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La surchauffe

16 mai 2007, 00:00

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lexpress.mu | Toute l'actualité de l'île Maurice en temps réel.

<B>Par Akilesh ROOPUN</B>

Dans un discours public la semaine dernière, le gouverneur de la Banque de Maurice, Rundheersing Bheenick, met en garde contre le danger d’une spéculation foncière et financière que sont susceptibles de provoquer les développements types “integrated resorts scheme” (IRS) notamment.

Le patron de la Banque centrale invite les décideurs politiques à bien mesurer le pour et le contre des investissements dans les IRS. Le flux de capitaux pour financer l’achat des villas de luxe est certes bienvenu surtout en ces moments de déficits extérieurs. Toutefois, on ne peut ignorer les risques de bulles foncières et immobilières perturbatrices qui auraient pour effet de remettre en cause l’objectif même de croissance économique recherché par les investissements directs extérieurs.

Pour l’instant, la spéculation est encore mitigée, même si les terres autour des chantiers IRS commencent à se prêter à la surenchère. Par contre, le point soulevé par le gouverneur concernant le financement des villas de luxe mérite que l’on s’y attarde dans l’immédiat.

Rundheersing Bheenick dit craindre que cet investissement soit en train d’être financé essentiellement par les dépôts locaux et non par les fonds propres des acheteurs. Plusieurs banques commerciales se positionnent de manière agressive sur le marché des IRS. Elles proposent aux futurs acheteurs toute une gamme de solutions financières à cet effet. La Banque centrale commence déjà à s’inquiéter d’une surexposition des crédits bancaires sur le “real estate” au détriment d’autres secteurs productifs.

L’investissement dans les IRS a un effet multiplicateur limité sur l’ensemble de l’économie, en l’occurrence sur la capacité de générer des emplois rémunérateurs. Il serait dangereux de concevoir une stratégie de croissance économique tirée par le “property business”. Un tel scénario voudrait dire que le gouvernement va laisser grimper artificiellement les prix des terres dans l’unique but de stimuler une croissance de courte durée.

La menace qui se profile à l’horizon est la suivante : une spéculation foncière provoquée par les étrangers mais financée par l’épargne locale. Le gouvernement ne peut y rester insensible. Il faut une correction discrète mais efficace de la politique des IRS. Une politique d’aménagement national du territoire s’avère plus que jamais nécessaire pour empêcher la surchauffe des actifs fonciers. L’offre des terres devra être agencée de manière à ne pas laisser le champ libre à la surenchère.

Même Dubayy, un pays des plus libéraux et qui a bâti son succès économique sur le “real estate”, a pris des mesures fortes pour contrer la spéculation en décrétant un contrôle des tarifs des loyers.

Il y a dix ans de cela, les pays du Sud-Est asiatique s’étaient retrouvés dans une crise asiatique après avoir été incapables de gérer des perturbations dans les marchés immobiliers et financiers. Le danger n’est jamais trop loin surtout si les spéculateurs rôdent dans les parages.

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