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Le nouveau mode d?emploi
<B>Par Akilesh ROOPUN</B>
Rama Sithanen veut terminer son mandat dans une conjoncture de plein emploi. Il s?est fixé comme objectif de résorber le chômage en misant sur une forte reprise de la croissance et de l?investissement. Le grand argentier devra jeter les contours de son projet vendredi lorsqu?il présentera le deuxième budget de l?Alliance sociale. La nouvelle mission de Rama Sithanen est périlleuse. Le taux de chômage avoisine les 10 %. La croissance, quoique sur la pente ascendante, doit encore prendre de la vitesse pour assurer un retour rapide au plein emploi.
La création de nouveaux emplois est le premier signe des ?trickle-down effects? des réformes économiques que le gouvernement arrive difficilement à vendre à la population. Celle-ci rend les mesures de la restructuration grandement responsable de la cherté de la vie dont elle souffre au quotidien.
Montrer que les jobs commencent à venir est un moyen efficace de faire accepter certains sacrifices au petit peuple. Mais encore faut-il que les emplois soient créés aussi là où il n?y en a vraiment l?urgence.
Plus d?un quart des 44 000 chômeurs (chiffres de fin 2006) ne détiennent pas le ?Certificate of Primary Education?. Les usines de textile-habillement qui ont traditionnellement absorbé ce segment fragile de la population se tournent aujourd?hui davantage vers l?étranger pour trouver des bras. Le ministre des Finances dit compter beaucoup sur le tourisme, les ?integrated resorts schemes?, et la construction pour générer de nouveaux postes pour ceux n?ayant pas un niveau d?instruction adéquat et surtout appartenant aux couches sociales défavorisées.
L??Empowerment Programme? (EP) fait déjà un travail de recyclage professionnel à ce niveau. La prévalence du chômage dans les poches de pauvreté demande des actions plus ciblées, suggère Jacques de Navacelle, président du Joint Economic Council. La principale organisation des opérateurs se dit très préoccupé du taux de chômage très élevé chez les pauvres. Elle se pose des questions sur la pertinence des entreprises manufacturières à avoir recours aux ouvriers étrangers. Cette attitude est réconfortante d?autant plus qu?elle est exprimée par une organisation du secteur privé lui-même. Il y va d?une certaine responsabilité sociale des opérateurs qui sont dans une position de donner des jobs aux chômeurs peu formés.
Le décalage entre le profil des personnes à la recherche d?un job et les attentes des employeurs est une des raisons principales qui encouragent les entreprises à recruter à l?étranger plutôt que de puiser dans le pool local.
L?EP et les institutions du secteur privé doivent trouver ensemble des solutions au problème d?inadéquation sur le marché du travail. L?information sur les embauches et les possibilités de formation rapide doivent être plus facilement accessibles aux poches de pauvreté. Au cas échéant, les chômeurs des régions défavorisées continueront à se rabattre sur des petits boulots fort précaires notamment dans l?économie informelle et qui n?offrent aucune perspective de carrière.
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