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Mgr Piat et le «grincement des structures existantes»

9 juin 2007, 00:00

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À chaque rencontre publique entre le ministre de l?Éducation, Dharam Gokhool, et les dirigeants de l?éducation catholique, les deux camps sont particulièrement attentif au discours de l?autre. Habituellement, l?on peut noter quelques savants sous-entendus et parfois même des allusions directes.

Hier, à l?occasion de l?inauguration du collège Bon et Perpétuel Secours (BPS) de Goodlands, les principaux protagonistes n?ont pas vraiment dérogé à la tradition, même si les humeurs étaient plutôt aux échanges de politesses, la crise du A+ au Certificate of Primary Education et de la création des neuf collèges d?élite, qui avait secoué le secteur l?an dernier, étant derrière nous.

Cette année, c?est le refus officiel du ministère de l?Education de participer à l?introduction de la langue maternelle comme outil pédagogique dans les salles de classes. Il y a quelques mois, le ministre a en effet dit non à ce projet signé Bureau de l?éducation catholique (BEC). Ce refus a en même temps étonné et déçu. Du coup, le BEC sera seul à introduire le kreol comme outil pédagogique au primaire en 2009 sur une base pré-pilote.

Mgr Maurice Piat n?a pas manqué d?y faire allusion durant son homélie à l?occasion de l?inauguration hier. «Dans l?éducation, une chose fondamentale est que les élèves aient goût de venir à l?école. Pour qu?ils aient du goût, il faut que les enseignants aient du goût aussi pour enseigner. Et pour qu?on ait du goût il faut respecter la personne, la ou les cultures des élèves et respecter leur langue qui doit être valorisée.» Mais, ajoute l?évêque de Port-Louis, «respecter la culture et la langue va parfois faire grincer les structures existantes. Il faut qu?à Maurice nous puissions sortir des ornières».

Déplorant que «notre système produit 50 % d?échec chaque année», il regrette qu?«on se gargarise du fait que tout le monde a une place dans les écoles». Alors que, selon une enquête récente, 70 % des offres d?emplois demandent un HSC minimum, «70 % des sans emploi n?ont même pas de School Certificate».

Le ministre Gokhool n?était pas présent au moment de l?homélie, Conseil des ministres oblige, mais à l?heure de la visite guidée, les deux personnalités n?ont pas vraiment fait de grands efforts pour être vues ensemble. Se disant «extrêmement heureux que des écoles s?occupent d?élèves de contextes différents», il a noté les «débuts très humbles» du BPS Fatima de Goodlands. Il «soutient totalement le progrès de BPS», connu comme un des établissements secondaires «enba pié» du BEC.

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