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« On devrait tirer des leçons du système seychellois »

7 avril 2007, 20:00

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La fonction publique est souvent critiquée pour sa lenteur administrative voire pour la lenteur d?exécution des dossiers par ses officiers. Mais il serait injuste de mettre tous les oeufs dans le même panier, car il y a aussi des officiers qui font exception à la règle. Ram Lollchand en est un.

Ce fonctionnaire de 50 ans qui est très apprécié pour son sérieux et sa maîtrise des dossiers cumule plusieurs fonctions à la fois. Il est directeur de l?unité responsable de la formation des entraîneurs, le BECS (Brevet d?État de Cadre Sportif), secrétaire général de la CJSOI (Commission Jeunesse et Sports de l?océan Indien), président du board de la High Level Sports Unit et membre du Board of Directors de World Leisure. Autant de responsabilités pour un seul homme !

Et pourtant, ce senior sports officer du ministère de la Jeunesse et des Sports (MJS) ne se lasse jamais. Il gère chacun de ces dossiers avec la même rigueur et le même sérieux.« J?aime ce que je fais. Il suffit d?un bon planning. C?est vrai que des fois, il m?arrive souvent de rester après les heures de bureau ou encore de travailler les samedis. Mais cela ne me dérange pas », confie-t-il en toute modestie.

Détenteur d?un diplôme en Éducation physique et d?un Advance Certificate Course de l?Université de Texas, Ram Lollchand avait fait ses débuts au MJS en 1979. « J?étais affecté à l?école nationale des Sports qui avait pour vocation de former les entraîneurs », explique-t-il.

Il est ensuite sollicité en 1983 pour la préparation des deuxièmes Jeux des îles de 1985. Il était co-responsable de l?aménagement du village des Jeux.

« Les JIOI de 1985 m?avaient beaucoup marqué. À cette époque, nous n?avions pas les mêmes facilités qu?en 2003. Nous avions converti les écoles en village de Jeux. Les travaux de rénovation ou encore d?aménagement se faisaient de manière artisanale. Nous avions construit, à titre d?exemple, des gradins temporaires au Dodo Club et au stade de Réduit. Mais notre satisfaction était grande à la fin de la journée car malgré les petits moyens, l?organisation était une réussite et les résultats très bien dans l?ensemble », raconte-t-il fièrement.

<B>Le BECS une ouverture vers d?autres horizons</B>

Après les JIOI de 1985, il est nommé responsable de la piscine de Beau-Bassin. Responsabilité qu?il assumera jusqu?en 1990. En parallèle, il est transféré au Mauritius Sports Council en 1987. Il y restera jusqu?en 1995. Considéré comme un homme proche de l?ancien ministre de la Jeunesse et des Sports, Michael Glover, il est muté au stade Anjalay à Belle-Vue après l?arrivée au pouvoir du gouvernement PTR/MMM en 1995.

Mais il ne fera pas long feu puisqu?il est rappelé au siège du MJS à Port-Louis par le ministre des Sports d?alors, feu Navin Soonarane. En 2001, il est transféré à nouveau au MSC où il se verra confier les fonctions du Managing secretary.

Toutefois, après le départ du coopérant français, Christian Marty, à la tête de l?unité responsable de la formation des entraîneurs à travers le Brevet d?État de Cadre Sportif (BECS), il est appelé à prendre les commandes.

« La formation pour le BECS est scindée en deux volets, soit la partie générale et spécifique. Les cours pour la partie générale qui comprenne, entre autres, l?anatomie, la physiologie et les organismes internationaux sont dispensés par des lecturers reconnus par l?unité tandis que la partie spécificique est confiée aux fédérations respectives. Mais le programme de formation est établie en collaboration avec notre unité », explique-t-il.

Une trentaine d?entraîneurs sont formés tous les ans. Toutefois, ils ne sont qu?une vingtaine à franchir la barre. Les examens, pour rappel, sont dirigés par le Mauritius Examinations Syndicate.

Mais où vont ces entraîneurs après leur formation ? « À notre niveau, nous exigeons que les participants soient engagés dans les activités d?une fédération et qui aspirent à une carrière d?entraîneur. Toutefois, ce ne sont pas toutes les fédérations, à l?exception de l?athlétisme et du football, qui dispensent des cours spécifiques pour leurs entraîneurs. Et puis, pour bon nombre de participants, cette formation, qui est reconnue par l?État, est une ouverture vers une carrière dans l?hôtellerie ou encore dans la force policière », poursuit-il.

