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Misères et déprime des commerçants de Vacoas Road

6 mai 2007, 00:00

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Misères et déprime des commerçants de Vacoas Road

«In, ariv 11 h 30, pa ankor fer batem. » « Fer batem » est une expression qu?utilisent couramment commerçants, marchands, vendeurs, et autres opérateurs économiques pour indiquer que les premières ventes ont été faites.

Ainsi, parlait mercredi matin, Mahboob Maherally qui, depuis 32 ans, tient un point de vente de produits divers tels que des meubles, ustensiles, produits de décoration pour la maison à proximité de l?arrêt d?autobus de Modern, Vacoas.

Il attribue cette réduction considérable de ses activités au début des travaux pour raccorder quelque 29 000 maisons des Plaines-Wilhems au système du tout-à-l?égout. Ces travaux vont, en effet, nécessiter la pose d?un tuyau principal sur une distance de 25 km, des Plaines-Wilhems jusqu?à la station de traitement des eaux usées de Saint-Martin.

La première phase dans cette partie des Plaines-Wilhems s?effectue sur la section de la route de Vacoas située entre le pont qui traverse la rivière Saint-Martin, à l?entrée sud de la cour de l?église de la Visitation, et la mosquée sise à Modern, un peu plus loin.

<B>Des ventes qui passent de Rs 4 000 à Rs 500</B>

« Je n?avais pas prévu que les répercussions sur mes activités allaient être aussi importantes. Je ne peux pratiquement pas fonctionner. Il y a des activités telles que l?application de couches de peinture qui ne peuvent se faire ailleurs qu?ici », explique, quant à lui, Menraj Lutchmun, propriétaire de LB Trading.

Son frère, Ashok, qui a lancé BL Fashion, spécialisée dans la vente de vêtements, est désemparé. Même sentiment chez Yajnee Ramlochun, qui vient d?ouvrir un salon de beauté. « Regardez, il n?y a aucun client. C?est dramatique car la location est chère.

Et voyez, il y a de la poussière partout », affirme-t-elle. Madaven Ramsamy ne sait pas s?il va pouvoir s?en sortir : « Le nombre de travailleurs qui prennent le thé chez moi a considérablement diminué. Des 300 pains que je vends habituellement, 250 me restent sur les bras. Et sur les 50 exemplaires d?un quotidien, je n?en vends que dix. »

Sheila Vincent, qui commercialise, entre autres, des vêtements pour en-fants, a, elle, vu ses ventes quotidiennes passer de Rs 4 000 à à peine Rs 500. Saïd Mossun, qui tient un commerce de légumes sur l?avenue Adam Mossun, a dû s?avouer vaincu après une reprise de ses activités cette semaine.

« Avec la poussière envahissante, j?ai eu à fermer mon commerce de vente de produits frigorifiés », témoigne, quant à lui, Ahmed Chutkai. Deovianee Davi Muslayah, qui gère une quincaillerie, affirme qu?un distributeur de peinture viendra collecter les recettes concernant une livraison de Rs 15 000 de peinture. « Je n?ai rien vendu depuis la livraison. » Les autres opérateurs, dont Yan Uckhoy, vendeur de pièces de rechange pour moto, Steeve Motee propriétaire d?un atelier de réparation de moto, Afzal Raymond, propriétai-re d?un commerce d?ordinateurs, et Édouard Sophie, propriétaire d?un commerce de vêtements, sont inquiets.

Avant de démarrer les travaux, la WMA, qui les a commandités, a lancé une campagne de sensibilisation grâce, notamment, à des avis à la radio et à la distribution de pamphlets. Cependant, les dispositions prises pour assurer un niveau d?activités commerciales raisonnable n?ont pas fonctionné comme les commerçants l?auraient souhaité.

<B>Les conflits auraient pu être évités</B>

Au nombre des griefs, il y a, entre autres, des allégations de manque de coordination entre le policier qui règle la circulation à l?entrée de la zone où les travaux sont en cours, le non-respect des périodes d?arrosage de la chaussée, l?absence d?un service de coordination de la circulation sur la section où les travaux ont lieu, et qui pénalise aussi les résidents de la route Pavé d?Amour.

