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Les produits dérivés, l?avenir du sucre

4 juin 2007, 00:00

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L?industrie sucrière se redéfinit. Avec la baisse du prix du sucre de 36 % et la concurrence à l?échelle mondiale, elle doit diversifier ses produits. L?île Maurice se tourne vers la raffinerie du sucre et les produits dérivés à valeur ajoutée. ?Les jours du sucre roux sont comptés?, confirme Arvin Boolell, ministre de l?Agro-industrie. L?éthanol, le rhum agricole, les sucres spéciaux ou encore les parfums sont de ces produits qui feront partie de la renaissance du secteur sucrier si leur développement est viable.

La production d?éthanol est un des produits vers lesquels les sucriers pensent se tourner. Il est déjà produit par Alcodis, une compagnie aux origines non sucrières. Savannah et FUEL sont les deux groupes sucriers qui en planifient maintenant la production. La création d?une distillerie a aussi fait partie du projet de Savannah, dont la centrale bagasse-charbon a déjà été mise en place.

Recherches sur les arômes

Les propriétés de Médine et de St.-Aubin se sont quant à elles tournées vers la production du rhum agricole. Celle-ci a été initiée depuis plusieurs années. Contrairement au rhum industriel, le rhum agricole est le produit de la fermentation et de la distillation du jus de la canne à sucre. Le rhum industriel, quant à lui, est fait à base de mélasse.

Le créneau du rhum est de plus en plus exploité. La compagnie Grays Co. Ltd, en partenariat avec le groupe Quartier Français, a aussi lancé un rhum depuis novembre dernier, le rhum New Grove.

Du côté de St.-Aubin, la production du rhum agricole se fait depuis 2003. Il a été commercialisé à partir de 2004. ?Nous avons, à base de rhum agricole, le rhum épicé ainsi que le rhum blanc qui est à 40 % d?alcool au lieu de 50 % comme c?était le cas avant?, explique Jacques Bourrelly, directeur du marketing de St. Aubin Ltée. L?entreprise produit 125 000 bouteilles de rhum, soit 40 000 litres annuellement.

Pour l?instant, ses produits sont surtout destinés au marché mauricien. Mais le potentiel pour l?export exerce aussi un attrait indéniable. L?Inde, par exemple, est un marché vers lequel Maurice pense se tourner. Une mission menée par Enterprise Mauritius, avait, en février, servi à établir des liens avec le marché indien. ?Nous prospectons toujours. Jusqu?à l?heure, nous n?avons pas finalisé un accord mais nous avons déjà identifié quelqu?un en Inde qui ferait la liaison?, spécifie Jacques Bourrelly.

D?autres produits tels que le punch peuvent aussi être dérivés du rhum. Le potentiel d?exploitation du rhum agricole et du rhum industriel reste très vaste. Les variétés mêmes de produits sont innombrables et peuvent être perfectionnées. Le Mauritius Sugar Industry Research Institute (Msiri), par exemple, effectue de la recherche sur les substances aromatiques pouvant améliorer la qualité du rhum et augmenter la palette de variétés. Reste cependant à pénétrer les marchés demandeurs.

L?industrie sucrière mauricienne devrait aussi développer la production de sucres dits ?spéciaux?. Nous en commercialisons actuellement 19 types. A hauteur de 85 000 tonnes par an, les sucres spéciaux ne représentent qu?un peu plus de 15 % de la production annuelle de sucre de pays. ?Ces sucres spéciaux à forte valeur ajoutée sont principalement destinés à l?export?, confirme Jean Noël Humbert, directeur du Syndicat des sucres.

Esprit d?entreprise

D?innombrables types de produits peuvent être dérivés de la canne à sucre. Si, à ce jour, les acteurs locaux ne se sont tournés que vers quelques-uns de ces produits, c?est principalement dû au facteur rentabilité. Mais au-delà de l?éthanol et du rhum, les possibilités sont cependant multiples et variées.

Le Msiri effectue de la recherche par rapport aux divers produits qui peuvent être à base de canne à sucre. ?Nous avons déjà produit à l?échelle de laboratoire du plastique biodégradable à base de bagasse. La prochaine étape sera de faire le produit pilote au cours de la prochaine année financière?, explique Jean Claude Autrey, directeur du Msiri.

L?innovation et l?esprit d?entreprise sont donc, maintenant plus que jamais, des atouts majeurs si le secteur sucre doit survivre.

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