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Le triomphe des petits pays

3 juin 2007, 00:00

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Le rideau est tombé dimanche dernier sur le 60e Festival de Cannes. La prestigieuse Palme d?Or a été décernée à Cristian Mungiu, cinéaste roumain pour son drame Quatre mois, trois semaines et deux jours.

Gilles Jacob, le président du Festival de Cannes, avait annoncé la couleur. « Cette année, nous avons voulu mêler héritage et modernité, grandes signatures et jeunes pousses.» Si Gus Van Sant, auréolé du Prix du 60e anniversaire, après sa Palme d?or en 2003 pour Elephant, est venu sauver l?honneur des anciens, le palmarès de ce 60e festival, présidé par le cinéaste britannique Stephen Frears, est venu couronner les jeunes pousses et les petits pays. « J?espère que cette récompense reçue ce soir sera une bonne nouvelle pour les cinéastes des petits pays car cela veut dire apparemment qu?on n?a pas besoin d?un gros budget et d?une floppée de stars,» pour taper dans l??il de Cannes, devait déclarer Cristian Mungiu, 39 ans, après avoir décroché sa Palme d?or.

Ce dernier, cinéaste du nouveau cinéma roumain, a été doublement heureux car son compatriote Cristian Nemescu a décroché le Prix Un certain regard, la section non-compétitive de la sélection officielle pour California Dreamin?. Quatre mois, trois semaines et deux jours, plante son décor dans la Roumanie de Ceaucescu où l?avortement est illégal. Gabita, jeune étudiante enceinte va se faire avorter malgré les conjonctures, grâce au soutien de sa camarade de chambre. Avec force et conviction, le jeune réalisateur a brossé un étonnant portrait de femmes dans une sélection cannoise qui en comptait déjà beaucoup. L?actrice sud-coréenne Jeon Do-yeon, Prix de l?Interprétation féminine a elle aussi été bouleversante dans son interprétation de femme écrasée par le malheur dans Secret Sunshine. Ce film, réalisé par Lee Chang-Dong, est l??uvre de l?ex-ministre de la Culture coréen. Le Japon a brillé lui aussi. Après que Riyo Mori, une Japonaise eut décroché le titre de Miss Univers, la Japonaise Naomi Kawase a rehaussé l?image de marque du Japon. Après avoir décroché La caméra d?or en 1997, prix qui récompense une première ?uvre cinématographique, Naomi Kawase a confirmé qu?elle est désormais installée au panthéon des meilleurs cinéastes au monde en décrochant le Grand Prix de ce 60e festival, la distinction la plus importante après la Palme d?or, pour son ?uvre d?une douceur absolue : La forêt de Mogari.

Projetée presque en clôture du festival, cette histoire d?amitié entre un vieux monsieur et une jeune fille a ému par la beauté de ses images tournée en pleine nature.

« Mon film est très japonais. Ce Grand Prix me permettra de montrer ce qui est réellement important. Je n?ai pas de message important, s?il y en a un, il s?adresse au monde entier, à savoir que les choses invisibles sont aussi importantes que celles qui sont visibles. »

C?est un Allemand, Faith Akin, qui est reparti avec le Prix du scénario, tandis que le Mexique est reparti avec le Prix du jury, ex-aequo avec Persépolis, le long-métrage animé de Marjane Satrapi et Vincent Paronnaud, dédié « à tous les Iraniens. » Le Prix de la mise en scène a été décerné au cinéaste et peintre américain Julian Schnabel, pour le film français Le scaphandre et le papillon, d?après a biographie homonyme de Jean-Dominique Bauby, l?ancien rédecteur en chef de l?hebdomadaire Elle. Quant aux mastodontes du cinéma américain, les frères Coen, Michael Moore, Quentin Tarantino, ils sont repartis bredouilles. Rendez-vous l?année prochaine pour un autre palmarès.

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