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La productivité portuaire toujours en baisse
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La productivité portuaire toujours en baisse
Les opérations de la Cargo Handling Corporation (CHC) sont toujours cause de soucis. La congestion provoquée dans le port par des conditions climatiques particulières a été la cause de bien des problèmes. Actuellement, le taux de productivité n?atteint pas le niveau souhaité.
La Banque mondiale (BM) a déjà établi ce niveau que la CHC doit atteindre. Il est défini dans le contrat de concession signé entre cette corporation et la Mauritius Ports Authority (MPA) et doit être de 18 mouvements à l?heure par portique en moyenne. Dans les milieux de la CHC, on soutient que le mouvement atteint, actuellement, le niveau 17 +.
Une opération effectuée est considérée comme un mouvement. Ainsi, si un conteneur est déchargé et un autre est chargé à bord d?un navire, il est décompté deux mouvements au total. En janvier et février derniers, les mouvements étaient de 18,2 et de 18,1 respectivement. Mais en mars et avril, ce nombre est tombé à 16 environ. Quant à la productivité des navires, les chiffres ont baissé de 26,4 à 18,3 entre janvier et avril. Alors même que le niveau de productivité d?un port efficient est normalement de 20 à l?heure.
Dans le but d?accroître la productivité du port, Port-Louis bénéficiera de l?expertise de deux partenaires stratégiques. Une section de la BM, l?International Finance Corporation (IFC), sera appelée à étudier un processus pour la sélection de ces partenaires stratégiques. Cette étude doit être complétée en moins d?un an. ?Mais il faut savoir qu?il y a trois types de productivité : celle au port, celle à quai et celle des grues. Les ports travaillent selon le principe des moyennes?, dit Jacques Faustin, directeur général adjoint de la CHC.
José François, président de la Port Louis Harbour and Docks Workers Union (PLHDWU), ajoute, pour sa part : ?N?y a-t-il pas une stratégie bien définie pour blâmer la performance du port à n?importe quel prix, pour faciliter le retour du secteur privé dans le port le plus vite possible, sans que la sécurité d?emploi des travailleurs du port ne soit prise en considération ? S?il y a eu des problèmes techniques ou d?ordre naturel, notamment avec les conditions climatiques, les travailleurs ne sont pas à blâmer.?
À la CHC, on soutient que la productivité devrait augmenter avec l?entrée en opération de deux nouveaux portiques en novembre et d?autres équipements commandés pour faire face à la croissance du trafic maritime. ?Il est dommage que les deux nouveaux portiques ne soient pas arrivés à Port-Louis bien avant. Il y a eu malheureusement des problèmes autour de l?appel d?offres. Il y a eu les travaux d?une commission d?enquête sur cette question. Tout ça a causé du retard dans les commandes de la CHC?, souligne José François.
Regrouper leurs exportations
Le retard dans l?arrivée de ces deux portiques, la congestion portuaire et le niveau de productivité insuffisant ont poussé des navires à éviter de faire escale à Port-Louis. Ils ont préféré décharger des conteneurs de matières premières, destinées à Port-Louis, dans d?autres ports de la région. L?exportation de produits textiles et de mer, particulièrement le thon en conserve, a aussi été perturbée.
?Il y a une bonne volonté de part et d?autre pour trouver des solutions à long et moyen termes, pour que les exportateurs puissent obtenir un meilleur service?, dit Ariff Currimjee, directeur de la compagnie textile Vieo Industries Ltd et membre de la Mauritius Export Association (MEXA). Lors d?une réunion à la fin de la semaine dernière entre la CHC et la MEXA, la corporation a proposé, comme solution immédiate, que les exportateurs de textile de la zone franche s?organisent pour regrouper leurs exportations sur des navires spécifiques.
?Dans cette optique, la MPA donnerait priorité de mise à quai à ces navires, dans un esprit d?intérêt national. La CHC garantirait deux grues portiques et un certain niveau de productivité à ces navires, pour assurer qu?ils pourront éventuellement faire la connexion à temps avec les navires de rembarquement dans les ports en Asie ou ailleurs?, précise Jacques Faustin.
Au cours de cette réunion, les exportateurs ont souligné que leur priorité est le respect des délais de livraison fixés par leurs clients en Europe. D?autant plus que depuis mars, il n?y a plus de service maritime direct avec l?Europe. Toutes les lignes desservant Maurice transbordent les produits mauriciens destinés à l?Europe dans des ports d?Asie.
Les grincements de dents des exportateurs ont poussé la CHC à mettre à contribution le terminal conventionnel. Il s?agit d?une mesure prise pour débloquer la situation, bien que ce ne soit plus la vocation première de cette corporation.
La MPA veut faire des investissements pour convertir le terminal conventionnel en un terminal à conteneurs. Il est même question que ce terminal conventionnel soit équipé de deux portiques au moins. Il entrera alors en compétition avec le Mauritius Container Terminal.
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