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Entre danse orientale et mécénat numérique
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Entre danse orientale et mécénat numérique
Kabyle d?origine, ayant vécu jusqu?à l?âge de vingt-six ans à Alger, Ghania a débarqué en France pour travailler et poursuivre des études. Très vite, ses amis l?encouragent à monter une école de danse orientale. Ce sera chose faite en 1997 dans la banlieue parisienne à Chelles. Elle découvre Maurice lors de vacances. Ce premier contact la séduit. Elle y reviendra à trois reprises avec son mari, Jost Christophe, qui détient une société d?informatique depuis 1982 en Suisse.
C?est justement à travers cette société d?informatique que le destin mauricien du couple européen prendra forme. Jost vise le marché émergent de l?Afrique. Maurice se positionne comme un lieu stratégique pour ses activités. En 2004, il fonde la société Trace qui emploie aujourd?hui une dizaine de personnes.
Jost et Ghania remarquent que les artistes mauriciens n?ont pas de moyen de diffusion de leurs ?uvres. Ils leur manquent un support. Jost se propose rapidement de créer un site faisant la promotion des ?uvres des artistes ?pour qu?elles aient une vie après une exposition et leur achat?. Le numérique au secours de l?art en quelque sorte.
?La danse orientale est ma passion, c?est une partie de moi, ma culture. Je me suis même fait installer des miroirs chez moi pour danser seule et m?entraîner.?
Leur site est une galerie virtuelle dans laquelle les artistes exposent leurs ?uvres que Ghania et Jost ont pris soin de photographier en haute définition. Pour beaucoup, cette bonne intention, non intéressée, suscite la méfiance. ?Nous ne visons pas la rentabilité, c?est une aide que nous proposons?, insistent-ils. Gratuit alors ? ?Non, nous demandons en échange de notre service une ?uvre de l?artiste en question, c?est du troc.? Ainsi, un seul don, quelqu?il soit, suffit. à la charge de l?artiste ensuite de faire vivre sa galerie.
Ghania fonctionne au coup de c?ur, au hasard de ses rencontres, notamment ?grâce au réseau de l?Alliance française qui m?invite à chaque exposition?. Jost précise néanmoins ?qu?il n?y a aucune censure, je ne juge pas l??uvre, j?apporte un soutien en termes de diffusion, de promotion?. Les arts plastiques trouvent un moyen de dépasser le cadre restreint du milieu des expositions, peu courues à Maurice, il faut l?avouer. La toile est un moyen de faire connaître au monde les ?uvres d?artistes mauriciens plus ou moins connus. Le couple participe à la démocratisation de l?art, en ce sens qu?il ?le rend accessible à tous?.
Ghania et Jost sont des mécènes qui n?hésitent pas à utiliser leurs compétences pour aider les artistes mauriciens à l?instar de Kelly Wayne, Jocelyn Louise, Nadine Jeanneton, Suren Seerothum et bientôt Jean-Yves L?Onflé.
Ghania remarque ?une créativité typiquement mauricienne qui a certainement à voir avec l?insularité, la culture spécifique de l?île? dont témoigne les jeunes enfants de l?école de sculpture de Beau-Bassin dont elle parle avec verve, admiration et tendresse. Elle aussi a ?une âme d?artiste?. Elle peint. D?autant plus depuis qu?elle est à Maurice,?les paysages, les couleurs, les couchers de lune, toute cette splendeur m?inspire?.
Si Ghania prend très à c?ur son action de mécénat, il n?en demeure pas moins que c?est la danse orientale qui l?habite. Après s?être installée avec son mari à Maurice, Ghania en profite pour se produire de manière ponctuelle dans des hôtels, soirées privées ou promotionnelles. ?La danse orientale est ma passion, c?est une partie de moi, ma culture.? Elle s?exprime ainsi. C?est ce qui l?anime ? dans son sens premier, ce qui lui donne une âme. ?Je me suis même fait installer des miroirs chez moi pour danser seule et m?entraîner?, lâche-t-elle dans un rire.
L?envie de partager sa passion est forte. Ghania est sur le point de monter une troupe de danseuses avec lesquelles elle ambitionne de se produire. Sa motivation n?a d?égale que sa conviction. Perfectionniste, elle est à la recherche de danseuses professionnelles ?qui en veulent?, sur qui elle ?peut compter?. Ghania confectionne elle-même ses costumes qui évoquent sans détour l?opulence des palais d?orient.
Surtout, elle rêve d?un spectacle mêlant danse, magie, théâtre sur le thème des mille et une nuits. ?C?est un conte intemporel et fastueux.? Ce n?est donc pas un hasard si sur scène elle devient Sheerazade, non plus princesse de ces fameuses histoires mais princesse de la danse. Doit-on s?attendre à mille et une représentations ? ?Je mettrai en scène lors d?un spectacle quatre ou cinq de ces fameuses nuits ! c?est déjà beaucoup !? Un beau projet que l?on espère bientôt voir un soir, une nuit, et pourquoi pas mille autres?
Gilles RIBOUET
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