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Le rapport qui dit toute la vérité

10 juin 2007, 00:00

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Il y a les perceptions, puis il y a la réalité des chiffres. Un rapport commandité par un groupe de cinq promoteurs d?Integrated Resorts Schemes (IRS) sur l?aspect économique de ces projets établit quelques faits et dissipe, aussi, au passage, certains mythes sur ces méga-projets de plusieurs milliards de roupies.

Écrit par l?économiste Pierre Dinan, le rapport quantifie précisément la distribution des recettes des ventes de villas IRS. « La tentation est grande d?arriver à la conclusion hâtive que les recettes provenant d?un projet IRS sont automatiquement importantes », écrit l?auteur. Pour cela, il se fonde sur les chiffres fournis par les promoteurs d?IRS qui ont déjà démarré leurs travaux et effectué des ventes de villas. Ainsi, on apprend, comme le montre le graphique ci-contre, que l?essentiel du prix de vente d?une villa sert à financer? sa construction.

Des revenus de Rs 4,56 milliards pour l?État

En effet, 58,5 % du prix de vente va aux contracteurs. Et contrairement à ce que l?on aurait cru, c?est l?État qui est le deuxième plus grand gagnant dans l?opération. Ainsi, sur la vente d?une villa à un million de dollars, l?État empoche près de Rs 6 millions, et ce, à titre de diverses taxes : enregistrement, transfert et conversion de terres, et taxe sur la valeur ajoutée. Le promoteur, dans ce cas de figure, réalise une recette de Rs 3,8 millions. Desquelles il lui faut soustraire ses propres frais d?opération et de développement.

Le prix minimal de vente des villas IRS doit être de 500 000 dollars (Rs 16 millions) d?après la loi. Or, selon l?étude, les villas vendues jusqu?ici se situent dans une fourchette de Rs 30 millions à Rs 85 millions. En se basant sur ces données, Pierre Dinan estime que la vente annuelle de 500 villas pourrait signifier des revenus de Rs 4,56 milliards pour l?État. Selon certaines estimations, sur le moyen terme, ce sont près de Rs 10,3 milliards que le Trésor pourra encaisser.

Le rapport quantifie également les dépenses quotidiennes d?un High Net-worth Individual (HWI) appelé à occuper une villa IRS. Ainsi, alors qu?un touriste dépense en moyenne Rs 4 074 par jour, les occupants d?une villa IRS devraient, quant à eux, débourser Rs 6 111 quotidiennement. Pour un séjour de 180 jours par an, c?est près de Rs 1,1 million que chaque villa injectera directement dans l?économie locale. Soit des entrées en devises de Rs 550 millions par an pour chaque groupe de 500 villas.

Le rapport identifie également le potentiel de création d?emplois avec l?implantation des IRS. Mais il prévient aussi les promoteurs de la nécessité d?impliquer les villages avoisinants dans le développement, afin de leur faire profiter pleinement des implantations, en se dotant, pour ce faire, de moyens financiers adéquats pour mettre en ?uvre cette politique.

« Les bénéficies peuvent inclure, entre autres, l?alphabétisation, la formation professionnelle, l?essor de l?entrepreneuriat, une exposition aux langues étrangères? et la lutte contre les fléaux sociaux comme l?alcoolisme, la toxicomanie, les problèmes familiaux, le jeu et la prostitution », note Pierre Dinan.

L?étude identifie toutefois une série de risques et de menaces qui planent sur le secteur IRS. D?abord des éléments qualitatifs. Ainsi, la nécessité pour les IRS d?offrir une qualité de construction et de service irréprochables, et aux standards internationaux est réitérée. Et ce, afin de résister à la concurrence de pays comme Les Seychelles, les Émirats arabes unis, l?Afrique du Sud, ou même l?Inde.

La conclusion procède du bon sens

« Il y a le risque d?amendements aux lois et de règlements qui auraient un impact négatif sur les coûts et autres facteurs importants. Un client pourrait fuir si les conditions changent significativement », prévient Pierre Dinan. En précisant que le coût, et donc la viabilité des IRS, pourrait également être fragilisé si jamais le gouvernement décide de forcer les promoteurs à financer des d?infrastructures publiques (eau, électricité, routes) coûteuses qui n?ont pas un lien direct avec les projets IRS.

Le risque d?une mauvaise perception à l?égard des acheteurs de villas IRS est également évoqué. « Ils peuvent être vus comme envahissants et déstabilisants pour le marché immobilier local. Bien que, en fait, il ne leur est permis d?investir que dans des projets bien réglementés », note le rapport, qui rejette par ailleurs la possibilité d?une bulle spéculative sur le marché immobilier à Maurice. « S?il y a une bulle puis un éclatement, cela n?affecterait nullement le marché immobilier local car les IRS en sont séparés », tempère l?auteur du rapport.

La conclusion générale procède du bon sens. « Le soutien officiel doit demeurer le même? et il faudra mettre en place une bonne redistribution des bénéfices des IRS. Non seulement à travers les taxes prescrites dans les lois, mais aussi à travers un système de contribution volontaire pour l?éradication de la pauvreté et le développement des villages. » Une recommandation qui ne demande qu?à être suivie par le gouvernement et les promoteurs?

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