Publicité
Liverpool, la légende continue
En ce dimanche matin, les supporters des Red Devils doivent toujours se pincer pour y croire. Manchester United is out of the Champion?s League. De l?euphorie de vainqueur potentiel, porté aux nues par les médias du monde entier et favori des bookmakers, à la défaite sans appel de 3-0 en demi-finale retour à Milan, mercredi dernier, la douche a été froide.
Ceux qui avaient pronostiqué bien trop tôt une finale Manchester-Chelsea (vainqueurs de leurs demi-finales aller à domicile) doivent se mordre les doigts à l?idée de retrouver le remake Liverpool-Milan en finale le 23 mai prochain à Athènes. La finale entre Reds et Red Devils qu?espéraient la plupart des Mauriciens n?aura donc pas lieu.
Mais comment expliquer l?échec mancunien alors que Sir Alex Ferguson possède l?une des plus belles équipes d?Europe ? La plus puissante attaque tous championnats confondus cette saison. La fatigue et les blessures peuvent nous donner un élément de réponse pour expliquer la panne physique de United et son naufrage de mercredi à San Siro, certes. Mais on peut aussi s?interroger sur la déficience tactique des Mancuniens.
Alors que les Milanais avaient prévu un dispositif pour contrer le meilleur élément de Manchester, Cristiano Ronaldo, à l?aller comme au retour, avec Gattuso comme chien de garde « très méchant », Ferguson n?a pas réussi à museler le génie brésilien Kaka. On peut même se demander s?il y avait effectivement un plan anti-Kaka ? Ou bien il était si bien caché, qu?on ne s?en est jamais aperçu durant le match !
Ferguson n?est pas Benitez
Plusieurs observateurs remarquent que Ferguson est un excellent manager, qui a bâti sa réputation sur son exceptionnel palmarès en Premier League, mais qu?il est parfois limité tactiquement face aux grosses cylindrées en Coupe d?Europe. Hormis l?épisode 1999 et son incroyable dénouement face au Bayern Munich, United a toujours misé sur un football offensif qui lui a joué de vilains tours en C1, saison après saison.
Autant d?échecs répétés contrastent avec l?insolente réussite du voisin nordiste d?Anfield. Avec deux finales de C1 en trois saison, Rafael Benitez s?inscrit dans la grande tradition européenne du Liverpool Footbal Club, qui est née brusquement dans les années 70. Mieux encore, le manager espagnol perpétue le rôle de Liverpool en tant que leader du football anglais sur le Vieux Continent.
Vainqueur de 5 Ligue des champions (1977, 1978, 1981, 1984, 2005), trois Coupes de l?UEFA (1973, 1976,2001) et 2 Supercoupes d?Europe (1977, 2001), Liverpool est le troisième club le plus performant de l?histoire des Coupes d?Europe (derrière le Real Madrid et Milan, mais peut égaler les rossoneri dans dix jours en finale?)
C?est beaucoup mieux que Manchester Utd (2 C1, 1 Coupe des Coupes, 1 Supercoupe, 1 Intercontinentale), Chelsea (2 Coupes UEFA, 2 Supercoupes) et Arsenal (1 Coupe UEFA, 1 Coupe des coupes) à la fois !
Bill Shankly a eu le mérite de lancer le train rouge en remportant la première Coupe de l?UEFA (1973) et, depuis, Liverpool never walks alone?
Bob Pailsey (3 C1) et Joe Fagan (1 C1) ont ensuite nourri la légende des Reds, jusqu?à ce que Benitez ne vienne poursuivre cette oeuvre incroyable à son arrivée à Anfield, il y a trois ans.
Champion d?Europe dès sa prise de pouvoir en 2005, maître Rafa est à 90 minutes (ou un peu plus?) d?une nouvelle Coupe aux grandes oreilles pour le plus grand bonheur du peuple rouge.
Pourtant, il n?a pas de superstars venues de grands clubs comme Chelsea ou Manchester United. L?Espagnol préfère s?appuyer sur les deux héros locaux : Gerrard et Carragher, noyau dur d?une équipe qu?il a progressivement renforcée en misant sur des gagneurs plutôt que des divas ? qui coûtaient de toute façon trop cher pour son budget?
Comme en 2005, Benitez a surpris son monde en réalisant un début de saison quelconque avant de venir coiffer tout le monde sur le poteau au mois de mai ! Après avoir vu les Reds couler à pic deux fois de suite en une semaine, en Cup puis en League Cup, face à Arsenal, j?avoue que dès janvier je ne donnais pas cher de leur peau pour la fin de saison ?
Eh bien force est de constater que les Reds nous ont encore bluffés ! Barcelone, le PSV Eindhoven et Chelsea peuvent en témoigner aujourd?hui.
Liverpool est un dur à cuire, pas une machine à attaquer à outrance ou à faire du beau jeu, contrairement à Manchester. La philosophie de Benitez c?est justement de privilégier le résultat au détriment du spectacle. Et ça marche.
Pourtant, cette saison, Steven Gerrard n?est pas au top et ne joue plus aux sauveurs miracles : l?équipe s?en charge collectivement. Car Liverpool a encore gagné en maturité et en expérience.
En finale, le jeu très physique et la science tactique de Benitez promettent une bonne réplique au Milan AC de Maldini, au jeu aussi alléchant qu?imprévisible. En 2005 tout le monde craignait Shevchenko, cette fois ce sera Kaka.
Mais pour Benitez et ses Reds on peut dire que le pari est déjà gagné. Gagnant ou perdant le 23 mai, la légende de Liverpool continue et nul ne sait quand elle s?arrêtera?
Publicité
Publicité
Les plus récents