efficience de cette centrale, de ses chaudières et de ses alternateurs, sera comparable à celle de la compagnie malaisienne CT Power qui se propose de construire une centrale au charbon pur à Pointe-aux-Caves?, dit Joseph Vaudin, Chief Executive Officer du groupe FUEL.
La nouvelle centrale de FUEL permettra aussi en temps et lieu de remplacer ces unités de production existantes qui sont moins performantes. ?Malheureusement, l?Outline Energy Policy du gouvernement donne préséance à la production de l?énergie à partir du charbon et ne prévoit pour FUEL qu?une unité de 22 MW, ce qui résulterait en un coût de génération plus cher et peu rentable et qui ne permettrait pas d?optimiser l?énergie bagasse tout en réalisant centralisation, raffinerie et distillerie, ajoute-t-il.
Selon Joseph Vaudin, aucun problème ne devrait se poser du côté de l?environnement avec la nouvelle centrale bagasse-charbon.
?Nous respectons toutes les normes industrielles. Nous avons déjà mis en place les moyens de disposer écologiquement des cendres venant des chaudières?, souligne Joseph Vaudin.
Il souligne que pour que le pays et les producteurs puissent bénéficier en revenus au maximum de la valeur ajoutée, le plan de FUEL inclut la construction d?une raffinerie pour produire du sucre blanc. Ce sucre représente 99% de la consommation de sucre en Europe. De plus le prix est plus au moins 20 % plus rémunérateur que celui du sucre roux et la demande beaucoup plus grande.
?Une question commerciale et non politique?
?Le temps presse. Les échéances de l?année 2009 approchent, avec la baisse de prix du sucre de 36 %, le libre accès en Europe du sucre des pays les moins avancés .Les commerciaux européens sont dès à présent à la recherche de sucre pour parfaire la baisse de production européenne à venir. Il faut que nous puissions nous engager pour 2009 dès à présent. Autrement la place sera prise, et nous pouvons le faire?, estime Joseph Vaudin.
?Il faut des clients pour acheter notre sucre. C?est une question commerciale et non politique. Il faut prendre position aujourd?hui. Sinon, ils vont se tourner vers d?autres fournisseurs. Nous aurons alors des difficultés à bien vendre notre sucre?, fait ressortir Joseph Vaudin.
En même temps, et dans le même élan de faire les producteurs de canne bénéficier du maximum de valeur ajoutée de la mélasse, il est prévu d?établir à FUEL une distillerie de 26 millions de litres d?éthanol par an pour l?exportation vers l?Europe, où Maurice bénéficie d?une entrée libre et sans tarif ainsi que d?un prix avantageux.
RESTRUCTURATION
La participation des producteurs de canne au capital proposée
■ La centralisation se fera avec l?apport des planteurs. FUEL a développé avec ses planteurs un projet régional centre-est pour assurer la viabilité du secteur de la canne. Ce projet, baptisé ?Avant-Garde?, s?intègre dans le plan stratégique pour l?industrie sucrière pour les années 2006-2015, la Multi Annual Adaptation Strategy (MAAS).
Les planteurs des régions de Mon Désert Alma, Constance, Deep River Beau Champ, et FUEL seront intégrés dans ce plan, dont l?objectif est de leur permettre de retrouver le même revenu (Rs 1400 par tonne de canne en 2006) qu?ils avaient avant la baisse de 36 %. La perte se mesure à un montant de RS 416 par tonne de canne produite.
La réalisation du plan comprend six principales mesures dont la participation des gros et petits planteurs aux activités industrielles (raffinerie, distillerie, centrale thermique et usinières), la diminution du ?cess?, en restructurant les institutions financées, l?arrêt des subsides sur la vente du sucre sur le marché local, l?introduction de la semaine de 40 heures sur six jours aussi bien que l?épierrage et la replantation des champs des petits planteurs. Le plan prévoit une participation au capital auprès du promoteur industriel et des producteurs de cannes en proportion de leurs productions. Par exemple, les chiffres travaillés par FUEL indiquent que les dividendes des activités industrielles devraient rapporter environ Rs 206 par tonne de canne. Les autres actions rapportant Rs 180 par tonne de canne, le projet Avant-Garde permettra de retrouver Rs 386 des Rs 416 perdues.
Avec ce plan conjoint Fuel- planteurs, gros et petits, les promoteurs estiment pouvoir éviter que les planteurs abandonnent leurs champs. Car au cours des derniers cinq ans la production de cannes des petits planteurs a baissé de 24% dans le ?factory area? de FUEL.
Les promoteurs proposent la création d?un fonds à partir de l?argent disponible sous les mesures d?accompagnement de l?Union Européenne (UE) pour le secteur sucre. Les petits planteurs,pourront emprunter de ce fonds pour acheter des actions dans les quatre activités industrielles. Une période de 20 à 25 ans pourrait être proposée pour le remboursement des emprunts sans intérêts.
?C?est un tout. Il faut que les producteurs achètent des parts dans les activités existantes ainsi que dans la distillerie et dans la raffinerie. Les planteurs ont unanimement adhéré à ce concept. Tout cela se fera si la centralisation à l? Est se réalise?, dit Jean- Luc Harel, administrateur de FUEL.
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