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Le secret de Terabithia

1 juin 2007, 00:00

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On craignait le pire. La bande-annonce laissait appréhender un sous-produit dérivé du Monde de Narnia, alors qu?en fait ce film nous offre quelque chose de bien plus substantiel. Il y a bien dans cette histoire, des créatures magiques et des héros aux pouvoirs spéciaux, mais ces éléments ne sont là que pour donner substance aux thèmes traités par le film. Le Secret de Terabithia, film de Gabor Csupo, est l?adaptation du Royaume de la Rivière, de Katherine Paterson, un classique de la littérature pour enfants. Il ne s?agit n?est pas d?un film fantastique traitant de sorcières et d?épées magiques, mais d?un film sur l?amitié, la fantaisie et le pouvoir de l?imagination. Ce sont là les meilleurs moyens d?échapper à un quotidien pas très joyeux qui est celui des deux jeunes héros de cette histoire.

Lui, Jess (Josh Aarons), est issu d?une famille nombreuse et pauvre dont il se sent plus ou moins rejeté et se fait régulièrement chahuter par ses camarades de classe. Elle, Leslie (AnnaSophia Robb) est la fille unique d?un couple d?écrivains qui ne semblent pas lui accorder beaucoup d?attention. Ils ont tous les deux l?âge de la préadolescence (celui du public visé), chacun des deux est isolé à sa manière et tous les deux s?évadent à travers leur imagination. Ils se créent un royaume imaginaire : Terabithia, lieu mythique évoqué dans un des livres de C S. Lewis. Le quotidien de ces deux enfants n?étant pas aussi horrible que celui de la petite fille du Labyrinthe de Pan, il ne faut pas s?étonner que leur imaginaire n?aille pas chercher très loin ; d?où l?absence de créatures marquant réellement notre imagination, à défaut d?être terrifiantes. En revanche, on appréciera la manière dont le film les montre en train de se construire ce monde dans lequel ils s?évadent.

Il y a d?abord cette étape du ?pourquoi pas ?? qui pour des raisons culturelles (éducation, milieu), est difficile à surmonter pour le jeune garçon. Il y parvient surtout grâce à sa nouvelle amie. Et, pour se construire un imaginaire à deux, il faut en plus de l?imagination, une réelle complicité. Une bonne partie du Secret de Terabithia tourne autour de cette complicité qui s?établit entre les deux enfants, les encourageant à aller plus loin dans un imaginaire qui finit par se refléter dans leur quotidien. Ce sont des moments qui font vibrer des cordes sans jamais forcer sur les émotions et qui, l?air de rien, expliqueront bien des choses aux jeunes spectateurs ? tout en rappelant bien des souvenirs aux plus anciens. Les deux jeunes acteurs, déjà expérimentés, sont très convaincants.

Il va sans dire que ces moments viennent pleinement justifier l?apparition de créatures mythiques et l?usage à bon escient d?imageries numériques. Mais celles-ci restent entièrement tributaires du récit qui finit par prendre une tournure des plus inattendues. En lieu et place du genre d?aventures prévisibles dans un univers imaginaire, survient un événement tragique dans le monde réel. Dans cette dernière partie, le réalisateur Gabor Csupo donne l?impression de s?être contenté d?une plate illustration d?un texte original. Certaines séquences sont maladroites, d?autres sont superflues, avec pour résultat une fin qui traîne un peu en longueur. Il reste que tout cela amène une réflexion intéressante sur le deuil vécu par un enfant et sur le pouvoir salvateur de l?imaginaire. Des sujets ?pour les grands? qui sont ici rendus accessibles à un jeune public. Le Secret de Tarabithia doit peut-être plus au texte original qu?au travail de son réalisateur, mais ce film vaut le détour même si c?est pour le voir avec plus d?indulgence que d?exigence.

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