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M. Velvindron, ferblantier devenu chef d?entreprise

30 mai 2007, 00:00

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Nous connaissons tous ces démagogues, ou encore ces idéologues, allergiques à tout ce qui ressemble de près ou de loin à un entrepreneur, à un chef d?entreprise, à un patron, ou pire encore à un capitaliste, adepte de l?exploitation de l?homme par l?homme, bref une sorte de néo-négrier mais aussi un créateur d?emplois. N?avons-nous pas entendu l?un d?entre eux se vanter devant d?accommodantes caméras de télévision de n?avoir jamais recruté quelqu?un et de ce fait de n?avoir jamais créé un emploi pendant sa longue carrière professionnelle.

Ces bons apôtres oublient seulement que tous les entrepreneurs ou chefs d?entreprise ne sont pas nés avec des promesses de limousines dans leur berceau. Nombre d?entre eux ont d?abord été des ouvriers recrutés au bas de l?échelle, de simples man?uvres qui ne doivent leur promotion sociale qu?à eux-mêmes, à leur persévérance, à leur ténacité, à leur volonté de grimper dans l?échelle sociale, de prouver à tous, à commencer par eux-mêmes, le potentiel qui bouillonne en eux.

En mai 1982, notre presse écrite choisit de monter en épingle la réussite exemplaire du ferblantier Anallon Velvindron devenu depuis chef d?entreprise. On peut difficilement faire mieux. Entré en ferblanterie comme simple apprenti à l?âge de 17 ans, le voilà à 55 ans, chef d?entreprise, et heureux propriétaire d?un vaste atelier à Pailles, l?employeur de 22 chefs de famille, n?en déplaise à tous les démagogues se vantant de n?avoir pas créé un seul emploi de peur qu?on les confondent avec ceux qui exploitent des hommes.

Jeune, Velvindron a connu les affres de la misère. Il a dû bosser dur pour se faire une place au soleil. Il naît dans une famille pauvre où le père a fort à faire pour nourrir ses huit enfants. Rien d?étonnant donc qu?Anallon cesse ses études à l?âge de 12 ans. Il bricole, ici et là, jusqu?en 1945, quand, à l?âge de 17 ans, il prend de l?emploi chez un ferblantier de Port Louis. Il ne choisit pas particulièrement ce métier. Il est disponible. Il n?est pas en mesure de faire le difficile. Il est temps d?ailleurs car, l?année suivante, Anallon perd père et mère et devient principal soutien de famille de ses frères et s?urs. Il touche alors une roupie et cinquante sous par jour et il doit faire vivre les huit membres de la maisonnée avec cette somme. Ils doivent se résoudre à un seul repas par jour. Ce régime draconien dure un lustre.

Les appréhensions et charges familiales n?empêchent pas le jeune Anallon de penser à son avenir. Il économise sou par sou et parvient, au bout de dix ans d?apprentissage, d?avoir son propre atelier de ferblanterie, sise rue La Reine, dans le centre commercial du Port-Louis. Ses voisins commerçants le trouvent sympathique et les commandes affluent rapidement.

Anallon ne craint pas le travail. S?ajoute à cela son plaisir de satisfaire au plus vite ses clients et amis. Il prend l?habitude de travailler 12 heures par jour. Avis aux partisans socialistes des 35 heures par semaine. Une douzaine d?années après, il a de quoi acheter un terrain à Pailles. Il y aménage un atelier et crée une compagnie dans laquelle, il investit un millier de roupies.

Il démarre, au moment de l?Indépendance, avec deux apprentis qui travaillent toujours à ses côtés, en1982. Il ne dispose pas alors des fonds requis pour acheter les machines qui pourraient lui faciliter la tâche. Qu?à cela ne tienne, son ingéniosité lui permet de les remplacer par des appareils de son cru. Mais dès que l?argent le permet, il modernise son atelier. En 1982, il possède déjà une trentaine d?appareils divers, achetés sur place, en Angleterre ou à Hong Kong, après avoir négocié les meilleurs prix possibles. Pas mal pour quelqu?un n?ayant pu faire ses études secondaires.

En mai 1982, il songe à agrandir son atelier, en construisant notamment un bâtiment à deux étages (15 000 pieds carrés). Il pourra alors employer une soixantaine de personnes, ce qui n?est pas à la portée du premier idéologue, venu malgré tous ses discours.

En mai 1982, Anallon Velvindron peut tout transformer grâce à ses mains de ferblantier. Cageots pour poulaillers, panneaux solaires, classeurs métalliques, malles pour banquiers, trolleys pour usiniers, etc. n?ont plus de secret pour lui. Ce qu?il craint par-dessus tout c?est qu?un politicien, idéologue de surcroît, jaloux de son savoir-faire et de sa réussite méritée, ne vienne lui mettre dans la roue du succès d?affreux bâtons administratifs et règlementaires.

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