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Il raconte le sixième braquage de sa station-service

13 juin 2007, 00:00

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Il raconte le sixième braquage de sa station-service

Rideaux métalliques abaissés et portes verrouillées. A travers un guichet, les pompistes remettent l?argent recueilli après chaque vente au gérant. Gérard Rawjee, 51 ans, s?enferme ainsi dans sa station-service Caltex de Riche-Terre. Par peur de récidive. Car cela fait maintenant six fois depuis le début de l?année qu?il a été victime de braquage.

Le dernier remonte à lundi. ?Mo pa kapav sorti respire. Mo pa kapav lais travayer rentre pou kauzer impe?, raconte le gérant. Mécontent, il raconte le calvaire subi le soir du braquage.

Il commence par nous montrer un sabre abandonné par les bandits, six au total. Il s?agit d?une arme d?une seule pièce, de fabrication artisanale. ?Se avek enn sab coumsa ki zot fin kraz mo parbriz.?

<B>?Mo dir hold-up?

?Il était 19 h 45 environ ce lundi soir. Mon frère, un policier, était venu me rejoindre et nous devions rentrer ensemble à la maison, en voiture. J?ai attendu que lui-même ainsi que les pompistes aient gagné la porte pour éteindre la lumière centrale. Je me suis tenu à l?autre extrémité de la salle où se trouve le commutateur. Comme ils sont sortis, j?ai aussitôt éteint et, au même instant, j?ai entendu des cris des deux filles pompistes. ?Ayo, Ayo?. J?ai tout de suite compris ce qui se passait. Mo dir hold-up. Puis des voix d?hommes se sont fait entendre. Cot to frer ete, move? la ? ?Je n?ai pas osé sortir et je me suis blotti dans un coin. Personne ne pouvait me voir dans le noir. J?ai continué à entendre du bruit venant de l?extérieur. Des éclats de voix, des jurons, des verres qui se brisaient??

En attendant, les agents de sécurité du Caudan ont été alertés par le gardien au moyen d?un appareil que ce dernier a toujours sur lui. ?Ki pe arriver ??, demande l?agent de sécurité qui appelle le gérant au moment où le braquage a lieu. ?J?ai répondu : ?Hold up?. ?Atann dan de minit nou pe vini.?

C?est à ce moment-là que Gérard Rawjee sort de sa cachette. Il se rend compte que le pare-brise de sa BMW avait volé en éclats et que la boîte à gants de la voiture avait été arrachée. Sur le siège avant, des morceaux de ciment qui collent généralement aux vêtements des maçons, s?y trouvaient.

Les bandits, eux, ont fait main basse sur tout ce qu?ils ont pu trouver. ?Outre la serviette contenant l?argent, ils ont pris les deux téléphones cellulaires de mon frère ainsi que son bracelet d?identité et une bague en or. Les voleurs ont aussi emporté les portables des pompistes et comme le vieux gardien n?avait rien de valeur en sa possession, on lui a pris sa lampe électrique.?

Mais comment se fait-il qu?une station-service puisse être victime d?autant de braquages en peu de temps ? Interrogé hier, le chef inspecteur Taleb Salyman, qui dirige la Crime Prevention Unit, explique que la station se trouve dans un secteur à risque. Il précise que la Crime Prevention Unit a sillonné le pays pour informer les gérants de stations-service des précautions à prendre contre les vols à mains armées. ?La police organise des patrouilles mais ne peut être présente partout à la fois?, ajoute-t-il.

Ashok Raghooputh, secrétaire de la Petrol Retailers Association est, lui, d?avis que la police devrait mettre en pratique les recommandations proposées par l?association pour une meilleure protection des stations-service, cibles de prédilection des bandits dans certaines régions du pays.

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