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“Je crains que les compagnies maritimes imposent une surcharge sur le fret”

2 mai 2007, 00:00

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● <B>Dans quelle mesure avez-vous été affecté par la congestion portuaire ?</B>

La Cargo Handling Corporation (CHC) a attribué cette congestion à plusieurs facteurs, dont les conditions climatiques, l’arrivée simultanée d’un bon nombre de navires et l’augmentation des activités de transbordement. La CHC avance que le temps qui a récemment prévalu n’a pas permis aux portiques d’opérer à plein régime.

Les vents ont joué les trouble-fêtes, empêchant les portiques d’opérer pendant plusieurs heures. Cela a considérablement retardé les opérations. C’est surprenant. Il incombe aux autorités, la CHC comme la Mauritius Ports Authority, de prendre les mesures adéquates pour s’assurer qu’une telle situation ne se reproduise pas. L’arrêt des opérations n’est bon ni pour l’image du port, ni pour le pays, surtout pour les activités de transbordement et dans un contexte où le port de Port-Louis aspire à se positionner dans la région.

● <B>Comment ont réagi vos clients quand des navires n’ont pas fait escale à Port-Louis ?</B>

Évidemment ils ne sont pas contents, mais ils n’ont pas le choix. Les clients grognent. Certains comprennent la situation, d’autres non. Un navire CMA-CGM qui devait arriver avec des conteneurs d’Europe pour des clients d’Ultimate est allé les décharger à la Réunion. Nous ne savons pas quand ces conteneurs seront re-acheminés vers Port-Louis.

Nous craignons que si la situation ne s’améliore pas, non seulement d’autres bateaux ne vont plus faire escale à Port-Louis mais des compagnies maritimes risquent d’imposer une surcharge sur le fret. C’est-à-dire que pour transporter du fret à destination de Port-Louis, il faudra payer davantage.

Cela s’est produit dans le passé en situation de congestion portuaire.

● <B>Y a-t-il un risque que des compagnies maritimes perdent confiance dans Port-Louis ?</B>

Ce risque existe. Nous espérons toutefois que cela n’arrivera pas. Nous espérons également qu’il n’y aura pas de surcharge sur le fret. Nous souhaitons que Port-Louis continue toujours de jouir de la confiance des armateurs. Il y a des usines de textile, entre autres, qui n’ont pas reçu leurs matières premières à temps. Certainement il y a eu des grincements de dents du côté des clients qui attendent leurs produits à l’étranger, si les engagements n’ont pas été tenus au sujet des délais de livraison.

Et c’est les consommateurs qui paieront les pots cassés ?</B>

Évidemment. Ce qui intéresse les armateurs c’est le profit. Quelqu’un paiera quelque part, et je crains que ce ne soit les consommateurs qui risquent de subir les conséquences s’il n’y a aucune amélioration de la situation.

● <B>Que doit faire la CHC pour remédier à la situation entre-temps ?</B>

La CHC doit utiliser au maximum les anciens quais – le Multipurpose Terminal – pour débloquer la situation, surtout pour des navires qui n’ont pas de grues pour décharger leurs marchandises. Mais avec le nombre de navires qu’il y a eu ces derniers jours, les équipements ont été insuffisants.

C’est ce que la CHC essaie de faire ces jours-ci car les anciens quais opèrent 24 heures sur 24…</B>

Oui. C’est vrai que pour atténuer l’impact des retards accumulés au terminal à conteneurs, les anciens quais ont été mis à contribution. Mais il faut aussi que la CHC loue ces équipements du privé.

● <B>La CHC mise sur l’arrivée des portiques pour améliorer l’efficience et la productivité. Mais il y a même du retard dans l’arrivée des deux nouveaux portiques…</B>

Ces portiques seront acheminés à Port-Louis en octobre et seront opérationnels en novembre.

● <B>Jusqu’au mois de février, la moyenne d’attente qui était d’environ quatre heures a augmenté. Qu’en est-il des coûts ?</B>

Nous avons eu des bateaux qui ont eu à attendre trois à quatre jours et qui viennent d’Asie en particulier. Ce qui ne plaît guère aux armateurs. Cela coûte cher aux lignes maritimes si les navires attendent longtemps en tête de rade. Les coûts d’opération d’un navire sont très élevés. S’il est immobile, c’est encore pire car il y a des coûts fixes.

<I>Propos recueillis par</I> <B> A. B.</B>

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