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A chaque âge son art
Qu?est-ce que l?art ? A question complexe, réponse complexe ! Serait-ce un assemblage de couleurs, de formes, de textures et d?idées en tous genres ? Serait-ce la faculté de reproduction ou de création, qui d?ombre et de lumière, compose des vues imprenables sur la réalité ou l?imaginaire ? A l?exposition des élèves de Charlie à l?avenue Queen Mary à Floréal, l?art c?est un peu tout cela et en même temps bien plus que cela.
Art réaliste, abstrait, contemporain, conceptuel, autobiographique ou décalé, on retrouve de tout sous toutes les formes, de la girafe bibelot agrandie, aux photos des élèves eux-mêmes sous des airs méconnaissables. Ici, on touche à tout : peinture, crayonnage, pastel? Mais on touche surtout à la sensibilité. Les élèves ont trouvé à l?atelier un véritable havre de liberté où émergent sur les murs comme sur les tableaux, leur sens artistique, leurs connaissances et leur imagination.
Charlie, 26 ans, artiste-peintre, enseigne depuis cinq ans l?authenticité d?être artiste. Elle réveille les esprits aux couleurs et aux envies en apprenant aux tout-petits comme aux plus grands la conscience.
«Au début, je les laisse très libre pour qu?ils apprennent à avoir confiance en eux et pour qu?ils sachent qu?ils peuvent faire n?importe quoi. Ensuite, je suis plus critique puisqu?en apprenant à mieux les connaître, je sais quand ils peuvent mieux faire dans la technique comme dans leur approche», affirme-t-elle.
A ses 46 élèves de quatre ans à monter : enfants, parents et même grands-parents, elle transmet la même passion, l?art de l?imagination et leur conseille de suivre leur intuition pour que chacun trouve son style. «J?ai fait des études de beaux-arts à Londres et là-bas ce qui compte c?est votre style et vos références voilà pourquoi je les pousse autant à savoir ce qu?ils veulent.»
<B>A la découverte</B>
Si beaucoup ont commencé la peinture comme passe-temps, c?est devenu pour eux petit à petit une seconde nature. Cédric Hardy, 15 ans est venu par hasard pour voir sa s?ur «et je ne suis jamais reparti», dit-il en riant. «J?ai adoré les cours et j?éprouve beaucoup de fierté en regardant mes dessins», ajoute-t-il. Florent, 9 ans, n?aime pas le football et même s?il fait de la natation c?est la peinture qu?il préfère. «Cela permet de faire des choses amusantes», dit-il.
Se découvrir une âme d?artiste, est un plus pour sa carrière professionnelle. C?est du moins ce que pensent Mélanie Stephen et Stéphane de Spéville, deux adolescents qui s?apprêtent à faire des études d?architecture intérieure et extérieure respectivement. «La peinture m?a permis d?évoluer dans un univers qui n?est pas du tout scolaire, où on peut discuter, partager. Avoir une touche artistique, cela procure définitivement un plus», avoue Mélanie. «C?est une plate-forme pour s?exprimer même si on travaille dans un milieu très carré ensuite. De toute façon, en art on n?est jamais déçu», constate le jeune homme.
Pour l?Indienne Kovita Gujral, 45 ans et sa fille Asavari, 6 ans, les cours de peinture leur ont permis de s?intégrer au pays. Elles y ont trouvé des amis, une atmosphère agréable, un espace de détente et d?interaction. «Au début Asavari ne parlait pas du tout français et maintenant elle va intégrer une école française», confie Charlie.
Cette exposition vient malheureusement clore la carrière de pédagogue de Charlie au grand dam de ses élèves. Celle-ci voudrait pouvoir se consacrer à sa propre carrière. «Avec les cours je n?avais plus assez de temps,» affirme-t-elle. L?atelier sera ouvert au public le lundi et mardi de 10h30 à 16h30, le temps pour vous de venir de découvrir ces ?uvres d?art avant qu?ils ne disent Goodbye Charlie.
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