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Une championne pourtant pas prédestinée à la natation

13 mai 2007, 00:00

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Meilleure brasseuse de Maurice, Kelly How Tam Fat règne actuellement sur les piscines, enchaînant les bonnes performances. Ce qui devait arriver est finalement arrivé dimanche dernier au stade nautique Serge Alfred, lorsqu?elle a pulvérisé en deux fois un record vieux de neuf ans de Valérie Duchenne. Désormais c?est son nom qui est inscrit aux tablettes des records du 50m brasse.

Après avoir fixé la marque à 37.05 secondes lors des éliminatoires le matin, elle allait faire encore mieux en finale, réalisant cette fois 36.66. L?ancien record était de 37.38.

Cette belle performance n?est pas tombée comme par hasard, car cela faisait quelques semaines que la sociétaire du Club Natation Sportive menaçait de frapper un grand coup. L?on se souvient de sa performance non-homologuée en petit bassin au 200m brasse, à Rivière-du-Rempart, le mois dernier, son temps de 2:51.30 devant être un nouveau record, ou encore sa performance au 100m brasse à Beau-Bassin une semaine plus tard. Elle devait ce jour-là passer à quelques centièmes d?un autre record de Valérie Duchenne.

La brasse que tardivement

Au vu de ses chronos, il n?est pas impossible qu?elle imite en brasse ce que Gaël Adam a fait en dos, c?est-à-dire détenir tous les records nationaux (50m, 100m, 200m). A ce jour, elle est déjà la détentrice des records des 50m et 200m brasse (2:56.52 réalisé à la piscine Serge Alfred le 10 juin 2006).

Et pourtant, Kelly How Tam Fat n?était pas prédestinée du tout à la natation. « J?ai commencé relativement tard par rapport aux autres. J?avais neuf ans et j?avais fini par faire ce que ma maman voulait toujours, c?est-à-dire que je nage », confie-t-elle.

Pire, les choses ne se passent pas trop bien et la Portlouisienne, gagnée par le découragement, pense arrêter cette discipline. Mais sa mère devait à nouveau insister, lui demandant de faire l?effort d?obtenir une médaille au moins avant de raccrocher. Et finalement elle est venue cette médaille. « C?était à la piscine de Quatre-Bornes et c?était dans une épreuve de dos. Je ne me souviens pas exactement de la distance ni de la date, mais cette première m?a donné envie d?aller en chercher d?autres », explique-t-elle.

Et encore ! Elle n?avait pas commencé à faire la brasse. « Auparavant, un club ne pouvait qu?engager deux nageurs dans une épreuve. Donc, j?étais plutôt engagée dans les épreuves de dos, nage libre et le 4-nages. Ce n?est que dans les trois ou quatre dernières années que je me suis spécialisée en brasse », affirme la nageuse de 19 ans.

Elle a donc fait du chemin en dix ans de pratique, soit depuis qu?elle avait débuté au sein du Tombeau Bay Swimming Club.

Et le dimanche 6 mai 2007, elle ne s?attendait pas du tout à faire tomber le record du 50m brasse.

« Je pensais plutôt faire quelque chose la veille sur le 100m brasse. J?étais un peu déçue de ne pas l?avoir fait et le lendemain je me suis dit que j?allais faire de mon mieux, sans avoir d?objectif précis », raconte-t-elle.

La pression évacuée et nageant pour le plaisir, le chrono allait se révéler une surprise au bout de l?effort.

Maintenant, elle songe aux Jeux des îles de l?océan Indien, sachant très bien que la tâche ne sera pas de tout repos à Madagascar en août prochain.

« Les Réunionnaises sont loin devant. Tout de même, l?envie de bien faire sera là. Je ne veux pas trop me mettre la pression, mais quand même, il y a comme cette obligation de résultat. J?espère de tout coeur être sur le podium », fait ressortir la brasseuse.

Ses examens du Higher School Certificate terminés depuis décembre dernier, elle se consacre pour l?instant à la discipline qu?elle a fini par adopter. « Je vais plus tard songer quoi faire pour mes études universitaires », conclut la championne.

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