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Un bijoutier dans la serre

24 mai 2007, 00:00

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Jayram Gunnoo, n’est pas pressé : il a beaucoup d’ambition. Il suffit de jeter un coup d’œil sur son parcours professionnel pour s’en convaincre. Agé de 47 ans, cet habitant de La Flora a changé radicalement le cours de son avenir en quittant son métier de bijoutier pour retourner à la terre où il cultive la tomate et le poivron selon la méthode culturale hydroponique.

A 17 ans, Jay quitte les bancs de l’école après avoir terminé ses études secondaires. Comme tout jeune, il veut aider sa famille pour faire bouillir la marmite en travaillant. Confronté à un marché de travail trop pauvre pour absorber les nombreux nouveaux demandeurs d’emploi à cette époque, il n’a pas le choix, c’est la débrouille à droite et à gauche.

Il reçoit en 1978 sa première offre chez Adamas à Floréal, une entreprise spécialisée dans la fabrication de diamants.

Il découvre avec Edley Simon, son ex-patron, un tout nouvel univers : manipuler, tailler et polir des pierres précieuses qui seront vendus sur le marché local et international.

“C’était fascinant, passionnant !”. Après quelques années passées au sein de cette entreprise, le bijoutier veut aller encore plus loin en se perfectionnant. Il profite des stages qui lui sont offerts à l’étranger en plusieurs occasions.

Il n’abandonne toutefois pas l’idée qu’il caressait depuis sa plus tendre enfance : cultiver des légumes sur une grande superficie et se mettre à son propre compte.

“Depi mo ti zenfan mo ti kontan travay la later”.J’étais heureux d’exercer mon métier de bijoutier. J’ai dû le quitter pour à consacrer plus de temps à ma famille et suivre les études de mes enfants ”.

Ayant soumis sa démission, Jay n’hésite pas seul instant. Il sollicite l’aide de la Banque de développement pour un emprunt et, en même temps, l’Agricultural Research Extension Unit (AREU) pour son savoir-faire dans le domaine hydroponique.

Sa demande agréée, il reçoit une aide financière assez importante pour son projet. Tout en sachant qu’il court le risque de se casser le nez dans un domaine qu’il ne maîtrise pas encore, Jay ne recule pas, il fonce. Sur les conseils de ses parents et de ses amis, il fait appel à une compagnie privée pour la mise en place des structures hydroponiques et d’une serre sur un terrain de 500 mètres dont il a fait l’acquisition à La Flora, non loin de sa maison.

Il tente sa première expérience avec des tomates sous l’œil vigilant d’Amit Prayag, son ami, qui a une très longue expérience en la matière car il a, lui aussi, une serre. “Cela aurait été très difficile sans son aide”, dit-il.

Commence alors pour Jay, un autre exercice. Il se rend chaque matin dans sa serre pour un traitement préventif pour la culture des tomates.

Les plantes commencent alors à donner les premiers bourgeons, premières indications aussi qu’il peut trouver un marché pour écouler ses produits.“C’était très difficile au début. J’ai travaillé dur”, dit-il.

Ayant franchi cette étape difficile, notre interlocuteur tente une deuxième expérience, cette fois, avec la culture de poivrons, très demandés et appréciés par les Mauriciens .

De la bijouterie à l’hydroponique, un changement radical pour lui mais une belle aventure.

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