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L?après 1er Mai

5 mai 2007, 00:00

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Par Nazim ESOOF

Le 1er Mai est passé. Beaucoup de bruit. Tant de fureur et de dévotion. Le budget pointe à l?horizon. Vive le budget 2007-2008. Beaucoup d?espoirs. Autant de déceptions et de frustrations pour après. Ensuite, ce sera à la brume de l?hiver de nous rendre un peu frileux. Moins de passions. Plus de sédentarité. Viendront enfin l?Eid, le Divali et la Noël? 2007 est derrière nous. Nouveaux espoirs. D?autres désenchantements.

Vue sous cet angle, l?actualité commande presque le désoeuvrement sinon du spleen. Pourtant il faut trouver du sens dans la déferlante d?informations. S?il y a un enseignement à retenir des rassemblements du 1er Mai, c?est le désir de renouvellement des idées. En l?absence d?un renouveau politique, les citoyens ne cessent d?exprimer le besoin d?un réalignement de gestion économique. A ce jour, c?est le Mouvement militant mauricien (MMM) qui semble tirer profit d?un certain engourdissement de la population. Il faut aussi dire que c?est le parti de l?opposition qui aura mieux su préparer sa reconstruction post-électorale. Toutefois, ce n?est pas la seule fluctuation des rapports de force qui doit nous obnubiler.

Aujourd?hui, il y a une reddition au totalitarisme de l?économie qui rend un certain nombre de citoyens complexes. Le champ d?action des politiques est-il autant réduit ? Se remémorant les promesses de Navin Ramgoolam, les électeurs sont désormais partagés entre l?espoir d?un mieux-être et la hantise d?un cycle infini de sacrifice et de perte de pouvoir d?achat.

A ce stade, les partis d?opposition ne proposent pas grand-chose de concret. On continue à jouer des symboles. Pourtant depuis 2000, nous sommes entrés dans une ère de refonte politique et économique. L?action nous est commandée d?ailleurs. Les initiatives sont, elles, le fruit de l?imagination et de la créativité. Dans un tel contexte, Rama Sithanen en est toujours à honorer seulement la première partie de son cahier des charges. Et c?est ce qui inquiète et qui fait douter autant une grosse partie de la population que des collègues de son propre camp.

Nous restons donc dans une nébuleuse de l?action et une absence de parole cohérente du côté du gouvernement. Sans doute le populisme et l?électoralisme prendront le relais d?ici l?année prochaine voire l?année d?après. Or entre-temps, l?impatience gagne. Et l?insatisfaction grandit. L?opposition MMM en profite. L?Alliance sociale, pour sa part, risque bientôt de se retrouver avec une cohésion chancelante. Surtout lorsque certains oseront affirmer que tout ne se résume pas au déterminisme économique.

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