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Les désaccords État-sucriers bloquent la réforme de l?industrie

15 mai 2007, 00:00

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La restructuration sucrière prend du retard. Les nombreux désaccords entre l?Hôtel du gouvernement et la Plantation House sur des questions vitales liées à la réforme entravent le processus de la réforme. On verra plus clair dans ce dossier à partir de demain lorsque le ministre de l?Agro-industrie, le Dr Arvin Boolell, rencontrera les propriétaires des trois usines qui sont sur le chemin de la fermeture, à savoir Riche-en-Eau, Mon-Trésor et Mon-Loisir.

Les nouvelles conditions exigées par le gouvernement pour autoriser la centralisation du secteur, la semaine de 40 heures et le flou concernant la participation de l?industrie à la production de l?énergie sont autant de sujets de discorde.

La réunion de demain n?a, sur le papier, rien à voir avec ces contentieux (la rencontre concerne au fait l?octroi des terres aux futurs retraités de ces trois usines). Toutefois, le ministre de l?Agro-industrie, Arvin Boolell a indiqué à l?express que les choses pourraient évoluer après ces discussions.

Le décaissement de l?aide financière promise par l?Union européenne pour accompagner la réforme sucrière sera compromis si les retards s?accumulent. Pour l?immédiat, c?est la confusion autour de la fermeture projetée des trois usines qui inquiète le plus. Le gouvernement demande aux sucriers de lui céder 1 500 à 2 000 arpents de terre pour ses projets d?intégration sociale comme une condition à son accord pour approuver l?arrêt des opérations de ces trois unités. Il a donné aux sociétés jusqu?au 31 mai pour octroyer les terres, au cas échéant la centralisation n?aura pas lieu.

La Mauritius Sugar Producers Association (MSPA) s?est opposée à cette requête et a écrit au ministère de l?Agriculture pour obtenir plus d?éclaircissement sur le dossier. Le gouvernement n?a toujours pas réagi à la requête de l?association des producteurs.

Le ministre Arvin Boolell a fait savoir que des réunions informelles au niveau technique entre le ministère et les sociétés sucrières sont en cours pour trouver une solution au problème. ?La demande du gouvernement au sujet des terres est juste et légitime. Il est important de réconcilier le social et l?économie?, souligne le ministre.

Fardeau financier

Celui-ci explique que le ministère est toujours en train d?étudier les réserves de la MSPA sur le dossier des terres et d?autres litiges. Le ministère sera plus à même d?expliciter sa position dans les jours à venir, dit-il.

A quelques semaines de l?ouverture de la coupe, le sort de Mon-Loisir, Mon-Trésor et Riche-en-Eau est toujours incertain. ?Riche-en-Eau et Mon-Trésor n?ont pas effectué des travaux de maintenance et ne sont pas prêts pour entamer une nouvelle campagne de coupe. Si leur demande de fermeture n?est pas agréée, ils seront contraints à rester ouverts mais ne pourront pas rouler. Ils vont devoir payer leurs travailleurs sans rien produire?, affirme Jean Li, le directeur de la MSPA.

La semaine de 40 heures est venue ajouter un nouveau litige dans les rapports entre les deux partis. Le gouvernement a récemment donné son accord de principe sur l?application de la semaine de 40 heures dans l?industrie durant la coupe. Les modalités de cette nouvelle formule restent à définir. Les syndicats souhaitent que leurs membres travaillent durant seulement cinq jours de la semaine (et que le travail du samedi soit rémunéré comme des heures supplémentaires), alors que les patrons, eux, veulent que les quarante heures soient étalées sur six jours.

De toute manière, dit la MSPA, le principe même de la semaine de quarante heures va représenter un fardeau financier additionnel pour les opérateurs à un moment où la réduction des coûts est vitale pour faire face aux baisses de revenus. La semaine de quarante heures de cinq jours coûtera à l?industrie Rs 250 millions par an, tandis que la note pour celle de six jours tournera autour de Rs 30 millions.

Les producteurs sucriers ont également exprimé leur inquiétude par rapport à la nouvelle politique d?énergie du gouvernement. Ils craignent que la nouvelle vision des autorités ne remette en question les centrales thermiques mixtes bagasses-charbon dans lesquelles ils ont investi lourdement et projettent de continuer d?investir dans les prochaines années.

Le gouvernement a énoncé les grandes lignes de sa politique à long terme en matière de production énergétique dans le document Outline of energy policy. Ce rapport est venu affirmer que l?option bagasse-charbon n?est pas une source économique pour produire de l?électricité. Les unités dédiées au charbon sont privilégiées sur le plan de l?efficience.

Les sucriers déplorent que le rapport ne tienne pas compte du fait qu?il existe des technologies qui permettent aux centrales mixtes d?atteindre le même niveau d?efficience que les centrales opérant au charbon exclusivement.

AIDE FINANCIÈRE

Rs 475 millions de l?UE pour démarrer la réforme sucre

■ L?Union européenne (UE) promet de mettre à la disposition de Maurice une enveloppe globale de 11,1 millions d?euros (environ Rs 475 millions) dans le cadre de la restructuration sucrière pour la présente année financière. Cet apport de l?UE est financé à partir d?un budget dédié aux mesures d?accompagnement pour le secteur sucre (d?un montant de 6,5 millions d?euros ? environ Rs 280 millions) et des reliquats du 9e Fonds européen de développement (FED) qui sont chiffrés à 4,5 millions d?euros (environ Rs 194 millions).

Ces aides seront créditées au budget du gouvernement sous forme de support budgétaire. Le support au budget comprend deux composants, à savoir une tranche fixe financée par les mesures d?accompagnement et une tranche variable provenant du 9e FED.

Le décaissement de la tranche fixe dépendra de certaines conditions dites générales dont la stabilité macroéconomique (sur la base des appréciations de la performance économique du pays par la Banque mondiale et le Fonds monétaire international), l?adoption d?une loi sur les marchés publics (?Public Procurement Bill?) et la définition d?une politique d?énergie cohérente.

Le décaissement de cette partie de l?enveloppe devrait être effectué avant la fin de l?année financière.

Le déboursement de financements sous la tranche variable est lui aussi assorti de critères. La fermeture de trois usines (Riche-en-Eau, Mon-Trésor et Mon-Loisir) en est un. La réalisation de cet objectif donne droit à un décaissement à la hauteur de 10 % de la tranche variable (environ Rs 19 millions).

Le deuxième indicateur de performance concerne le ?voluntary retirement scheme? (VRS) de 1 500 travailleurs de l?industrie sucrière. 40 % de la tranche variable, soit environ Rs 78 millions, est prévu à cet effet. Le décaissement est prévu pour le second semestre de l?année.

Un montant similaire est programmé pour le recyclage professionnel des futurs licenciés de la prochaine phase du VRS.

Les travaux d?épierrage de quelque 300 hectares de terre au bénéfice des petits planteurs absorberont les 10 % restants de l?enveloppe.

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