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Mervyn Samachetty, la force tranquille
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Mervyn Samachetty, la force tranquille
Mervyn Samachetty est un homme de contrastes. Vête-ments de coupe classique, voix grave et posée, l?homme respire le calme. En regardant ses mains, on voit qu?elles sont parsemées d?égratignures, que les paumes sont dures.
« Les mardis, je fais des démonstrations de casse pour les clients de l?hôtel », affirme Mervyn.
Il faut dire que cet animateur de loisirs à l?hôtel Indian Resorts, au Morne, cache bien son jeu. En le voyant, il est difficile de soupçonner la force qu?il recèle et sa maîtrise des arts martiaux. Ancien champion du monde de karaté, il a également goûté au succès avec le free fighting et le kickboxing.
Aujourd?hui âgé d?une quarantaine d?années, Mervyn baigne dans les arts martiaux depuis l?âge de six ans, et ce, grâce à son père qui était policier. Il faudra attendre l?adolescence pour qu?il découvre le karaté, une discipline à laquelle il est toujours resté fidèle avec France Li Monron, puis avec Serge Rose. « J?avais une curiosité infantile de tout connaître et j?étais avide d?apprendre tout ça », confie Mervyn.
Les arts martiaux ont fini par représenter son refuge et le moyen d?accomplir ses rêves. « Lorsque l?on me regarde tel que je suis aujourd?hui, c?est dur d?imaginer l?apparence que j?avais quand j?étais adolescent : un maigrichon d?à peine 40 kg. » La pratique assidue des arts martiaux, couplée à des séances de musculation, l?ont complètement transformé. « Et je voulais ressembler aux héros de ces bandes dessinées que je lisais. Mon préféré était Spiderman, et je voulais être comme lui. »
Les arts martiaux sont, dès lors, devenus une échappatoire pour lui. « Pendant la période de séparation de mes parents, j?avais besoin d?un refuge, je ressentais le besoin d?être réconforté. Et les arts martiaux ont accompli tout cela pour moi. »
Son niveau ne cesse alors d?évoluer, mais il connaît le vrai boost lors de son séjour en Italie, où il est parti après le collège pour effectuer des études de médecine. Sa rencontre avec des maîtres de haut niveau a un impact conséquent sur sa carrière sportive. L?arrivée d?un autre initiateur, Toï Marot, lui fait découvrir le vrai visage de cette discipline qui a une place de choix dans sa vie.
Briser 144 plaques de béton
« Toï Marot est mon père spirituel, mon senseï. C?est lui qui m?a donné tout le sa-voir, qui m?a appris ce que sont les arts martiaux. Il m?a aussi montré que le maître qui sait répandre ses connaissances a un impact important. » Durant son séjour en Italie, Mervyn fait son service militaire. « J?ai alors continué à m?entraîner, mais c?était difficile d?être au top à cause du niveau local par rapport à celui de l?Europe. »
En Italie, il a la chance de côtoyer de très bons maîtres tels qu?Antonio Karafa, qui a été champion du monde et d?Europe. Mervyn a même l?occasion de rencontrer Mas Oyama qui a battu un record du monde en abattant 52 taureaux à mains nues.
Mais notre compatriote a, lui aussi, un beau palmarès. « J?ai donné 150 coups de pied en une minute et j?ai été le premier Mauricien à briser 144 plaques de béton, ce qui m?a quand même coûté quelques points de suture. » Les rencontres avec les champions d?arts martiaux s?enchaînent alors, et ont un impact certain sur ses performances. Aujourd?hui, Mervyn est ceinture noire et sixième dan de karaté, de kickboxing et de boxe thaïe. « Si j?étais resté à Maurice, je n?aurais jamais atteint un tel degré. Mais je dois dire que le niveau du sport mauricien a beaucoup évolué. »
Cet amoureux des arts martiaux ne se contente pas du karaté. Il se tourne vers d?autres disciplines où il excelle. « J?ai rencontré un champion de boxe thaïe, et ça m?a motivé à m?y initier. Je suis alors parti en Thaïlande pour quatre mois et j?ai beaucoup appris là-bas sur cette discipline. Les arts martiaux m?ont permis de faire le tour du monde. j?ai également appris la capoiera, une technique brésilienne. » Il a même été de-vant la caméra comme figurant dans les films Mortal Kombat et Les tortues ninja.
En feuilletant les vieux albums, on tombe sur des photos où ses prestations physiques étonnent et impressionnent. « Mais j?arrive toujours à faire ces choses », lance-t-il en riant. Sa bonne humeur et son calme ne semblent jamais le quitter, et ce, en toutes circonstances. « Je sais de quoi je suis capable, ce que je peux faire avec mes deux mains. Mais je ne vais jamais céder aux provocations. Si j?ai une altercation sur le chemin, je continuerai ma route en souriant. »
Il suit à la lettre ces préceptes
Il sait qu?il peut faire mal, même très mal, mais une telle attitude irait contre la philosophie même des arts martiaux. « Les arts martiaux m?ont enseigné la discipline de la vie. J?ai appris le respect, que ce soit envers moi ou envers les autres. » Aujourd?hui, Mervyn vit en suivant à la lettre ces préceptes.
Et il mène une existence bien remplie, pleine de rebonds et d?action. Ce père de deux enfants, âgés de 14 et 6 ans, est un véritable c?ur tendre. Comme quoi, les muscles et la force sont parfois très trompeurs.
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