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Mais où va notre sport ?

6 mai 2007, 00:00

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Reynolds QUIRIN

Mais dans quel monde de fou vivons-nous ? Encore une perle dans le monde du sport mauricien qui témoigne, une fois de plus, et on le regrette vraiment, de son manque de lucidité. Alors que depuis le mois d?octobre 2006, l?Athletics Mauritius a donné une explication plus que limpide sur le fait que Stéphan Buckland et Eric Milazar ne pourront être présents aux Jeux des îles de l?océan Indien (JIOI) vu la proximitité trop évidente avec les Mondiaux d?Osaka, des raisons purement techniques, afin de permettre aux deux locomotives du sport mauricien d?aborder l?échéance mondiale dans les meilleures conditions possibles, cette fois, c?est la High Level Sports Unit (HLSU), à travers son président, Ram Lollchand, qui s?insurge contre l?absence de Buckland et de Milazar aux prochains JIOI.

Cette structure, qui a pour philosophie de comprendre et d?encourager le sport de haut niveau, d?où son nom d?ailleurs, n?arrive pas à comprendre la subtilité que demande une échéance de cette envergure. Mais, franchement est-ce que la HLSU réalise vraiment ce que sont les Mondiaux d?athlétisme ou si vous préférez les Championnats du monde d?athlétisme ?

Comment peut-on, ne serait-ce qu?une seconde, songer à mettre en péril les chances de deux athlètes ayant la possibilité de briller de mille feux aux Championnats du monde d?athlétisme et par la même occasion de porter haut les couleurs du quadricolore à l?échelle mondiale ?

Que c?était beau de voir Stéphan Buckland tutoyer le gratin mondial de l?athlétisme en 2001, 2003, 2004 et 2005 ! Que c?était beau de le voir faire douter ces monstres d?Américains, jusqu?ici inébranlables sur le sprint ! Là, on était tous fier d?être Mauricien, de voir l?un des nôtres être celui que toute la planète attend comme étant la seule chance de triompher des Américains aux Mondiaux. Il semblerait que les instances du sport de haut niveau à Maurice aient la mémoire courte? ou peut-être que cela ne les intéresse plus.

Quel manque d?ambition de la part de la HLSU qui trouve inadmissible que Stéphan Buckland et Eric Milazar accordent une telle importance aux Championnats du monde. Franchement, c?est à ne rien comprendre? Qu?est-ce qui serait plus prestigieux pour notre petite île : une médaille d?or aux JIOI ou une médaille aux Mondiaux d?athlétisme ?

Aujourd?hui, il ne faut pas se leurrer, les instances dirigeantes du sport mauricien souffrent amèrement d?un manque d?ambitions. Mais que sont les Jeux des îles de l?océan Indien en comparaison avec les Championnats du monde d?athlétisme ? Le sport de haut niveau se résumerait-il aux JIOI pour la HLSU ? Quelle farce !

Quelle structure s?occupant de sport de haut niveau aurait l?audace de songer que les Jeux des îles de l?océan Indien, qui s?adressent uniquement à sept îles de la région, puissent être plus importants qu?une manifestation d?envergure mondiale qui rassemble toute la planète, et, de surcroît où des Mauriciens ont le potentiel d?être les principaux acteurs ?

Faire les JIOI pour Stéphan Buckland et Eric Milazar serait tout simplement mettre sérieusement en péril leurs chances aux Mondiaux, pour ne pas dire complètement détruire leurs chances de réaliser quelque chose de grand à Osaka.

Pourquoi ? Les conditions difficiles de Madagascar et l?altitude ne permettront pas à nos deux athlètes de récupérer à temps pour Osaka, le laps de temps séparant ces deux compétitions étant trop court, les JIOI ayant lieu du 9 au 19 août, alors que le rendez-vous d?Osaka est prévu du 25 août au 2 septembre. Impossible de récupérer de l?altitude et du long voyage de Madagascar au Japon en si peu de temps. Est-ce tellement difficile à comprendre ? C?est pourtant clair, entre les JIOI et les Mondiaux, il faut choisir, et c?est tout naturellement et en toute logique que le choix s?est porté sur Osaka.

Une chose est, hélas, évidente : tant que les instances qui dirigent le sport mauricien ne verront pas plus loin que le bout de leur nez, notre sport restera dans une phase stagnante. C?est bon de rêver, de faire de grands et beaux discours, mais il faut aussi et surtout savoir se donner les moyens de concrétiser ces rêves? Et se donner les moyens ne se limite pas qu?à un aspect financier, c?est comprendre le sportif, comprendre l?importance des échéances, comprendre que des choix doivent être faits, c?est avoir un dialogue juste et constructif avec le sportif et non s?insurger à travers la presse.

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