Les commerçants font aussi état de l?utilisation exclusive, par les camions de l?entrepreneur, de la section située entre les feux de signalisation en face de l?église de la Visitation et le pont de la rivière St Martin. Ils parlent également des travaux sur l?avenue Adam Mossun qui donnent l?impression qu?ils vont durer plus longtemps que prévu. De plus, les résidents qui doivent emprunter la route Pavé d?Amour pour regagner leur maison trouvent inacceptable l?absence de panneaux indicateurs lumineux, ce qui rend la circulation particulièrement périlleuse la nuit.

Les opérateurs estiment que si une plate-forme réunissant toutes les parties concernées avait été constituée avant le début des travaux, les conflits d?intérêts actuels auraient pu être évités. Au nombre de leurs suggestions, on relève, entre autres, la possibilité pour l?entrepreneur d?effectuer, le jour, les travaux dont l?exécution implique une pollution sonore intense, la pose des tuyaux le soir, et le recours à un système de travail 24 heures sur 24. Ils évoquent même la possibilité de demander à la WMA de les dédommager pour les préjudices subis

<B>Le numéro d?équilibriste de la « Wastewater Management Authority » </B>

Les inconvénients relevés, surtout par des commerçants de Vacoas Road, ne doivent pas faire perdre de vue que la Wastewater Management Authority (WMA) réalise actuellement un des plus gros projets de raccordement au réseau du tout-à-l?égout, depuis celui installé il y a près de 40 ans par l?entrepreneur Mc Alpine. Lorsque ce projet sera complété, il aura le mérite d?éliminer considérablement les risques de pollution de nappes souterraines qu?occasionnent les 29 000 foyers des Plaines-Wilhems qui ne sont toujours pas connectés. Et ce n?est pas rien. Dans le but d?atténuer l?impact des inconvénients sur les résidents de cette région, un bureau de relations publiques a été spécifiquement institué. De même, une campagne de sensibilisation et d?explication agressive a été organisée. La WMA joue sur la corde raide. Il s?agit de terminer les travaux dans les délais prescrits, réduire les possibilités de modifier le cahier des charges de l?entrepreneur, tout en atténuant l?impact sur le voisinage, et en veillant à ce que le projet ne dépasse pas le budget alloué. La WMA, par l?entremise de son Project Manager, Jacques Maurel, promet de répondre aux doléances des commerçants par l?installation, dès cette semaine, de nouveaux panneaux de signalisation.

<B>Bien s?assurer contre tous les risques</B>

Les risques qu?encourt un entrepreneur des travaux publics sont nombreux. Ils peuvent inclure les dommages causés aux équipements par des calamités naturelles, de même que des préjudices causés à des tiers, c?est-à-dire à toute personne étrangère aux termes d?un contrat qui engage la responsabilité de l?entrepreneur et de son client. D?où la pratique de souscrire à une police d?assurance tous risques, la contractors?all risk insurance.

Cette police d?assurance protège l?intérêt de l?entrepreneur en cas de pertes ou de dommages provoqués par les risques associés aux travaux.

Il assure ses propres équipements, le bâtiment en construction, le ramassage des débris, des préjudices qu?une partie autre que son client et lui-même pourraient subir. Cette police constitue également une garantie pour l?intérêt du client pour lequel les travaux sont effectués.

Si une tierce partie allègue avoir subi des préjudices tels que des fissures dans la structure de son bâtiment à cause des suites de fouilles, elle doit remettre une demande de dédommagement auprès du client au nom duquel les travaux ont été entrepris. La demande est ensuite soumise à l?entrepreneur. Si le client a eu recours au service d?un consultant, il peut inviter ce dernier à veiller à ce que ses intérêts soient protégés dans le cadre de la résolution de la demande de dédommagement. L?entrepreneur effectue alors une évaluation de la demande, avant d?en faire état à sa compagnie d?assurances. Celle-ci réévalue la demande avant de fixer le montant du dédommagement. « Le recours à une telle police n?est pas obligatoire d?un point de vue légal, explique un assureur, c?est une pratique établie auprès de gros entrepreneurs de travaux publics car ils sont convaincus de son importance. Il est temps de sensibiliser les petits et moyens entrepreneurs à ce sujet. »

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