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Les « réussites et faiblesses » de Rama Sithanen

27 mai 2007, 00:00

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Le rendez-vous est pris. C?est le vendredi 15 juin que Rama Sithanen, le ministre des Finances, présentera son deuxième budget. Pour le premier exercice, Rama Sithanen avait eu recours à une entrée en matière très alarmiste. En donnant force détails sur les finances publiques dans le rouge, et en indiquant, au passage, que son budget allait être celui de sacrifices.

Pour l?exercice de 2007, Sithanen fait dans la nuance. Délaissant le tableau noir de l?année dernière, il parle désormais en termes de « réussite, travail à accomplir et de faiblesses » sur le plan économique. Les « réussites » économiques sont connues.

Ainsi, Sithanen estime « être en train de gagner la bataille de la croissance ». Le taux de 2,2 % en 2005 est effectivement passé à 5 % en 2006. Ailleurs, c?est le rebond marqué de l?investissement direct étranger (IDE) qui fait s?enthousiasmer le ministre des Finances.

De bonnes performances

« En 2006, nous avons attiré Rs 7,2 milliards d?IDE. Cette année, ce chiffre devrait passer à Rs 10 milliards. C?est là l?une des grandes réussites de notre réforme économique. » Égrenant ses « réussites » Sithanen remarquera également que le taux de chômage baisse, tandis que la création d?emplois se fait à un rythme plus soutenu, et ce, grâce à de bonnes performances dans les secteurs de la zone franche, du Seafood, du textile ou des technologies de l?information et de la communication.

Mais si Rama Sithanen a quelques raisons de se réjouir, il admet néanmoins que des pans entiers de la modernisation de notre économie et de ses infrastructures restent encore à être consolidés. Au chapitre des réformes, celles de notre système de pension de retraite, notamment des lois du travail, restent encore à être bouclées, selon le ministre des Finances. Qui remarque, par ailleurs, que le manque d?infrastructures routières, portuaires, et énergétiques reste un handicap pour le développement économique soutenu du pays. Et de préciser que la manière même d?appréhender le budget de l?État va changer. « Nous allons passer d?une formule ou l?on ne faisait qu?injecter des ressources financières à celle où l?on va surtout déterminer quels objectifs à attein-dre avec ces ressources et évaluer ensuite si ces derniers ont été atteints. »

Une intervention douloureuse

Tout en admettant qu?il y a du tra-vail qui demande à être achevé, Rama Sithanen pointe néanmoins le doigt vers « les faiblesses » de notre économie. Notamment une inflation qui a dépassé la barre des 10 % cette année, et une roupie qui, après s?être dépréciée de manière accélérée face à l?euro et au dollar, reprend timidement de la vigueur. À ces problèmes surmontables, Rama Sithanen oppose ceux qui nécessiteront une intervention potentiellement douloureuse du gouvernement.

Comme souvent, c?est le Fonds monétaire international qui se charge de nous rappeler les plus lourds handicaps de Maurice : un déficit budgétaire et une dette dangereusement élevés. Ce qui amène Sithanen, comme l?année dernière, à essayer d?identifier les décisions susceptibles d?atténuer ces handicaps.

Cette année encore, les possibilités demeurent peu alléchantes. Quand on sait qu?il s?agit, éventuellement, d?élargir l?assiette de la taxe sur la valeur ajoutée ou encore de rendre une partie des services hospitaliers et universitaires payante.

L?équation reste irrémédiablement la même. Rama Sithanen devra trouver le moyen de financer adéquatement les secteurs essentiels comme l?éducation, la santé ou les prestations sociales, tout en contenant les dépenses de certains ministères et en trouvant de nouvelles ou plus importantes recettes par ailleurs. C?est le 15 juin que nous saurons comment Sithanen compte exécuter ce numéro d?équilibriste.

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