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Le délai pour la fermeture de trois usines repoussé
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Le délai pour la fermeture de trois usines repoussé
Après plusieurs semaines de tension entre l?Hôtel du gouvernement et la Plantation House, la situation s?est décantée. Car avec la reprise du dialogue entre le gouvernement et l?industrie sucrière, hier, la décision a été prise de repousser le délai pour la fermeture de trois usines, Mon-Trésor-Mon-Désert, Riche-en-Eau et Mon-Loisir.
L?industrie sucrière était dans l?attente de l?autorisation du gouvernement, vu que le délai pour la fermeture de ces trois usines expire aujourd?hui.
La réunion, qui s?est déroulée sous la présidence du Premier ministre, Navin Ramgoolam, a duré environ 90 minutes. Il a été convenu qu?un comité conjoint, présidé par le Premier ministre, se penchera sur des ?questions? qui ont été identifiées lors de la réunion d?hier. Ces enjeux feront objet de discussions plus approfondies lors d?une deuxième réunion prévue demain.
Navin Ramgoolam s?envolant samedi pour la Grande-Bretagne pour une conférence organisée dans le cadre du bicentenaire de l?esclavage à l?université de Hull, les négociations se poursuivront en présence des autres ministres. Et à son retour, le PM devra arbitrer...
?Éliminer les mauvaises perceptions?
Du côté du gouvernement, comme du côté du secteur privé, on insiste sur le fait que la décision de repousser ce délai pour la fermeture des trois usines a été prise ?d?un commun accord?, le temps que les sujets qui font l?objet de divergences entre les deux parties sont réglés.
Car, en contrepartie de la centralisation, le gouvernement souhaite obtenir de l?industrie sucrière entre 1 500 et 2 000 arpents pour des projets d?intégration sociale et des villages pour les petites et moyennes entreprises. Mais comme cette demande pour des terres ne figurait pas dans les conditions initiales pour la centralisation, elle avait provoqué la colère dans l?industrie sucrière.
D?un côté comme de l?autre, on s?accorde à dire que la réunion a permis ?d?éliminer certaines mauvaises perceptions qu?auraient pu avoir le gouvernement ou le secteur privé?.
?La réunion s?est déroulée dans une bonne atmosphère. Nous sommes satisfaits qu?il y ait un processus de dialogue qui a été établi concernant la poursuite de la réforme sucrière?, dit Patrick d?Arifat, président de la Mauritius Sugar Producers Association (MSPA). Selon lui, depuis quelques semaines, plusieurs projets concernant la réforme de l?industrie sucrière étaient en suspens.
?Pendant la rencontre, les questions devant être débattues pour l?avancement de la réforme ont été identifiées?, dit le président de la MSPA. D?ailleurs dans un communiqué émis hier après-midi après la réunion avec le Premier ministre, la MSPA ?estime que cette rencontre a été très positive car elle a eu lieu dans une atmosphère de bonne volonté?.Sentiment partagé par Arvin Boolell, ministre de l?Agro-industrie, qui confirme aussi l?extension du délai pour la fermeture des trois usines. Les principales préoccupations de l?industrie sucrière concernent la centralisation, l?introduction de la semaine de 40 heures, la politique énergétique, la démocratisation de l?accès aux terres, le financement du coût social de la centralisation, et l?application de la deuxième phase de la centralisation.
D?autant plus que l?obtention de l?aide financière de l?Union européenne (UE) comme mesure d?accompagnement pour le secteur sucre dans le sillage de la baisse du prix du sucre de 36 % à partir de 2009 est liée, entre autres, à la centralisation.
Les trois vice-Premier ministre, Rashid Beebeejaun, Xavier-Luc Duval, Rama Sithanen assistaient à la réunion. Outre Patrick d?Arifat, l?industrie sucrière était représentée par Jean Li Yuen Fong, directeur de la MSPA, Joseph Vaudin, Hector Espitalier- Noel, Jacques Forget, Jacques d?Unienville, Arnaud Dalais et Cyril Mayer.
Alain BARBÉ
PROPRIÉTÉ FONCIÈRE
Qui possède les terres ?
■ Mais qui détient réellement la terre à Maurice ? L?État ne détenant que 10 % des terres du pays, c?est le privé qui possède le reste, dont dix familles qui ont 100 000 arpents de canne. Il s?agit des Dalais, Lagesse, Harel, Espitalier Noël, Vallet, Guimbeau, Desveaux de Marigny, De Rochecouste, Mayer, Robert et Rountree. La famille Lagesse, actionnaire dans une centaine de compagnies dont Ph?nix Beverages Ltd, IBL, FUEL, Jumbo Score, Spar possède plus de 15 000 arpents sous culture de canne, dans le Nord à Belle-Vue et l?Est, à Fuel. Les Espitalier-Noël, gros actionnaires de Rogers Group, ex-Desbro, Portland Cement, Air Mauritius, possèdent près de 14 000 arpents de cannes, de Bel-Ombre à Mon Désert-Alma. La famille Harel, du groupe Harel Mallac, propriétaire de la centrale thermique de Belle-Vue détient près de 10 000 arpents sous canne à sucre à Belle-Vue, Mon-Choisy, Beau-Plan et des terrains à bail en bord de mer. On compte également les familles De Rochecouste, de Riche-en-Eau, avec 6 000 arpents de canne et, Guimbeau, à Saint-Aubin, avec 2 000 arpents. Au total, ces familles possèdent quelque 100 000 arpents sous canne et 35 000 arpents qui sont des chasses, des terrains en bordure de montagnes ou de mer. Les terres sous canne appartenant aux autres planteurs (petits moyens et autres gros) représentent 55 000 arpents. Les 68 autres gros planteurs possèdent en moyenne 140 à 200 arpents sous culture de canne, à l?image des familles Gujadhur, Prayag, Chattaroo, Roy, etc.
Bernard SAMINADEN
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