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Le patronat s?alarme du manque de main-d??uvre qualifiée

7 mai 2007, 00:00

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Qui dit secteurs en pleine expansion, dit opportunité d?emplois. Mais le taux de chômage demeure élevé. Un contraste qui, selon la Mauritius Employers Federation, mérite attention. Au vu d?une étude effectuée en février, le secteur privé tire la sonnette d?alarme car elle peine à trouver des professionnels pour combler les vacances.

Une projection conservatrice de cette étude, la Vacancy Rate Analysis, indique que plus de 20 000 emplois peuvent être créés annuellement si la tendance des vacances observée en février est maintenue, en moyenne, pendant l?année. ?Le pays a le potentiel de générer des emplois de façon substantielle pour résorber le chômage et cela peut se faire mais à certaines conditions. Nous avons besoin de professionnels?, affirme Azad Jeetun, directeur de la Mauritius Employers Federation (MEF).

En raison de l?inadéquation entre l?offre et la demande sur le marché du travail, plusieurs entreprises peinent à remplir les vacances malgré un niveau élevé persistant du taux du chômage.

Une analyse du profil de ceux à la recherche d?un emploi, enregistrés auprès du Government Employment Service à la fin de janvier, démontre qu?environ 70 % ne détiennent pas un School Certificate et que, de ce nombre, quelque 20 % n?ont pas obtenu de Certificate of Primary Education.

Or, une large proportion des vacances, et en particulier celles dans le secteur des technologies de l?information et de la communication, concerne les catégories où l?on a besoin d?un plus haut niveau d?aptitudes professionnelles. La tendance pour une plus grande demande de main-d??uvre éduquée s?accentue.

Ainsi, dans 70 % des vacances où les qualifications requises sont spécifiées, les employeurs demandent au moins un Higher School Certificate aux candidats. Environ 15 % des employeurs demandent une qualification technique. Et c?est seulement dans 3 % des cas que les qualifications inférieures au SC sont acceptées.

L?étude souligne qu?il est ?urgent? que des actions soient prises pour augmenter les capacités de ceux à la recherche d?un emploi à entrer sur le marché. ?Dans le cas contraire, le taux du chômage pourrait rester élevé dans un avenir prévisible et ainsi contribuer à la croissance d?un secteur informel. Sans compter que la large inadéquation des aptitudes qui existe dans le marché de l?emploi peut ralentir le rythme de la transition économique vers des secteurs de croissance élevée et à forte valeur ajoutée?, estime Azad Jeetun.

Cours de formation

?C?est le même constat que nous avons fait ces deux ou trois dernières années. Les gens doivent parfaire leur éducation. C?est ce qu?ils manquent. Ils n?investissent pas suffisamment dans leur propre développement alors que des opportunités existent avec des cours de formation à distance ou avec des instituts et des écoles de formation que nous avons aujourd?hui.?

Azad Jeetun estime qu?il faut impérativement que les gens investissent pour améliorer leurs compétences, qu?il s?agisse des étudiants ou des chômeurs car le pays aura besoin de gens encore plus qualifiés dans les années à venir.

?Il faut le faire assez vite. L?économie ne peut pas attendre. Il faut aussi que les entreprises investissent davantage dans l?amélioration des compétences de leurs employés?, fait-il ressortir.

Quelque 1 722 vacances ont été répertoriées en février à la lumière des avis de recrutement dans la presse. Ce nombre est largement supérieur à celui enregistré à la même période en 2001 (939) et en 2003 (1160). Selon cette étude, ce taux élevé de vacances traduit en partie l?amélioration de la croissance économique.

La majorité des vacances enregistrées se situe dans le secteur privé. Environ 70 % concernent le secteur des services. De ce chiffre, 15,4 % vient du commerce au gros et au détail (Wholesale and Retail Trade), dont la grande distribution. 14,9 % viennent des hôtels et restaurants, 10,7 % des technologies de l?information et de la communication et 8 % des services financiers et de l?immobilier.

Cette tendance s?inscrit dans le droit fil de l?évolution de la structure de l?économie vers les activités de services, en expansion rapide. Au moins 25 % des vacances se situent dans les secteurs manufacturiers et la zone franche.

De plus, dans plus de 30 % de cas, l?expérience souhaitée est spécifiée. Les employeurs demandent une moyenne de trois ans d?expérience. La connaissance en informatique est spécifiée dans plus de 13 % des vacances. Notamment pour les postes de managers (11,3 %), professionnels (22,5 %), clerical workers (30,7 %) et Service and Shop Sales Workers (5,2 %). Les autres compétences demandées concernent les facilités de communication, la maîtrise des langues et les qualités de leadership.

Il y a eu au total 176 vacances pour des emplois liés à technologie informatique (IT), soit 10,2 % du nombre total des vacances pour le mois de février. Cela démontre une augmentation importante par rapport aux précédentes analyses de la MEF en février 2004 et août 2006. Ces analyses indiquaient que les vacances pour des emplois dans la technologie informatique représentaient 4,1 % et 7,6 % respectivement de toutes les vacances.

Pour les emplois dans la technologie informatique, la plus grande demande se trouve dans la catégorie des opérateurs de centres d?appels et des télé-vendeurs. Les professionnels de la technologie informatique se spécialisant dans le développement des logiciels, la programmation, les analyses des systèmes et l?administration étaient aussi en grande demande. Cette situation témoigne de la croissance des activités des entreprises engagées dans les centres d?appels et le Business process outsourcing.

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