Publicité

300 de Zack Snyder

22 juin 2007, 00:00

Par

Partager cet article

Facebook X WhatsApp

lexpress.mu | Toute l'actualité de l'île Maurice en temps réel.

C?était un temps où les hommes étaient de vrais hommes, les femmes de vraies femmes et les petites créatures velues d?Alpha du Centaure de vraies petites créatures velues d?Alpha du Centaure. En ce temps-là, la seule activité reconnue comme étant digne d?un homme était la guerre. Lorsqu?on affrontait l?ennemi, on le regardait droit dans les yeux avant de le désentripailler (ou d?être soi-même désentripaillé) et les experts en la matière étaient les hommes de Sparte. C?était de vrais durs, impitoyablement sélectionnés dès la naissance, élevés pour l?art de la guerre. Et, lorsqu?ils allaient à la guerre, leur épouse ou mère, sans pleurnicher, leur disaient simplement : ?Reviens avec ou sur, ton bouclier.? La deuxième option paraît difficilement réalisable, dans 300, vu la taille des boucliers spartiates.

Il est difficile de dire à quel genre appartient un film comme 300. Le réalisateur Zack Snyder a réussi une synthèse entre péplum historique et ?heroic fantasy? (ou ?homo erotic fantasy?, à voir tous ces solides gaillards vêtus seulement d?un short minuscule) avec de vrais acteurs évoluant dans des images de synthèse qui sont à la pointe des techniques d?animation.

À cela, on ajoutera certaines libertés prises par rapport à ce que nous tenons comme étant des faits historiques. Nous savons par exemple que la cité-État antique de Sparte était une oligarchie militaire et que vers l?an 480 av. J-C, 300 Spartiates affrontèrent 200 000 Perses à la bataille des Thermopyles. Mais, on se demandera s?il y avait réellement dans l?armée du roi Xerxès, des trolls aux avant-bras remplacés par de grands sécateurs pour couper la tête aux généraux incompétents. On aimerait les avoir pour nos ministres incompétents.

Depuis Le Seigneur des Anneaux, chaque réalisateur tournant des scènes de bataille se croit obligé de faire pleuvoir des flèches comme dans une averse d?été. 300 ne fait pas exception. Les flèches pleuvent en une averse compacte, dense à en assombrir un ciel déjà gris. Celles-ci font moins de dégâts qu?à Azincourt, mais d?autres accessoires tels que glaives, lances, etc., font voleter pas mal de membres et couler des torrents de sang, cela de manière très esthétique, voire même poétique. Ceux qui iront chercher dans ce film, matière à réflexion, se seront trompés d?adresse.

Zack Snyder ne prétend pas à autre chose que de nous offrir du grand spectacle guerrier, et il y réussit. Ce film est un vrai petit chef-d??uvre d?imagerie et de style, une ode à la testostérone qui ravira vos yeux tout en vous fouettant les sangs. Quiconque ira voir ce film attiré par la bande annonce, pourra difficilement prétendre être déçu. C?est la bataille des Thermopyles ?comme si vous y étiez?, particulièrement dans une séquence plaçant le spectateur au c?ur même d?une phalange spartiate contenant une poussée des attaquants perses comme dans une mêlée de rugby.

Évidemment, on ne s?attend pas à ce que les personnages aient du relief ou de la profondeur. Ceux que nous présente 300 sont, de fait, typés : le grand roi guerrier, son épouse forte et loyale, le traître félon et l?ennemi aussi abject que cruel. Gerard Butler (Léonidas) et Lena Heady (la reine), tiennent leur rôle respectif avec passion ; l?acteur brésilien Rodrigo Santoro est crédible dans son personnage de Xerxès, maléfique et presque dément. Autant de visages familiers mais difficilement reconnaissables, ce qui finit par servir le film, focalisant toute notre attention sur le spectacle à la fois grandiose et glaçant. C?est ce que l?on retiendra de 300, et qui d?ici quelques années vaudra à ce film le statut de ?film-culte?. Dieux, que la guerre est jolie !

Publicité