Travaillant dans l?ombre jusqu?ici, Ram Lollchand ne pourra plus esquiver les feux des projecteurs. Il s?est vu confier, il y a un peu plus d?un mois, un dossier brûlant, à savoir celui des bourses de haut niveau. La High Level Sports Unit (HLSU) est, pour rappel, appelée à contrôler les allocations attribuées aux athlètes de haut niveau par l?État.

« J?ai rencontré mes homologues seychellois lors d?une récente visite dans l?archipel. J?ai été surpris d?apprendre que le nombre de bénéficiaires est beaucoup plus restreint. Cette aide de l?État touche, uniquement, les médaillés d?or potentiels aux JIOI. Sauf preuve du contraire, ce n?est pas le cas chez nous. Je pense que l?on devrait tirer des leçons du système seychellois. »

<B>Figure connue sur le plan international</B>

À Maurice, ils sont plus d?une centaine d?athlètes à bénéficier d?une allocation du gouvernement. Des problèmes qui ont surgi au cours de ces derniers mois ? allocations réduites sans le consentement des fédérations ou encore la politique de deux poids deux mesures pratiquée par le MJS ?, avaient porté un sale coup à cette unité.

La nomination de Ram Lollchand à la tête de la HLSU a été accueillie, il faut le dire, comme une bouffée d?air frais. Arrivera-t-il à mettre de l?ordre dans la maison ?

« Nous venons tout juste de démarrer. Nous avons établi un calendrier de travail. Nous allons entamer des consultations avec les fédérations et nous espérons boucler notre rapport, d?ici deux mois », lance-t-il sans vouloir, toutefois, faire de commentaires sur le passé.

Ram Lollchand est aussi une figure très connue sur le plan international. Il assume, depuis 1993, le rôle de secrétaire général de la CJSOI (Commission Jeunesse et Sports de l?océan Indien). « Au départ, la commission, qui fut créée en 1987 sous la présidence de l?ancien ministre des Sports, Michael Glover, était connue comme la Commission des Sports de l?océan Indien. Elle n?organisait à l?époque que deux ou trois actions sur l?année. Or, en 2006, en sus des Jeux de la CJSOI qui s?étaient tenus à Maurice, la commission avait 12 actions régionales à son actif. Ceci pour vous dire comment cette institution a évolué au fil des années. Il serait peut-être bon de faire ressortir que les 1er Jeux de la CJOSI en 1995 avaient réuni 500 athlètes. Ce nombre avait doublé en 2006 », précise-t-il.

Il fut aussi nommé correspondant national de Maurice auprès de la CONFEJESS en 1993. Il est, également, membre du Board of Directors du World Leisure depuis 2006 (voir hors-texte).

Ram Lollchand a également dirigé plusieurs missions à l?étranger. Il était chef de la délégation de Maurice pour les JIOI 1998 à la Réunion et les Jeux du Commonwealth durant la même année à Kuala Lumpur. Il a aussi contribué à l?organisation des grands événements tels que les Championnats d?Afrique des nations de volley-ball en 1989, les Championnats d?Afrique d?athlétisme en 1992, les Jeux de la CJSOI en 1995 et 2006 ainsi que les JIOI de 2003.

Un palmarès éloquent pour ce fonctionnaire de 50 ans. Où s?arrêtera Ram Lollchand ? C?est sans nul doute le temps qui nous le dira. Mais, en attendant, comment voit-il l?évolution du sport à Maurice ?

« Contrairement à l?époque, Maurice est dotée aujourd?hui d?un très grand nombre d?infrastructure sportives. Malheureusement, elles sont sous-utilisés », conclut-il.

<B>World Leisure : quelles sont ses responsabilités ? </B>

World Leisure est une agence officielle de l?UNESCO qui regroupe 38 pays. Le siège se trouve aux États-Unis. « Son rôle est d?organiser des activités régionales pour meubler le temps libre d?une façon active qui aura des retombées positives sur la santé », explique Ram Lollchand, membre du comité directeur. Le Mauricien est responsable du Continent noir.

Toutefois, dit-il : « Le loisir n?a pas la même définition dans les pays développés et ceux en développement voire sous-développés. À Maurice on ne peut pas dire que nous avons une culture de loisir qui permette de remplir le temps libre à travers une activité sportive. C?est le cas pour la plupart des pays africains. Néanmoins, elle existe en Afrique du Sud, en Namibie ou encore dans certains pays du Maghreb. »

Ram Lollchand rappelle qu?il ne faut pas nécessairement avoir des infrastructures pour pratiquer une activité sportive. « Il y a tant d?activités qui peuvent se faire en plein air », précise-t-il.

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