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Maurice Allet et le blues des Bleus
Le torchon brûlerait-il entre le PMSD et certains de ses partenaires de l?Alliance sociale ? Si Maurice Allet, le leader des Bleus, affirme entretenir de bons rapports avec le Premier ministre, il ne cache toutefois pas son mécontentement.
Maurice Allet en a ras le bol. Il l?a manifesté lors de l?inauguration, vendredi soir, d?un centre récréatif à Petite-Rivière. Alors qu?il est le député de Beau-Bassin-Petite-Rivière, il estime avoir été traité de façon cavalière. À tel point qu?il a même refusé de couper le ruban alors qu?un membre de l?assistance lui tendait des ciseaux. C?est finalement le ministre des Adminis-trations régionales, James Burty David, qui s?est soumis à cet exercice, avant de quitter la cérémonie aussitôt après. Ce nouvel épisode illustre le malaise qu?é-prouve le Parti mauricien social démocrate (PMSD) au sein de l?Alliance sociale.
« C?en est trop », tempête Maurice Allet, que nous avons rencontré à son domicile en fin de semaine. Il compte en discuter avec le Premier ministre, Navin Ramgoolam, dès son retour au pays. Et son parti, explique-t-il, réfléchit actuellement à différentes options. L?une d?entre elles, nous laisse-t-on entendre dans les milieux du PMSD, serait d?attendre le contenu du budget.
Il y a fort à parier que si cet exercice financier ne répond pas aux attentes du PMSD et de son électorat, le parti n?écartera pas la possibilité de se retirer de l?Alliance sociale. Les deux députés bleus, Maurice Allet et Éric Guimbeau, ne fe-raient alors partie d?aucun bloc politique au Parlement. « Cette option figure en effet parmi celles évoquées au sein du parti », confie un membre du bureau politique.
L?attitude de certains membres du gouvernement et députés de la majorité vis-à-vis du secteur privé n?a pas été sans causer l?exaspération du PMSD. « Nous avons, au sein du parti, toujours privilégié des relations cordiales entre le secteur privé et le gouvernement. Or, nous voyons aujourd?hui que certains députés et ministres mettent en péril cette synergie par leur attitude mesquine », fait ressortir le leader des Bleus. Et d?ajouter : « Au plus fort de la crise entre le gouvernement et le secteur privé, le PMSD était intervenu pour appeler à une meilleure collaboration entre les deux parties pour le développement économique du pays. »
Évoquant l?« attitude sournoise » du PMXD et du MR, Maurice Allet dénonce la « manière de faire » de ces deux partis qui, affirme-t-il, ont organisé une réunion politique dans sa circonscription en marge du rassemblement du 1er Mai sans même l?inviter. « En tant de député de la circonscription et membre de l?Alliance sociale, je trouve inconcevable que Rama Valayden et Xavier-Luc Duval, qui ne sont même pas des députés de l?endroit, ne m?aient pas invité », lance un Maurice Allet amer. Et de laisser entendre : « Nous faisons partie d?une même alliance et je ne comprends pas pourquoi ces deux partis nous coupent l?herbe sous les pieds. »
Autre fait récent, et qui n?a pas été sans causer des remous au sein de l?Alliance sociale : la position affichée par le leader adjoint du PMSD, Éric Guimbeau, sur la Campement Site Tax. Ce dernier a rencontré le président de la République, sir Anerood Jugnauth, jeudi après-midi pour s?entretenir sur ce sujet. « J?ai sollicité cette rencontre en tant que citoyen, car j?estime que la communauté blanche, qui est une minorité à Maurice, est actuellement vue d?un mauvais ?il », nous a déclaré Éric Guimbeau.
La manifestation d?une « impatience »
Il laisse également entendre que « cette minorité a longtemps contribué au développement économique du pays et je ne m?explique pas le pourquoi de ce white bashing ». Le député de la majorité mène depuis plusieurs mois déjà campagne, à l?Assemblée comme sur le terrain, pour que le gouvernement revoie sa position sur le renouvellement des baux. Il existe, selon lui, au sein du gouvernement « quatre ou cinq » éléments qui veulent acculer les propriétaires de campements pour en retirer un capital politique.
D?aucuns estiment que le PMSD est un électron libre au sein de l?Alliance sociale, n?hésitant pas à manifester, quand il l?estime nécessaire, son désaccord avec l?action gouvernementale ? réforme de l?éducation, Campement Site Tax. D?autres avancent que les multiples « tergiversa-tions » du leader de ce parti ne seraient que la manifestation d?une « impatience » pour obtenir un éventuel poste minis-tériel. Ce que réfute catégoriquement Maurice Allet. « Nous ne sommes pas des roder-boute. Nous sommes dans la majorité gouvernementale pour faire un travail et j?en fais autant que certains ministres qui restent dans leurs bureaux » lâche-t-il.
Bonnes relations avec le PTr
Le leader des Bleus tient par ailleurs à préciser qu?il entretient de bonnes relations avec le Parti travailliste et son leader. « Nous n?avons absolument rien à reprocher au Premier ministre, nous l?estimons beaucoup. Mais nous ne pouvons pas en dire autant de certains membres de l?Alliance sociale qui essaient sans cesse de nous mettre des bâtons dans les roues », déclare-t-il. Et pour ce qui est d?un éventuel départ de l?Alliance sociale, le chef de file du PMSD ne souhaite pas prendre de décision trop hâtive.
« Si nous décidons de quitter l?Alliance sociale, nous le ferons. Nous ne sommes pas de ceux qui menacent de s?en aller en espérant une contrepartie. Mais nous n?en sommes pour l?instant pas encore là », tempère Maurice Allet. Une position que partage Éric Guimbeau, qui affirme par ailleurs vouloir répondre à des rumeurs disant que les relations entre lui et le leader du PMSD se seraient dégradées. « Je tiens à dire que nous sommes plus unis que jamais », laisse-t-il entendre. Le PMSD semble bien être arrivé à la croisée des chemins?
Elwyn CHUTEL et Guillaume GOUGES
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