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L?accord qui sauve la situation ?in extremis?
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L?accord qui sauve la situation ?in extremis?
par Jane L. O?NEILL
C?est un accord qui a fait avorter la manifestation d?hier. Vers les 11 heures, les protagonistes, qui discutent depuis une semaine, finalisent des négociations en vue de trouver un consensus autour de la controverse sur l?azaan (l?appel à la prière) de la mosquée Hiddayat-E-Islam, à Quatre-Bornes. C?est une énième tentative d?apaisement.
Celui qui avait initié une action légale, Gavin Glover, le représentant de la mosquée, Farook Bassa, et le town clerk de la municipalité de Quatre-Bornes, signent un accord vers les 15 h 30. Les interlocuteurs sont Siddhartha Hawoldar, le député travailliste, Shakeel Mohamed, et Assad Peeroo.
La première rencontre, qui vise à trouver une solution, démarre mardi. Elle est suivie de plusieurs réunions avant l?aboutissement d?hier. «Cette idée d?accord, explique Assad Peeroo, a germé après que Shakeel, à l?étranger, Siddhartha et moi-même avons longuement discuté. Nous étions convaincus qu?on pouvait arriver à un terrain d?entente.»
Siddhartha Hawoldar joue le rôle de médiateur entre Gavin Glover et Shakeel Mohamed qui avaient coupé les ponts à un certain moment. Les trois parviennent à un accord qui devait, dans un premier temps, être signé à Port-Louis. Ils se ravisent pour des raisons de sécurité et, particulièrement, celle de Gavin Glover. L?accord est finalement signé à la résidence de Siddhartha Hawoldar, à Beau-Bois. Mais il n?est pas rendu public comme il avait été prévu à un moment donné.
Cet accord arrive après des négociations ardues. «C?est simple sur le principe, explique Gavin Glover, mais il y avait tellement de paramètres à considérer pour sa mise en pratique que cela a pris du temps.» L?accord porte sur le fait que ce dernier n?insistera plus pour que le jugement de Paul Lam Shang Leen soit exécuté, c?est-à-dire pour que les haut-parleurs soient enlevés, comme l?exige l?injonction.
Annulation des appels
En contrepartie, les haut-parleurs de la mosquée Hiddayat-E-Islam ne dépasseront pas les 65 décibels, pour l?azaan. Jeudi déjà, la mosquée avait fait un premier pas en baissant de moitié le volume de l?appel à la prière, selon Gavin Glover.
Une autre conséquence de cet accord, c?est que les appels contestant le jugement, tant de la municipalité de Quatre-Bornes que de la mosquée de Quatre-Bornes, seront retirés.
Ce dénouement n?a pas manqué de «soulager dans un premier temps» Gavin Glover. «Je suis plus tranquille maintenant que la vie va et que les tensions sont derrière nous. Je suis surtout fier d?avoir pu aboutir à un compromis avec toutes les parties grâce à la bonne volonté de plusieurs personnes.»
Gavin Glover regrette cependant que ces négociations n?aient pas eu lieu en 2005 avant qu?il ne porte l?affaire en cour. «À l?époque, on ne voulait pas m?écouter mais on exigeait que j?écoute. Si seulement on avait pu discuter plus tôt, on aurait pu avoir évité cette situation difficile pour le pays.»
Gavin Glover égratigne, en passant, la municipalité de Quatre-Bornes «qui a eu, en 2003, un mauvais rôle dans cette affaire car elle n?a pas tenu les objections des citadins en ligne de compte et elle n?a pas pris la question sur le fond». Pour sa part, Assad Peeroo estime : «Cet accord a uni le pays et nous en sommes plus que satisfaits.»
Toute la journée d?hier, le maulana Chooramun, un des meneurs de la manifestation avortée, est resté en contact avec Shakeel Mohamed avant de recevoir une copie de l?accord.
Le calme est revenu après trois semaines de tension suivant le jugement de Paul Lam Shang Leen, sur l?interdiction des haut-parleurs à la mosquée de Quatre-Bornes. Souhaitons que le pays ne connaisse jamais encore pareille controverse.
La police sur la brèche
De 14 à 17 heures hier, la tension est palpable dans la capitale. Les policiers sont sur le pied d?alerte devant le bureau du Premier ministre et à l?Hôtel du gouvernement. Outre les barrages à bonne distance, contrairement à mardi dernier, qui quadrillent rigoureusement l?Hôtel du gouvernement, et les chiens policiers, la Special Mobile Force, venue en renfort et boucliers à la main, font des exercices de simulation?.
Il y a une première alerte lorsqu?un groupe de personnes, brandissant des drapeaux, se dirige bruyamment à bord de plusieurs voitures vers Plaine-Verte. Cela provoque des agitations à la rue Desforges. On entend quelqu?un crier «Line up» avant que plusieurs jeeps de la police ne quittent l?enceinte de l?Hôtel du gouvernement pour se diriger dans la même direction.
Avec fermeté, les policiers conseillent à des groupes, rassemblés pour «fêter la victoire» de se disperser. Entre-temps, c?est un peu la panique dans les bureaux de la capitale. Bon nombre ont fait partir leurs employés à 15 heures. Les magasins en font de même. Toujours est-il qu?avec une manifestation qui n?a pas eu lieu, Port-Louis est restée paralysée pendant plusieurs heures.
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