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La diversification agricole satisfait la Chambre

19 avril 2007, 20:00

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En avril 1982, la Chambre d’Agriculture fait encore des conférences de presse, dont les comptes rendus remplissent les colonnes des journaux de l’époque. Il s’agit, il est vrai, de production agricole et même de diversification, des thèmes chers aux journalistes d’antan. Les porte-parole, MM. Jacques Koenig, Pierre Rouillard et Freddy Appasamy, se déclarent d’autant plus satisfaits que certaines activités affichent même des surplus, dus à des récoltes meilleures que prévues. Jacques Koenig explique qu’en agriculture, il est difficile de prévoir avec exactitude car la production dépend d’un trop grand nombre de facteurs climatiques, fastes ou défavorables. Il cite l’exemple de la pomme de terre. Un volume plus ou moins identique de semences produira, en 1980, 11 700 tonnes et, en 1981, 15 800 tonnes, laissant un excédent non prévu de 1 800 tonnes. Pierre Rouillard précise que toute surproduction joue en faveur des consommateurs et à l’encontre des planteurs. Il est de plus difficile d’éponger les excédents de produits vivriers qui sont, par nature, périssables. Voici ce bilan de l’année agricole 1981, secteur par secteur : -

Fruits et légumes : Ils occupent, en 1982, une superficie de 9 000 arpents, contre 7 900 en 1979. Entre-temps, la production, pommes de terre et oignons compris, passe de 34 000 tonnes à 40 000 tonnes. Cette croissance, constante ou presque, et l’approvisionnement régulier favorisent grandement la stabilisation des prix, toute surproduction favorisant le consommateur au détriment des planteurs.

Maïs : de 1980 à 1981, la production passe de 732 tonnes à 1 300. Britannia, Savannah et Union S.E investissent dans une station de traitement manipulant 610 tonnes en 1981, contre 463 en 1980. Les usiniers planteurs planteront, en 1982, 50 arpents de maïs en entrelignes de cannes vierges, 2 000 arpents en plein champ et 2 000 arpents en entrelignes de repousse. Ces superficies pourraient rapporter 1 400 tonnes additionnelles, portant la production totale à 1 800 tonnes ou davantage. L’objectif visé est de 3 500 tonnes de maïs en 1985. D’autres stations de traitement pourraient être créés à Médine, Belle Vue et à Mon Trésor/Mon Désert.

Oignons : Maurice consomme 4 000 tonnes par an et en produit une moyenne de 2 200. Des problèmes non résolus d’entreposage empêchent pour l’instant de produire ce que nous consommons. La solution à ce problème pourrait venir d’Afrique du Sud.

Arachides : En 1982, usiniers-planteurs et gros planteurs en produisent sur 495 arpents de plein champ et sur 1 245 arpents en entrelignes. Ils en escomptent une production de 550 tonnes soit la moitié de la production nationale, tournant autour de 1 126 tonnes.

Safran et gingembre : Un comité travaille à l’amélioration de la production de ces deux commodités. Il sollicite l’aide du Tropical Products Institute. Ce dernier a déjà délégué, à Maurice, une équipe en 1980, visite débouchant sur un accord entre les producteurs et l’établissement sucrier de Constance, propriétaire d’une station de déshydratation. En 1981, elle met à la disposition du Marketing Board quelque 30 tonnes de produits finis. On espère porter ce volume, en 1982, à 85 tonnes, grâce à la production de 550 tonnes de safran vert planté sur 85 arpents. La consommation locale est en moyenne de 200 tonnes.

Fleurs coupées et anthuriums : De 1976 à 1981, la valeur commerciale de la production passe de Rs 900 000 à Rs 4,3 millions, soit 1 200 000 tiges. L’introduction du système meristem permettra de passer de 45 000 à 125 000 fleurs par arpent. L’objectif est d’exporter 8,5 millions de tiges, valant Rs 30 m., en 1985. La production occupera alors 65 arpents sous serre.

Cerfs : A la suite d’une tournée d’informations en Australie et en Nouvelle Zélande, neuf fermes d’embouche, pouvant élever 6 000 têtes, sont en voie de création dans l’Ouest et dans le Sud. On espère qu’elles seront opérationnelles en 1985. D’autres pâturages sont clôturés dans l’espoir d’être transformés en feedlots au moment propice.

Bovins : En 1978, la Chambre d’Agriculture et une association d’éleveurs préparent un plan visant la production, à moyen terme, de 2 500 tonnes de viande par an. Elle stagne toutefois autour de 514 tonnes, en 1981. La raison en est la disparition croissante des petits éleveurs et l’absence de politique officielle de vente. Ce fléau affecte aussi grandement la production des fruits et légumes. Il y a moyen d’améliorer encore la production mais l’absence de toute volonté politique pour favoriser la vente dans les marchés populaires hypothèque cet espoir.

Poulets de table : La production est en hausse constante passant de 2 765 tonnes en 1976 à 3 714 tonnes en 1980. Les œufs suivent la même tendance.

Est-ce trop demander que de réclamer à l’intention du grand public la fourniture régulière, en 2007, d’informations aussi utiles et motivantes ?

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