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Le blues des responsables d?entretien
« Ce n?est plus possible de vivre avec Rs 1 000 par mois. C?est une somme dérisoire, comparée au volume de travail que nous fournissons chaque jour », lance Jennifer Tailly. Cette dernière, qui s?occupe de l?entretien d?une école préprimaire, a fait le pied de grue avec ses compagnes d?infortune mercredi de-vant le bureau du ministère de l?Éducation pour protester contre leurs con-ditions de travail. Elles ont remis une lettre au ministre de l?Éducation pour exprimer leurs griefs et demander que l?on améliore leur situation.
En effet, elles doivent non seulement nettoyer les salles de classe, mais il est aussi de leur devoir de s?occuper des enfants en cas de manque de personnel, de les faire manger ou de les changer.
« Chaque responsable d?école applique sa propre loi. Certains exigent que nous ve-nions travailler pendant les congés scolaires, d?autres nous demandent de laver les carreaux, de nettoyer la cour ou encore de préparer le thé », se lamente Marie-France Lememe, une des manifestantes.
Elles s?estiment exploitées, dans la mesure où leur salaire est demeuré inchangé depuis des années. Elles ne bénéficient pas non plus de la compensation salariale annuelle. De même les congés payés, les congés de maladie, de maternité et le bonus de fin d?année sont inexistants. Et si elles s?absentent de leur travail, une somme de Rs 50 est déduite par jour de travail chômé.
La situation peu enviable des responsables d?entretien, qui sont au nombre de 114, doit être revue et améliorée, estime Jane Ragoo, négociatrice auprès de la Private Enterprises Em-ployees?Union, au nom des droits hu-mains. « En prenant tout cela en considération, nous voyons qu?il s?agit clairement d?un cas de violation des droits du travailleur », affirme-t-elle. Ces responsables d?entretien réclament donc d?obtenir le statut d?employées, une augmentation salariale et que leurs conditions de travail soient revues.
Toute discrimination est interdite par la Constitution, poursuit encore Jane Ragoo. « Maurice a ratifié la Conven-tion 100/111 du Bureau international du travail, qui interdit tout type de discrimination pour un travail de la même valeur », soutient Jane Ragoo.
Le président du conseil d?administration du Pre-school Trust Fund, Kawiraj Sahadew, affirme, quant à lui, que l?amélioration des conditions de travail et l?augmentation de salaire des cleaners est l?une de ses priorités.
Ces personnes, qui ont travaillé pendant tant d?années au service des éco-les préprimaires, méritent d?être embauchées. « Nous avons déjà soumis un dossier, approuvé par le conseil d?administration, au ministère de l?Éducation qui travaille sérieusement dessus », confie Kawiraj Sahadew. Il leur demande de faire preu-ve d?un peu de patience. « Leur salaire va augmenter et leur situation sera régularisée. »
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