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Confessions au bout du fil
« Mo banne camarades fer dominer ek moi. Zot rasse mo sac, zot batte mwa. Ene madame ine dire mwa appelle sa numéro la. Ou bizin aide mwa? »
Avec 1 200 appels annuels, le « 113 », hotline de la Child Development Unit, ne cesse de sonner. Au moins une fois par semaine, ce numéro dédié aux enfants victimes de violence reçoit l?appel d?un écolier agressé par ses camarades de classe. « Les bagarreurs agissent en groupe. Ils sentent la faiblesse de leur victime et en abusent », explique un responsable de ce service créé en 2003. Quatre Family Welfare and Protection of Children Officers se relaient 365 jours par an, 24 heures sur 24. Ils sont à l?écoute d?un public constitué principalement d?enfants. La honte en décourage plus d?un d?appeler. Pourtant, « au téléphone, l?anonymat aide à briser le silence, poursuit notre interlocuteur. Surtout, la parole permet de commencer à se débarrasser de l?image de bouc émissaire collée par les autres élèves ». Après la phase d?écoute, les intervenants ont pour mission d?orienter la victime. La police ou un psychologue prend éventuellement le relais.
Certains appels laissent des souvenirs. Une oreille du 113 se souvient : « C?était un tout jeune garçon Sa voix tremblotait, il était paniqué. Au fil de la discussion, j?ai compris qu?il était devenu le souffre-douleur de sa classe. Il avait une peur bleue des autres élèves. Par crainte de représailles, il ne s?était jamais confié à un adulte. Il a fini par accepter notre visite.
Une équipe de spécialistes l'a rencontré, chez lui, un soir après l?école, avec sa mère. Tout est rentré dans l?ordre : l?enfant a retrouvé le sourire. »
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