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Un job pour tous d?ici sept ans, promet Rama Sithanen

7 juin 2007, 00:00

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Un job pour tous d?ici sept ans, promet Rama Sithanen

Résorber le chômage dans les sept prochaines années. C?est l?objectif que se fixe le vice-Premier ministre et ministre des Finances, Rama Sithanen. Ce dernier était l?invité principal d?une émission sur le budget à la télévision hier soir.

Le grand argentier s?est montré très optimiste sur les perspectives de croissance des différentes activités économiques. ?Notre objectif est de donner un travail à tout le monde dans six à sept ans.? Pour y parvenir, il faut pouvoir doubler la richesse nationale durant cette période. Le ministre des Finances insiste sur la nécessité de maintenir le cap des réformes dans le prochain budget dans le but de donner plus de tonus à l?activité économique et pour attirer davantage d?investissements privés.

Face aux journalistes sur le plateau qui lui demandaient si le prochain budget aurait une composante beaucoup plus ?sociale? que celui de l?an dernier, le grand argentier a systématiquement ramené le débat autour de la question de croissance économique : plus d?investissement amènera plus de croissance qui à son tour va générer davantage de jobs et conséquemment améliorer la qualité de vie de la population.?Il n?y a pas 25 solutions. Pour atteindre ces résultats, il nous faut réaliser un taux de croissance de 7 %.?

La création des nouveaux emplois se fera à tous les niveaux de compétences, maintient Rama Sithanen. Les chercheurs de travail peu qualifiés bénéficieront d?une formation pour qu?ils puissent devenir employables dans les secteurs émergents.

Le gouvernement, dit-il, met tout en place pour partager les fruits des réformes économiques entre l?ensemble de la population. Dans le même souffle, les autorités veulent élargir l?espace des affaires afin qu?un plus grand nombre d?opérateurs, les petites et moyennes entreprises en l?occurrence, puisse participer à la création de nouvelles richesses.

<B>Participation du privé </B>

Dans la même optique, le ministre a fait état de l?intention du gouvernement de faire participer les planteurs et les salariés de l?industrie sucrière aux nouvelles filières de la canne, à savoir, la production d?énergie, les raffineries et les distilleries.

Autant le ministre des Finances a dit son optimisme pour retrouver une croissance forte dans les secteurs productifs, autant il a laissé transpirer son inquiétude concernant l?état des caisses publiques. Le service de la dette absorbe près d?un quart des revenus de l?État. Il ne reste que peu de ressources pour investir dans le budget de développement.

Rama Sithanen a indiqué que le secteur privé sera appelé à participer davantage dans la santé et dans l?éducation tertiaire.

<B>JEC : la lenteur des réformes nuit</B>

L?année financière 2006-07 prend fin avec un bilan économique mitigé. Les retards dans les réformes nuisent à la compétitivité de l?économie et freinent l?investissement. C?est du moins le constat du Joint Economic Council (JEC) exprimé dans un mémoire soumis au ministère des Finances, Rama Sithanen, dans le cadre des consultations pré-budgétaires.

?Le budget est l?instrument par excellence du gouvernement pour démontrer la direction de la gestion de l?économie. Le JEC estime que le budget devra maintenir les restructurations enclenchées, et même renforcer les réformes dans les infrastructures et dans le cadre régulateur?, explique Raj Makoond, le directeur du JEC. ?Il faut aussi compléter les changements structurels dans le marché du travail et maintenir le support aux groupes vulnérables notamment à travers l?Empowerment Programme dont le secteur privé est partie prenante.?

L?industrie sucrière, le système de transport public et les facilités portuaires sont parmi les dossiers jugés urgents mais auxquels les solutions manquent. ?La compétitivité de l?économie dépend aussi des logistiques compétitives?, souligne Raj Makoond.

Le JEC identifie plusieurs handicaps qui empêchent le pays de réaliser son potentiel d?investissement : une bureaucratie gouvernementale inefficace, des lois du travail contraignantes, les difficultés d?accéder aux financements et l?absence d?une main-d??uvre suffisamment qualifiée.

Le taux d?investissement actuel (investissements mobilisés par rapport au produit intérieur brut) est de 24 %. ?Il faut rehausser ce taux à 30 % au moins pour qu?on puisse générer une croissance supérieure à 6 %. Environ 80 % des investissements devront venir du secteur privé?, avance le directeur du JEC.

La principale organisation de la communauté des affaires avait chiffré le potentiel d?investissement dans les secteurs émergents à Rs 160 milliards pour la période 2006 à 2011. Elle estime qu?il faut encore améliorer le climat des affaires afin de pouvoir atteindre cet objectif.

Les mesures annoncées dans le cadre du Business Facilitation Act ne sont pas encore bien assimilées par l?administration publique. Il faudra intégrer davantage les dispositions de la loi dans l?environnement quotidien du business.

<B>Processus de privatisation</B>

Le JEC s?attend à ce que le budget envoie les signaux solides en faveur d?un renforcement du cadre régulateur notamment par rapport à la politique aérienne, l?énergie, les télécommunications, le Private Public Partnership et le dumping. Il souhaite également voir une feuille de route sur la privatisation de certaines activités des organismes parapublics tels le Central Electricity Board et la Central Water Authority. Le porte-parole du secteur privé soutient aussi qu?il faut poursuivre le processus de privatisation d?Air Mauritius et de Mauritius Telecom, deux sociétés dans lesquelles l?État détient des parts majoritaires.

Le JEC est d?avis que les Petites et moyennes entreprises (PME) devront avoir un meilleur accès aux capitaux. À cet effet, il préconise la mise en place d?un credit information bureau. Une telle agence permettra aux institutions financières de mieux gérer les risques et d?améliorer l?allocation des ressources vers les PME qui ont des projets viables.

Sur le plan des finances publiques, le JEC invite le gouvernement à considérer plus sérieusement le financement des projets d?infrastructures par des financements conjoints public-privé.

L?organisation des opérateurs exprime aussi ses inquiétudes sur les difficultés financières de plusieurs agences parapubliques. Elle suggère que le gouvernement poursuive sa politique d?assainissement entamée depuis l?année dernière avec la fermeture de la Development Works Corporation.

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