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Une vie à toute épreuve

29 avril 2007, 20:00

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C?est un certain 23 septembre 1898 que Marie Edith André voit le jour. La maman accouche de jumelles mais l?une des s?urs ne vivra que trois mois. Marie Edith se retrouve donc seule avec sa mère, Luisie Maleko et son père, Risville Soka. Les parents d?Edith sont d?origine modeste.

Le malheur frappe la petite famille lorsque Risville Soka, le papa, décède en 1905. Celui-ci travaillait comme planton sur la propriété sucrière des Maurel. Edith est encore très jeune. Sa mère, femme de ménage, part habiter à Dayla (maintenant Plaisance) où elle continue à travailler pour la famille Maurel.

Les années passent. Marie Edith rencontrera l?amour à 18 ans en se rendant à un ?bal rann zariko?. George, son fils, raconte qu?on mettait alors dans les gâteaux d?anniversaire un haricot et celui qui tombait sur le haricot en question, devait à son tour organiser un bal à son domicile.

Une fervente chrétienne

Ce sera lors d?un bal rann zariko que Marie Edith va succomber aux charmes d?Henri André. On est alors en 1916. Âgé de 21 ans, Henri travaille comme chef maçon pour la compagnie Deux-Bras maintenant connue comme Mon-Trésor-Mon-Désert. Lorsqu?à 19 ans Edith perd sa maman, Henri lui demande de venir habiter chez lui à New-Grove où elle habite toujours. Sans hésitation et n?écoutant que son c?ur, elle accepte.

De cette union va naître huit enfants, dont trois filles et cinq fils. La centenaire a aujourd?hui auprès d?elle deux filles, trois fils, sept petits-enfants et six arrière-petits-enfants. D?ailleurs, ce sont ses enfants George, Georgette et Arlette, tous célibataires, qui s?occupent d?elle maintenant.

La vie de notre doyenne a été très mouvementée dès son jeune âge. À sept ans, elle a failli mourir noyée. C?était à Tranquebar, Port-Louis. Elle marchait le long d?un canal inondé à la suite de pluies torrentielles, quand elle tomba dans l?eau. Elle allait être emportée par le courant d?eau lorsqu?une main l?attrapa par ses longs cheveux, et la sauva de justesse.

À 60 ans, elle fait un grave accident de la route. En allant acheter du pain, elle est heurtée par une voiture et elle se retrouve avec 18 points de suture à la tête, de multiples fractures, notamment au bras et à la jambe gauches. Elle reste trois mois à l?hôpital Victoria de Candos. L?accident provoque une baisse de la vue chez Marie Edith.

Comble de malheur, Henri trouve la mort en 1971. Mais en dépit de son handicap, Marie Edith continue à se battre pour joindre les deux bouts. Elle travaille comme bonne chez les gens où elle ?lave les vêtements?, ce jusqu?à l?âge de 80 ans.

Marie Edith a inculqué à ses enfants des valeurs basées sur sa foi de chrétienne fervente, elle qui ne ratait jamais une messe dominicale. Elle leur a légué sa gentillesse, sa courtoisie, son intégrité.

Marie Edith André a souffert d?un mari souvent absent et pas très compréhensif. Mais cette bonne vivante n?a jamais baissé les bras devant les obstacles. Elle a toujours accepté les rudesses de la vie avec sourire et détermination.

Elle aime prendre ?enn ti grog?

Les passe-temps de la doyenne sont la musique, la danse surtout la valse (son fils confie que c?était l?une des meilleures danseuses de son époque), le cinéma, entre autres. Elle était toujours bien sapée et elle gardait toujours des friandises dans son sac à main. D?ailleurs jusqu?à présent, il lui faut ses bonbons et ses petits gâteaux pour grignoter pendant la journée.

Son plat préféré est le curry de poisson accompagné de ?farata?. Elle aime prendre ?enn ti grog? quand elle mange. ?Elle a toujours évité les querelles. Elle nous a toujours dits de ne pas blesser notre prochain. Même si quelqu?un nous insulte, on ne doit jamais riposter mais l?ignorer ?, déclare George.

Maintenant Marie Edith André est une femme quasiment inerte. Dure d?oreille et la vue complètement affaiblie, cette femme de 108 ans (bientôt 109) est un exemple de simplicité et d?honnêteté. En 2005, une association indienne, Anugraha Aarogya Kendras, lui a remis le trophée de la personne la plus âgée à l?île Maurice.

Sweeta KULLEAN

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