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« Job Fair », et après ?
Il y a 24 000 demandeurs d?emploi.
Il y a 8 000 postes à prendre. Doit-on conclure que le taux de chômage peut être réduit de moitié en un tour de main, que tout le monde devrait y trouver son compte ? L?équation n?est pas aussi simple. Il faut encore que les compétences du travailleur conviennent au poste, que les bonnes personnes soient à la bonne place. C?est bien le problème face auquel nous a mis cette semaine le président de l?« Empowerment Programme ». Un problème qui dépasse le cadre de la mission de cet organisme.
En créant un canal de communication, le Salon réunissant cette semaine les employeurs et les demandeurs d?emploi a été l?occasion de révéler quelques-unes de ces « bonnes » personnes. Il a détruit chez certains les a priori cultivés sur les métiers. Il a réveillé des vocations. Il n?a apporté qu?une partie de la solution. Dans la foule, on n?aura malheureusement pas vu les 3 000 « machine operators » qu?attend le « seafood », l?un des secteurs les plus demandeurs. Il s?agissait, pour la plupart, de « HSC/SC school leavers », qui ne représentent que 8 % des chômeurs.
Résoudre le « mismatch », le fait qu?il y ait des jobs qui ne trouvent pas preneurs, et des gens sans les qualifications pour les jobs à prendre, c?est un défi auquel nous nous sommes mollement attaqués. On pourrait y voir un faux problème : le profil des demandeurs d?emploi ? plus de 70 % ont moins que le « School Certificate » ? convenant aux postes à pourvoir, qui requièrent un faible niveau académique. Mais l?un ne s?emboîte pas aussi facilement dans l?autre. Il n?y a qu?à entendre se plaindre les compagnies du « seafood » : avec un taux d?absentéisme de 17 %, la moitié d?entre elles n?est pas satisfaite de la productivité de leurs travailleurs manuels, et chacune de ces entreprises perd environ 150 travailleurs chaque année.
Nous n?allons pas inventer des solutions. Nous les connaissons. Il faut rapprocher l?école du monde du travail. Elle ne pourra pas produire des étudiants « prêts à l?emploi », mais elle doit poser les bases afin que l?employeur puisse offrir un « on the job training » efficace, rappelle le « Resource Development Plan ». La formation technique est beaucoup trop timide. Il faut en finir avec l?école exclusivement académique, créer des passerelles vers des collèges techniques, des écoles de métiers, élargir la capacité des IVTB. Alors que l?on déplore le manque d?effectif pour l?hôtellerie et le design, est-ce normal que l?IVTB refuse huit demandes sur neuf ? En Irlande, pour 450 écoles secondaires, on compte 250 collèges techniques.
La formation comblera certains be-soins. Pour d?autres, nous sommes condamnés à l?ouverture aux étrangers. Ainsi, 75 % des opérateurs du « sea-food », dans l?enquête menée dans le cadre « NHRD Plan », sont demandeurs de travailleurs étrangers. On a intérêt à leur donner les moyens de leur réussite : c?est le seul secteur qui croit encore en un taux de croissance national de 9 %? Les autres secteurs dits de l?avenir y sont aussi favorables.
Si nous voulons soutenir nos ambitions, il faut s?ouvrir. Sur les 170 000 jobs créés l?année dernière à Singapour, la moitié a été occupée par des étrangers. Singapour a aussi ses chômeurs, plus de 60 000, mais s?ils ne représentent que 2,7 %, c?est parce que ses industries sont dynamiques, pilotées par des travailleurs efficaces.
Une partie de la solution, enfin, peut se trouver dans une meilleure promotion des métiers. Sur la télévision française, on voit régulièrement passer un clip publicitaire invitant les jeunes à devenir gardiens de la paix. Ce métier, somme toute ingrat, est vendu sous un aspect qui peut les toucher : le sens d?utilité au pays, la part d?héroïsme. Même le diocèse s?y est mis. Pour réveiller les vocations, il part en campagne : affiches, Caravane de l?Appel et autres activités médiatiques. L?hôtellerie et le « seafood » ont des moyens de marketing autrement plus sophistiqués pour dénicher les talents, faire naître des passions, et casser l?impression encore tenace que, sans HSC, il n?y a pas de carrière possible.
Le Salon de l?Emploi a créé un pont. Il en reste bien d?autres à créer, bien d?autres programmes sans doute à mettre en place. Pour permettre la traversée.
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