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Ces jeunes qui réussissent (3/3)
Le discours a été martelé lors du premier Job Fair organisé par l?Empowerment Programme (EP) cette semaine. Les entreprises cherchent à recruter 8 840 personnes en 2007. Mais les demandeurs d?emplois ne se bousculent pas. Une situation paradoxale, quand on sait que les statistiques à fin 2006 indiquaient que le pays comptait 44 200 sans-emploi. Ce qui conduit Jean-Claude de l?Estrac, président du Steering Committee de l?EP à dire « que le véritable problème désormais n?est pas de trouver du travail pour les chômeurs, mais de trouver des chômeurs pour travailler ».
Beaucoup montrent du doigt l?attitude envers le travail à Maurice, surtout chez ces jeunes qui ne veulent pas s?engager dans des métiers trop durs et qui souhaitent débuter avec un salaire confortable. La morosité touche aussi certains licenciés, du textile qui pensent que le secteur n?a aucun avenir. Il y a encore ceux qui, croyant que leur faible niveau scolaire est un handicap, s?interdisent de prendre un emploi pouvant leur assurer une formation pour l?avenir. Pourtant, le textile, le tourisme, la construction, le Seafood et le Business Process Outsourcing cherchent à embaucher et il s?agit là de secteurs d?avenir. C?est pour montrer les perspectives qu?offrent ces industries que nous consacrons cette semaine cinq mini-portraits aux hommes et femmes qui y travaillent. En découvrant leur parcours et en lisant leurs témoignages, on comprend que l?un des facteurs de leur réussite est souvent la foi dans le métier qu?ils exercent. Et la certitude que ce travail peut leur permettre d?évoluer et d?atteindre un niveau de confort matériel réel. « Vous pouvez avoir un diplôme, mais c?est la persévérance et l?honnêteté qui vous mèneront loin. Il n?y a pas de mal à commencer au bas de l?échelle. Si vous mettez du c?ur au travail, vous irez loin. » Tel est le message d?Anil Buchoo, qui a débuté à 20 ans comme Accounts Clerk chez Sotravic, et qui occupe aujourd?hui le poste de Finance Manager.
Cet exemple ne demande qu?à être suivi.
CONSTRUCTION
Danand Sobhee, une volonté en béton
Danand Sobhee est, chaque jour, sur différents chantiers à superviser le travail d?une équipe de neuf ma-çons. Il s?occupe de tout ce qui con-cerne le béton pour le compte de la compagnie Betonix. En une journée, il peut se rendre aux quatre coins de l?île, à couler une dalle pour des particuliers comme pour des grandes compagnies.
Et dire qu?il a lui-même débuté comme simple ouvrier chez Betonix, il y a douze ans, alors qu?il venait de souffler ses 20 bougies.
« À l?époque, pour un jeune comme moi qui n?avais que sa Form III, il n?existait pas beaucoup de perspectives. » Benjamin d?une famille modeste de huit enfants, il se joint à la compagnie comme Helper pour un salaire de base de Rs 3 000.
Petit à petit, il apprend le métier de maçon auprès d?un de ses supérieurs. « Le foreman appréciait mon travail et me disait, en riant, qu?un jour sa place me reviendrait si je continuais à travailler dur. »
Le jeune homme le remplace sur les chantiers de temps en temps et finit par acquérir les techniques du métier. Et un beau jour, en 2004 il est effectivement promu au poste de foreman. « Vous savez, je n?ai jamais baissé les bras. Bien que ce nouveau poste comporte de grandes responsabilités et qu?il faut faire face à toutes sortes de difficultés, je suis heureux d?accomplir cette tâche. » Parallèlement, il poursuit des cours de perfectionnement dans le domaine du bâtiment et de leadership.
Pour lui, il faut se projeter dans le futur. « Enn travayer fodre pa li panse ki li pou ress anba. Li bizin mett an tet ki li pou monte. Avec perseverans ou arive. »
Gérer une équipe n?est pas si compliqué que cela, du moment qu?on a de l?expérience, poursuit-il. Tel est son message pour les jeunes, qui hésitent encore à se lancer dans un domaine considéré comme difficile ou peu attra-yant comme le bâtiment.
Il se prend en exemple. « Dans mon équipe, il y a des maçons qui étaient là lorsque j?ai débuté et qui le sont restés. Je pense que si vous avez l?occasion de faire un pas en avant, il ne faut surtout pas hésiter? » Ce jeune père de famille assure aujourd?hui une existence confortable aux siens.
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